FONTAINES
Si plusieurs de nos édifices publics peuvent rivaliser avec ceux de Bome, ce ne sont certainement pas nos fontaines^ leur nombre;^ leur importance, comme monument, le volume d'eau qu'elles répandent, rien n'en peut être comparé à ce que présentait Rome an« cienne et même avec ce qu'offre encore aujourd'hui cette ville célèbre dans les annales des beaux arts. On sait, par des calcals exacts, qu'il y arrivait anciennement, au moyen des aqueducs, un volume d'eau énorme , porté à 6944 pouces ( i ) : présentement Rome
(i) Le pouce d^ean, coulant avec une vitesse moyeuDe, donne, en vingt-^uatrt heures, soiiante-dooze muids.
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.possède encore i5oo pouces d^eau répandus jour et nuit par de nombreuses fontaines. Auprès de cette abondance que notre pauvreté va paraître grande! En 1 7 54 9 la ville de Paris ne possédait que 200 pouces <d*eau y provenant de Belleville, des prés Saint-Gervais^ de Faquéduc d*Arcueil , et des pompes du pont de lïotre-Dame j la machine de la Samaritaine n^avait été ^construite que pour Tusage du Louvre et des Tuileries. Au commencement du règne de Louis XVI ^ MM. Périer frères établirent les pompes de Chaillot et du Gros-Caillou , et ces deux mécanismes hydrau* liqueSy mis en mouvement par la machine à vapeur^ alimentèrent un peu pliis abondamment les fontaines de la capitale. Enfin , Tentreprise du canal.de l'Ourcq; dont nous ressentons déjà quelques avantages , nous promet, dit-on, 10,000 pouces d^eau, provenant de la réunion de trois petites rivières. Sans doute alors des fontaines jaillissantes, des bassins, des piscines couvertes , des lavoirs et des abreuvoirs , dispersés dans les différents quartiers de la ville, offriront dans tous les temps, et avec profusion, cet élément de première nécessité aux citoyens qui le réèlament avec instance.
Nous avons' décrit les fontaines les plus considérables par leur masse, et les plus intéressantes sous lé rapport de Fart II nous reste à dire quelque chose des autres monuments de ce genre, qui peuvent être divisas en deux classes; les anciennes fontaines, et celles qui ont été construites depuis quelques années à Toccasion du canal de rOurcq.Xes premières; pour la
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piupatt', ne sont que de petits édifices d'où sort un. niioce filet d*eau, telles que les fontaines des Petits-* Pères , d^Antin , de la place Saint-Michel; quelques unes cependant se distinguent par une composition plus piit}uante.
On s'arrête avec plaisir devant la fontaine Sainte Victor^ h, cause d^ k manière ingénieuse dont elle est ajustée. C'est un vase chargé de fessons, au-des^ sus duquel «e rattacKent les armes de la Ville. Une tourelle de l'ancienne abbaye sert de fond à cette sculpture, dont on attribue l'invention, au cavalier Bernin. Quelques persoiifnes pensent avec plus ide fondement qu'elle est de Le Pautre.
La fontaine de XÈchaudé y A^n^ la Vieille rue du Temple, est une petite tour octogone qui offre une légère ressemblance avec le monument connu sous le nom de lanterne dé Démosthènes^ . >
La fontaine que l'on voit à l'entrée de la ruié Saint* Louis , au Marais i est un ouvrage de Le Pautre.
La fontaine deïa Naiadè^ dans la rue des Vieilles» Haudriettes, a été bâtie sur les dessins de Moreau^ le bas-relief qui en fait l'ornement est de Mignot.
Un avant-corps, décoré de deux pilastres d^ordre toscan avec fronton, le tout enricHi de glaçonsy coquilles, et autres attributs, forme la fontaine de Sainte-Catherine y élevée en 1783 sur lés dessins de Caron.
A là rencontre des rued de l'Échelle et de Saint» Louis , est la Fàntaine du Diable^ Sa décoration conmte en un obélisque, au bas duquel deux divinités 2. aa
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des eaux supportent la proue du navire symbolique des Parisiens.
La fontaine du Trahoir , au coin des rues de TArbre*Sec et Saint-Honoré ^ est un château d*eau hâti par Souffloty et orné de quelques sculptures , par Boizot 9 membre de Tancienne Académie.
Le Château d'eau j sur la place du Palais-Royal, renferme des réservoirs pourles eaux de la Seine et d*Arcueil. Il fut élevé , en 1719^ sur les dessins de Robert de Gotte> premier architecte du Roi. Un auteur contemporain a fait une savante critique de cet édifice : il lui eût suffi de dire que ce château d'eau ressemble à une habitation, et tout le monde eût été de son avis. Les deux figures qu on> y voit sont de Tua des Goustou.
Parmi les fontaines de construction nouvelle on cite celle de la F^ictoire^ sur la place du Gh&telet : elle jouit d'une certaine célébrité. Il est vrai que ce palmier symbolique entouré de quatre figures de ver« tus y et au-dessus duquel s'élève la Victoire j présente une idée heureuse; mais M. Bralle avait à faire une fontaine, et nous sommes forcés de dire qu'on ne trouve aucune analogie entre ce piédestal orné de cornes d'abondance, qui constituerait seul le monument d'utilité publique, et ce riche et brillant horsd'œuvre qui le dénature tout-à-fait. La sculpture de cette fontaine est largement traitée, et fait honneur à M. Boizot.
Le reproche que nous faisons à M. Bralle, s'adre^ serait à M. Percier, pour son monument de la place
Dauphine, si la donnée e98enti€Ue du programme n'eik été de consacrer la mémoire du général Desaix. loi la fontaine est, avec raison, subordonnée bu groupe qui représente la Victoire couronnant le buste du guerrier. Cet ouvrage a été terminé en i8o3, il est dh au ciseau de M. Fortin, ainsi que le bas-relief circu** laire qui orne le piédestal.
On a vanté la fontaine de Bacchus, au coin de la rue Censier, par MM. Bralle et Valoi»; elle est joliment composée ; mais ce faune avec son outre, quelque biea sculpté qu'il soit, nous semble un contre-sens 'peu tolérable.
Dans la rue de Sèvres ,près de» locurables, M. jBralle a fait une Fontaine égyptienne : c'est un massif à parois inclinées, couronné de rentablement ordinaire auJt temples de l'Egypte. M. Beanvallet est l'aoteur de la statue que renferme la niche ; cette figure «st symétriquement ajustée, comme celle d'Ântino£is.
Sur un massif élevé dan« la rue de Popincourt , M. Fortin a sculpté un bas-relief qui offre la Bien^ f aisance entourée de plusieurs enfants. Cette fontaine est encore de M. Bralle, et nous semble une de ses meilleures composition».
.Yis*à*vis de l'Hèpital militaire de la <}arde, nie Saint-Dominique^ est la Fontaine de Mars. Ce dieu^ accompagné de la déesse de la Santé, est représenté en bas-relief par M* Beauvailei,. entre deux pilastre» doriques qui portent ua entablement complet* Le tout repose sur un piédestal, et sur un soubass^ioient devant lequel sont des vasque» où l'eau tombe»
IJ2 DESCBIPTION
Un bas-relief de Léda , par M. Vallois, fait tout le mérite de la fontaine que M. Bralle a bâtie dans la ru^ du Regard. ISons n'approuvons pas cette petite manière de faire couler l'eau par la tête du cygne; c^est, à notre avis , une pauvre invention qui dénature le sujet de ce bas>relief d'ailleurs bien composé.