THEATRE FRANÇAIS
UIes comédiens s'établirent ^ en i548^ à Fhôtel de Bourgogne, rue Mauconseil ; ^ils y jouèrent, à quelques interruptions près, jusqu'en 1669, qu'ils transportèrent leur théâtre dans un jeu de paume de la rue Mazarine. Vingt ans après , le spectacle fut transféré dans la rue'des.Fossés-Saint-Germain-des-Prés, où il resta jusqu'en. 1770. Il passa pour loi:s aux Tuileries en attendant qu'on eut; bâti là nouvelle salle dite aujourd'hui de YOdéoh. Gelle-ci fut ouverte en 1 782 j mais ayant été incendiée en 1 799, les comédiens français après avoir joué isolément sur plusieurs théâtres, se réunirent enfin dans le local qu'ils occupent à présent. .
Cette dernière salle bâtie sur les dessins de Louis, est une dépendance du Palais-^Royal : commencée en 1787, elle fut ouverte au, public le i5 mai 1790. On y avait établi sous le nom de Variétés un spectacle qui s'y est maintenu jusqu'à l'époque où les comé.diens français en ont pris possession.
Quant à sa . décoration extérieure, ce théâtre ne diffère pas beaucoup des autres bâtiments neufs du Palais-Royal , avec lesquels il est engagé par deux côtés. La façade principale sur la rue de Richelieu
présente un péristyle d'ordre dorique à onze entrecolonnements : la façade en retour offre une galerie de dix arcades qui portent sur des piliers carrés. Au premier Àage est une ordonnance de pilastres corinthiens dont l'entablement est coupé d'un rang de petites croisées; cette masse élevée sur de très faibles supports est encore surchargée d'un attique, d'une mansarde, d'un autre attique et de combles immenses.
Au rez-de-chaussée , tout l'espace est entouré d'une galerie couverte, par laquelle on entre de trois côtés dans un vestibule intérieur de forme elliptique, occupant le dessous de la salle. Le plafond de ce vestibule est orné de sculptures et d'arabesques; il porte sur trois rangs de colonnes doriques disposés concentriquement. Quatre escaliers placés dans les parties angulaires communiquent au vestibule et à la galerie extérieure. Au premier étage, le foyer n'a de remarquable que les bustes des grands auteurs dramatiques.
L'ancienne décoration de la salle était d'assez mauvais goât; mais celle que M. Moreau lui a sul)stituée , il y a quelques années , offre aussi plus d'un sujet de critique. Des stylobates criblés d'ouvertures , deux rangs de colonnes en porte-à-faux s'accordent mal avec l'idée d'une composition grave, et dea couleurs dures, des teintes crues et luisantes achèvent de, détruire tout l'effet que l'architecte a cherché dans un style sévère et grandiose.
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