‹ Description de Paris et de ses édifices, Volume 1Chapitre 26 sur 72 · OBSERVATOIRE · texte numérisé non relu

OBSERVATOIRE

JL'oBSERVATOiRE de Paris ^.moDum^nt qoi atteste la grandeur de Louis XIV, et son amour pour les sciences, a été érigé^ à ce que l'on croit, sur les dessins de G. Perrault. Les fondations furent coinmencées en 1667, et l'édifice fut terminé en moins de trois années. Sa construction est faite avec soin et avec ce luxe d appareil qui se remarque également au péristyle du Louvre, attribué au même architecte.

L'écheHe de ce bâtiment est. grande^ et son 'as-pect imposant; la simplicité de. son ordonnance et des membres ' d'architecture qui en forment les détails, les dimensions élevées de ses murs et de ses ouvertures, tout annonce un édifice public dii pre-» mier ordre , sur utie superficie de terrain néanmoins assez resserrée.

La masse principale du plan est un carré auquel on a ajouté des tours octogones sur deux. angles du côté du sud , et un avant-cprps sur la face septentrionale. Ce carré est disposé de manière que les deux faces latérales sont parall^s.et les deux autres perpendiculaires au méridien qui en fait Taxe, et qui est tracé sur le pavé d'une grande salle au centré du bâtiment. Cette disposition parut heureuse pour un

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monument destiné à Tëtude de Tastronomie ; mais la suite ne confirma pas cette opinion. En voyant élever le bâtiment les astronomes s^aperçurent que les dispositions en étaient peu convenables; ils en firent l'observation à Cblbert, qui s'y transporta : sur le rapport du ministre , le Roi fit venir de Bologne Dominique Cassini , et le chargea de diriger Texécu* tion de ce monument , de la manière la plus favorable, aux travaux astronomiques; mais, soit que Gassini fût arrivé trop tard, soit que Perrault n'ait rien voulu changer à son projet, TObservatoire fut achevé sur les mèmea dessins.

Les fondations furent difficiles à établir à cause de la profondeur des carrières qui se trouvèrent au-^ dessous, et qu'il fallut combler de massifs considérables, pour donner à ce monument toute la solidité qu'on a mise en effet à sa construction : elle est toute en pierres posées par assises réglées qui rè-^ gnent au pourtour de L'édifice : on n'y a employé ni fer , ni bois ; toutes les salles , tous les escaliers en sont voûtés en pierre, avec un soin extrême. Une plate* forme couvrait originairement cet édifice , et permet* tait d'y circuler; mais les eaux apnt pénétré la terrasse et endommagé les voûtes, la couverture fut entièrement refaite en 1 787 ; elle est maintenant divi* sée en plusieurs parties de comble et entourée jd'un mur d'appui : de là on peut contempler à découvert la voûte immense du del, dans toute retendue de l'horizon.

Six pièces, de formes différentes, composent la dis*

cribution intérieufe et ont leurs ouvertures exposées aux différents points du ciel. Cependant, il faut le dire, aucun édifice n'était moins propre à sa destina* don : il a fallu construire en dehors et attenant à ce Mtiment colossal, ainsi que sur la platé-forme, de petits cabinets pour y placer les instruments destinés aux travaux habituels des physiciens et des astronomes. Tout ce faste extérieur de bâtiment ne pro* curait pas un seul local commode où Ton pût faire tranquillement et sûrement une série d'observations; ce n'est que depuis quelques années qu'on a rendu cet intérieur habitable , et que les étrangers cessent démontrer leur étonnement en visitant le plus grand Observatoire de TEurope, où naguère ils ne trou^ vaient ni cabinet d'observation ni même un seul instrument en état. Il est vrai qu'alors les astronomes trouvaient plus commodes des observatoires pardculiers. Nous avons parlé de celui de TÉcole militaire : il y en avait encore d'autres au Collège de France, à Sainte-Geneviève, et ailleurs. Mais aujourd'hui l'Observatoire royal n'offre plus cet état de dénuement; plusieurs salles ont été terminées, et pourvues des instruments nécessaires. On y remarque un grand télescope dont le pied mobile facilite toutes les directions : cet instrument peut se transporter au-dehors : une plate-forme établie au devant du bâtiment du câtté du midi permet de l'y faire mouvoir à volonté , et l'utile se trouve enfin réuni à la majesté des formes dans ce grand établissement.

Gassini avait fait tracer sur le plancher de l'une

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des tours un planisphère terrestre de 27 pieds, dé diamètre; depuis long-temps on ne l'y voit plus. On a pratiqué dans toutes les voûtes, au centre du bâtiment , des ouvertures de 3 pieds de diamètre^ qui se correspondent depuis la couverture jusqu'au bas des souterrains ; on s'en est peu servi pour les observations astronomiques , mais cette espèce de tube a été utile pour mesurer les degrés d'accélération de la chute des corps et pour la vérification des grands baromètres.

Les caves basses servent à des expériences sur la congélation et là réfrigération des corps, et à diverses remarques sur la température de l'atmosphère. Un anémoniètre indique la direction des vents sur un cadran placé sous la voûte de Is^ salle du nord ; cette salle est ornée de peintures représentant les saisons et les signes du zodiaque, et des portraits des plus célèbres astronomes.

.On voit à l'Observatoire une machine appelée cur yette de jauge; elle sert à mesurer la quantité d'eau pluviale qui tombe chaque année.

Par un hasard bien singulier, l'Observatoire et le palais du Luxembourg ont sensiblement un même axe. Cette disposition a donné dernièrement l'idée d'ouvrir, sur le terrain des Chartreux , une large avenue qui aboutit aux deux monuments qui les fait valoir l'un par l'autre de la manière la plus heureuse.

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