PONTS
Ily a-seize ponts sur la Seine, entre l^s barrières d^
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Paris. Douze sont en pierre, deux en pierre et en fer, un seul est en pierre, fer et bois^ le dernier est en bois. On a vu plus haut la description des ponts de liouis XVI et des Invalides -, nous allons parler maintenant des autres en suivant Tordre dans lequel ils se trouvent en descendant la rivière : le premier est le Pont du Jardin du Roi.
Les travaux de ce pont ont été commencés en 1800 sous la direction de MM. Becquey de Beaupré et Lamandé, ingénieurs des ponts et chaussées. On lui donna d'abord le nom d'Austerlitz, en méaM>ire d'une célèbre bataille *, mais on a trouvé plus simple dé le nommer comme il Test adjourd'hiii , paroequ'il se trouve en fiace du Jardin du Boi.
Il n'est pas le premier pont à plusieui\B arc^s de fer établies sur des piles en pierre, ie pont des Aris est antérieur d^ quelques i^nnées ; f»aîa son importance le place au premier rang, même paroii ceux qu'on voit en Angleterre, où ee système de construction a pris naissance. Il exigea de la part du conseil général des poots et chaussées la discusaLon la plus approfondie sur les moyens à employer pour prévenir les effets. du vibrement occasiioné parle roulage des .voitures et principalement sur les précautioi^s à prendre pour obvier aux inconvénients qui pouvaient ré^ sulter , dans un pont à plusieurs arches, de la dila^ tation ou de la condensation des fers , suivant les différentes températures. Il fut convenu que ce nouveau pont aurait cinq arches égales 4e cent pied» ^o«vertttre et de dix pieds de ikèche ^ et que ie»
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piles de ces arches , au lieu de monter jusque desrsous le plancher, s'arrêteraient à la hauteur des naissances pour recevoir des pièces triangulaires en fer foudu, auxquelles on donna le nom de coussinets. C'est ayec ces coussinets implantés dans une coulisse de fonte encastrée elle-même dans le chaperon de la pile, que se rattachent les voussoirs en fer coulé qui composent les fermes des arches. La combinaison de tous ces moyens et la précision avec laquelle ils ont été mis en œuvre , méritent sans doute les plus grands éloges ; nous les accordons avec empressement aux habiles ingénieurs qui ont coopéré à ce grand ouvrage, mais nous sommes bien loin de partager Tenthousiasme que ces ponts de fer excitent chez quelques partisans des inventions .modernes. Que dans les pays où la pierre manque^ on cherche à y suppléer de quelque manière, c'est fort bien ; mais en France nous pouvons nous passer de ces méthodes plus ingénieuses que belles : sachons donc nous contenter des deux ponts en fer que nous possédons^ ils prouvent, suffisamment que nous ne sommes pas en arrière avec les progrès de la science.
Un petit pont de bois réunit l'île Louvier au quai de l'Arsenal ; il n'a rien de remarquable et ne sert que pour les chantiers établis dans cette île. On l'appelle le Pont de Gramont
he Pont Marie aboutit du quai des Ormes à l'ile Saint-Louis ; il est situé sur le grand bras de la Seine. Christophe Marie, entrepreneur général des ponts de France 9 le construisit de i6i4 à i635 : ce fut pro-
bablement avec bien peu de soins^ puisque vingt-trois ans après, en 17 58, un. débordement extraordinaire emporta deux arches de ce pont, et vingt-deux maisons des cinquante qui étaient bâties dessus. On doit au baron de Breteuil la démolition des vingt-huit autres maisons.
Sur la même ligne que le pont Marie est celui de la Toumelle. Ce même Marie ne fut pas plus heureux dans: la construction de ce pont que dans celle du précédent. Bâti en 1620, le pont de laTournelle fut^ en 1637, renversé par un débordement, puis rétabli et emporté de nouveau ; et enSn refait, tel que nous le voyons , vers Tani^ée i656. Au milieu du quatorzième siècle ce pont était en bois. On y fit en iSôg une tournelle carrée , dont il a retenu le nom.
