‹ Description de Paris et de ses édifices, Volume 1Chapitre 23 sur 72 · ÉCOLE MILITAIRE · texte numérisé non relu

ÉCOLE MILITAIRE

Par un édit da mois de jfK^vier i^Si, Louis XV déclara que , voulant donner à la noblesse de nou-* yelles preuves de son afFeoÛ0li^ il fi>i|4âi^ «ne école pour réducaûoo de cinq cent» jjeimes ge^^ildatomiaet dont les pères , après avoir sacriB^ leMr fortune pour la 'défense de la patrie^ nB, ppuyRÎeqt ^yer leurs enfants de manière à le^ f^dre Otites à leur, pays et à leur famille. Le même édit pointait ^ue^ Yoïk cfaoisirAÎl de préférence c^ut qui y eppt pfrdu l^m père à larmée , étaient cenaé^ deveoûr les enfants de Tétat. Bientôt on vit Vélever , ^sg^u^- le ^tre (VJ^cole royale militaire , un hâtel asses^ apaeieii): pour recevoir , non-^ seulement les cinq ceuns .élèves p mais :encore un grand nombres d'officiers et . de fnattres en tous genres. On avait déùgniâ pour cet édifice un vaste terrain dans la plaine de Grenelle, à proximité de rhôtel des Invalides: 6alHiel> preniier arqlMtecte du roi, fut chargé d'en faire les'4^s«iii^^ et d'em diriger l'exécution.

On reconaait à rin^iectiQo du plan (pi. XXII) que toute Tétendqe des bâtiij^etits ^ cour4 et jardins, est comprise dans un par^llékiigr^mnie 4® 3!U> toises de largeur sur i3o de profondeur^ entouré de grandes

92 DElSCRIfTIÔN

plantations d'arbres en forme d'avenues : Fentrce principale de la maison est dû côté de la ville, rentrée opposée est par le Gbamp-de-Mars.

Deux cours, dont la première a 70 toises en carré, et la seconde environ 45, précèdent le principal corps de bâtiment : le reste consiste en cours adja* centes, jardins, et constructions d'un goût plus simple, pour tous les besoins dé ce vaste établi^sfr^. ment.

Une macbine bydraulique , poisée sur quatre puits, fait mouvoir quatre pompes, et fournit à la maisorè 44 n>ûids d'eau par heure.

On remarque sur les deux ÏFacés des bâtiments en àile qui s'avancent jusqu'à la première grille, deux frontons ornés de peintures en grisaille à fresque , par M. Gibelin j l'effet du bas-relief y est bien imité. Gés peintures , exposées à l'air, n'ont souffert aucune altération. La première, à droite, représenté deux athlètes, dont l'un arrête un cheval fougueux; la seconde, à gauche, est une allégorie de l'étude, accompagnée des attributs des sciences et des arts. Au mi- Heu de la cour d'honneur on voyait autrefois la statué pédestre de Louis XV, par Lemoiïie; elle est conservée au dépôt des Petits- Augustins.

Le principal corps de bâtiment du côté de la cour est décoré d'un ordre de colonnes doriques, surmonté d'un. ordre ionique; au milieu s'élève un avant-corps d'ordre corinthien , dont les colonnes embrassent leâ deux étages: il est couronné d'un fronton et d'un attique.

La feçade du côté du Champ-de-Mafô (pL XXIII) est décorée d'un seul avant^corps de colonnes corin-* thienhes semblable au précédent. Au centre est un vestibule à quatre rangs de colonnes d'ordre toscan ^ ouvert de trois portes sur les deux faces : on y voyait les statues du maréchal de Luxembourg, par Mou-* chy ; dé Turenne , par Pajou; du Grand Gondé, pai? BoUand ; et du maréchal de Saxe , par d'Huez. Ges quatre figures n^ont point été détruites; transportées d'abord au Louvre, dans la salle des Garyatides, elleâ Tiennent d'être placées définitivement dans une autre salle du même palais.

Au premier étage , la salle du conseil et quelque^ autres salles ont été ornées de tableaux représentant les batailles de Fontenoy et de Lawfeit , les sièges de Tournay , de Fribourg , de Menin , d'Ypres et de Furnes , peints par Lagrenée l'aîné , Beaafort et Doyen. Toute cette décoration intérieure a subi des chan^» gements considérables, commandés par la nouvelle destination de l'édifice, qui forme maintenant une caserne de cavalerie pour la Garde Royale. Mais son extérieur, son beau plan, ses alentours, ses nombreuses issues, font le plus grand honneur à l'architecte, et ne permettent guère de critiquer autre chose que quelques défauts qui tiennent au goût du temps.

En 1 768 , le duc de Choiseul , ministre de la guerre , ayant ordonné la construction d'un observatoire dans cet hôtel, Jérôme de Lalande, qui en fut chargé, proposa d'y établir un grand quart de cercle mural ^

instrument qui manquait encore à Tobseiratoire du faubourg Saint-Jacques* Après de nombreuses oppositions de la part des ministres qui se succédèrent» ce célèbre astronome obtint, en 177 4 y l'objet de sa demande ; mais il éprouva encore de nouvelles con« trariétés; l'observatoire qu'il venait de faire élever fut démoli, et ce ne fut qu^en 1788 qu'il lui fut per* mis de le faire reconstruire. Le maréchal de Ségur, alors ministre de la guerre, Tautorisa de plus à faire toute la dépense nécessaire pour porter l'instrument à sa perfection. Lalande a fait exbausser de deux petits étages une partie du bâtiment en aile, à gaucbe de la première cour ; il a fait construire un massif pour porter une lunette, et dans la direction du méndien un mur pour recevoir le quart de cercle mural. Ces deux beaux instruments , et quelques autres servant aux observations des savants, y sont placés sous la sur" veillance particulière d*un astronome.

Tontll. FLxi.

XIK PAAIS. ®5

Page 1