ECOLE DE CHIRURGIE
Xj a médecine, la chirurgie et la phttnnacie ne furent dans ie principe que les parties d'une anénie science^ professées par les mêmes hotpnies; mais i'étode en ayant considérablement 4tendti les limites: respec*tives, chacune de ces partifSÉ devint une branche particulière de Tart de guérir, et forma une profession séparée. Cette division était simple; elle aurait pu contribuer à Tavancemeùt de la science , si des pré*jugés scholastiques ne s'y fudseût opposés. Pendant plusieurs siècles , la chirurgie et la pharmacie furent considérées comme des professions mécaniques ; et pour ne parler ici que de la chii^urgiei^, il n'ést-pas étonnant qu'une telle manière dovdiren ait retardé les progrès. Mais une raison plùSlSdeiiréè fàisant^uccéder à cette espèce de mépris Testimeïa mieux fôbdée, on comprit enfin qu'un art aussi utile devait être puis*samment encouragé, et qu'il lai fallait, pour en étendre la connaissance et la pratique/ un établis^ sèment digne en tout point de soli'Objet* -
L*amphithéàtre où se tenaient lès Cours de chirur*gîe, rue des Cordeliers, et éù^ depuis ^çn a formé l'école gratuite de dessin, était <béau6otip trop res* serré. Lamartinièrç, premier chirurgien de Louis XV,
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obtint remplacement du collège de Bourgogne, situ^ dans la même rue; il fut démoli, et Ton construisit sur le même terrain TÉcole actuelle de chirurgie. Ce monument fut commencé en ,1769; il fit une grande réputation a M. Gondouin , qui ne s'était encore fait connaître par Fexécution d'aucun édifice important.
Un style pur, simple, soigné, et bien différent de celui qui était alors usité , fixa tous les regards, jréunit tous les suffrages. On y reconnut la majesté de Farcbitecture romaine, dépouillée de ses riches superfluités, et rapprochée de la simplicité grjecque.
Cet édifice se compose de quatre /corps de bâtiment , formant une cour deii toises.de profondeur,. sur 16 de largeur: la façade sur la rue en a^33. Un péristyle de quatre rangs de colonnes réunit les deux ailes. Le .bâtiment du fond est un amphithéâtre; il est éclairé du haut, et peut contenir douze cents personnes.
Dans les deux ailes sont placées les diverses salles 4^ démonstration et d'administration. Au premier étage sur la rue est un grand cabinet d'anatomie humaine, à la suite duquel se trouvent une pièce où Ton a formé une collection de tous les instruments de chirurgie , un cabinet de pièces anatomiques, modelées en cire, et une bibliothèque publique. .
La décoration extérieure consiste, dans toute l'étendue de la façade et au pourtour de la cour, en un ordre ionique qui n'excède pas la hauteur du,x*ez-dechaussée. Au fond de la cour est. un péristyle de six coloimes corinthiennes d'un plus grand modèle, cou-
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ronnë d*un fronton. Le bas-relief du tympan ^ par M^ Berruer, repré^nte; la Théorie et la Pratique qui se donnent la main sur un autel. Il rappelle le goût de Tantique dans sa composition^ mais lé faire n*en est pas très correct; ?
Sur le mur dû fond de ce péristyle , dans la partie la plus élevée y se voient, en cinq médaillons /les^portraits de J. Pi tard, A. Paré, G. Maréchal, F. de La Peyronnie et J.-L. Petit, chirurgiens célèbres k ces médaillons sont entourés de guirlandes de ohéne.
Le mérite de ce péristyle, bien supérieur à 'totis ceux de la capitale, consiste principalement dans le juste rapport des parties avec Tensemble. Les coldnlnés posent sur quelques marchés élevées au-dessus du sol de la cour, et ne sont point anéanties , comme on peut le remarquer dans le célèbre' péristyle du Louvre, par un soubassementd'une hauteur excessive. La masse de Tentablement et du fronton qui le coit^ ronne ne présente pas^ comme au péristyle de Sainte- Geneviève, dont les colonnes sont trop espacées, un poids énorme qui fatigue Tœil ; ici , les colonnes étant serrées, on voit qu'elles supportent sans peine le couronnement de cet élégant édifice. - ' .
Le grand bas-relief au-dessus de la porte d'entrée sur la rue, de lai même main que le précédent, représente, en style allégorique, le Gouvernement accordant des grâces et des privilèges à la Chirurgie V il est accompagné dé la Sagesse et de la Bienfaisance : le Génie des arts lui présente le plan de rÉcole.
L'architecte a employé dans l'intérieur du monua. i3
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ment un genre de décoration qui remplace avantageusement la sculpture, la peinture à fresque. On ▼oit au fond de l'escalier la figure d*Hygie y déesse de la santé y peinte par M. Gibelin ; dans une grande salle du rez-de-chaussée , le même artiste avait représenté la Pharmacie, FOstéologie, la Botanique, la Myologie, la Pathologie, T Angéiologie : ces peintures ainsi qu'une statue de Louis XV, parTassaert, ont disparu.
Un grand morceau du même peintre orne l'amphithéâtre: c'est un sujet allégorique, exécuté en clairobscur, ou grisaille, qui retrace Torigine et les bienfaits de l'art de guérir, ainsi que les nobles encouragements qui lui sont offerts par le souverain. Au-dessous de ce tableau sont les bustes des deux fondateurs de l'académie de Chirurgie, La Peyronnie et Lamartinière ; ils sont de la main de Lemoine.
Il y a peu d'édifices aussi heureusement pensés que celui-ci \ et si toutefois on trouve quelque chose à désirer dans certains détails de la décoration extérieure, la critique se tait devant la beauté de l'ensemble. Ce bâtiment, autrefois placé dans une rue étroite, est aujourd'hui sur une place assez grande pour lui donner tout son ^fet. M. Gondouin, qui ^érigea, vient d^en orner les^ibords par une fontaine 4ont nous avons précédemment donné la description. Errons que cet artiste, par l'achèvement de cette place, pourra jouir lui-même de sa renommée tout entière.
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Plan feneral et âérshon àxx Lvcée Boarbon.