Le Tout de la Cité y construit par Gauthey, ne lui fait pas honneur : les culées et la pile sont en pierre y les cintres en fer revêtu en bois. Il fut achevé en i8o4^ et servit quelque temps aux gens de pied et aux voitures. Déjà. tout délabré par plusieurs vices de construction , il vient d^étre réparé ; mais depuis ce dernier travail, il n'est ouvert quaux piétons. Il y avait auparavant sur ce bras de^ la Seine un pont de bois établi vers Fan i63o : les glaces de 1709 Fendommagèrent, on le rebâtit en 1717 , et ce dernier, qu'on appelait le pont Rouge , avait été emporté par la débâcle de 1788.
Lie Pont au Double, construit en i634 > supporte un des bâtiments de l'Hôtel -Dieu ; mais en amont il y a un passage pour les gens de pied, qui payaient dans
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l'origine un droit fixé à un double tournois ^ à-peu près les deux tiers d'un liard.
Après ce pont vient celui de Saint^Charles ; il ne sert quç pour la communication des bâtiments de THâtel-Dieu sur les deux rives du petit bras de la Seine. La salle Saint-Charles, fondée en 1606, kna donné son nom^ mais il remonte à une époque antérieure.
On sait qu*il y avait au quatorzième siècle un pont dit de la Plancke-Mibray , entre la rue des Arcis et rtle de la Cité : emporté par quelque inondation , il fut remplacé sous Charles TI par un autre , que Ton nomma àe Notre-Dame y et qui ne dura que quati« vingt-sept ans, les eaux Tayant renversé en i4999 ^ avec lui soixante-deux maisons, qu'on y avait b&ties en i4i7' I^ pont de pierre que Ton voit aujourdhui fut commencé la première année du seiEÎème siècle, ec fut terminé en 1 607 . On le chargea , suivant la cojX' tume du temps, de quantité de maisons qui furent abattues parles soins du baron de Breteuil. l\ n a rien de remarquable, quoiqu'il doit, dit-00 > du dessin de Jean Joconde; mais on voit au milieu de la tète d'aval un bâtiment de charpente appelé la pompe Notre** Dame, dans lequel sont deux pompes qui fournissenC de l'eau à plusieurs fontaines. La première de ces machines est de Tinvention de Joly et donne 3o pouces d'eau; la seconde est due à Demanse, et produit So pouces. Elles furent construites en 1670 et refaites en X708.
De l'autre côté de Tlle est le Petit P0nt^ nosomé
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ainsi par opposition au grand Pont, aujourd'hui le Pont-au-Change. Ce sont les plus anciens de Paris, et leur existence remonte à Torigine de cette ville. Il en est souvent £ait mention dans les chroniques, et l'on sait par elles que ce petit pont plusieurs fois emporté par des inondations, a été refait tantôt en bois, tantôt en pierre. Sa dernière reconstruction date de i *} 1 8 : il était alors presque ruiné : deux bateaux chargés de foin, auxquels le feu avait pris , s'arrêtèrent sous les arches et incendièrent les maisons qui étaient dessus. On profita de cet événement pour rebâtir le pont, mais on eut soin de ne pas le surcharger de bâti-^ ments.
Le PonUau'Change est sur le grandibras de la rivière : il existe de temps immémorial , et le plus anci^^n nom qu'o<i lui connaisse est celui de Grand-Pont. Rechercher à quelles époques il a été successivement renversé ou brûlé, construit en bois ou bien en pierre, serait chose très inutile. Nous dirons seulement qu'en 1621 il était en bois, et fut consumé par un incendie. Il fut rebâti en pierre de 1689 à 1647, par les propriétaires incommutables des maisons que l'on construisit dessus. Celles^i furent, à leur tour, incendiées en 1739^ et disparui'ent enfin en 1788. Du côté du grand Châtelet, la voie publique offrait une bifurcation, à la rencontre de laquelle on voyait un curieux monument de bronze érigé à la mémoire de Louts XUI, d'Anne d'Autriche «t de Louis XIV jeune. Ces trois figures qui sont de Guillain, ont été conservées et se voient aujourd'hui au Musée des
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Petits-ÂugustinSy dans la salle dUntroduction. La lar-^ geur du Pont-au-Change est extraordinaire ; elle est de 100 pieds. Il tient son nom des changeurs qui s'y établirent en Tannée ii4i > pendant le règne de Louis-le- Jeune .
En prolongation du Pont-au-Change, se trouve celui qu'on appelle Saint-Michel. C'est le quatrième qui ait été bâti en cet endroit. Le plus ancien est de 1887 ; il était en bois. Il fut refait en pierre en i4<^7, et on le nommait alors Petit Pont -Neuf. Cent quarante ans plus tard, il fut emporté par les glaces, et rebâti en bois; enfin, Tinondation de 1616 le détruisit de nouveau , et la même année on commença à le rebâtir en pierre, aux frais des propriétaires des trente -deux maisons qu'on éleva dessus, et qui furent démolies eh 1808. Le pont Saint-Michel est de tous ceux que nous venons de décrire le seul qui offre une décoration bien appliquée. La corniche est d'un bon profil, et les niches qui ornent le dessus de deux piles , faisaient un accompagnement convenable à la figure de Louis XIII à cheval^ sculptée en bas-relief à Famont et à l'aval du pont , au-dessus de la pile du milieu. Il serait à désirer qu'on mit quelque chose à la place de cette sculpture détruite pendant nos troubles civils. Nous ne voudrions pas cependant la voir rétablir telle qu'elle était, car cette place est inconvenante pour une figure équestre.
Androuet du Cerceau commença le Pont Neuf en. 1578 , soûs le règne de Henri Ifl, et Guillaume Mar* chand l'acheva en i6o4; la quinzième année^du règne
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àe HenrMe-Grand. Ce pont célèbre est composé de deux parties inégales qui se réunissent à rextrémité de File de la Cité : la première , au nord, a sept ar^^ ches ; la seconde en a cinq : elles sont en plein dntre, sans archivolte ; mais l'entablement qui les cou-^ ronne est d'une grande richesse : il présente dans toute la longueur du pont une série de consoles ornées chacune d'une têtehumaine traitée dans lecgenrë capricieux dés artistes de ce. tèmps-là. Au droit de chaque pile sont des culs de lampe.en sailli^ circu^ laire, sur lesquels, il y a quarante ans, on bâtit de petites boutiques. A la réunion des deux< parties du pont est une esplanade décorée du même entablement, qui vient d'être reconstruite ; c'est là que fut érigée en i6i4 la statue de Henri IV : depuis 1792 elle n'existe plus, mais nous reverrbns bientôt les traits chéris de ce monarque dans le bel ouvrage modelé par M. Lemot, qui doit être incessamment coulé en bronze. Nous jugerons d'une manière lacor nique le mérite de ce pont: il rappelle le ^style des . ponts romains, et c'est 1^ mieux composé de tous ceux de' Paris.
Le Pont des Arts y construit par MM. de Gessart et Dillon a été achevé en 1804; î^ ^? ^^^^ qu'aux piétons. Les arches en sont de fer coulé, les piles et les culées de pierre^ L'assemblage et là combinaison des fers de ce léger pont méritent d'être étudiés par les constructeurs*, il pourra être de quelque utilité pour la science ' d'en faire la comparaison avec les procédés différentg qui ont été adoptés pour le pont du Jardin du 'Roi^ a. ai
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jkprès la ruine d*an po'nt de bois construit en i63a ▼is-à-vis de la rue de Beaune, Louis XIV fit commencer, en i683 , un pont de pierre qui fut fondé un peu plus bas que le précédent. On Tappelle le Pont- Royal II n'offrç rien d'intéressant pour l'art , mais la construction en a été difficile. Ce fut un Dominicain, nommé le Frère Romain, qui vint à bout de surmonter les obstacles qui se présentèrent, soit pour les épuisements , soit pour les fondations. A cette époque, il n'y avait pas en France un corps d'ingénieurs cbargés spécialement de cette partie des monuments publics , et les dessins du pont Royal furent demandés à Jules-Hardouin Mansard, comme premier architecte du Roi*