‹ Description de quelques monuments émaillés du moyenageChapitre 2 sur 3 · MICHAEL · texte numérisé non relu

MICHAEL

L’ange Michel.

SCA MARIA.

J La Vierge.

SCS

j CABRIEL.

| L’ange lîabriel .

BEATRIX ROM AIS OH IPATKIX AV IP A. | 1 Beatrix de Bourgogne .

Aux deux extrémités, les bustes de Louis le Débonnaire et d Othcn ili. surnommé, de son vivant, la merveille du monde, avec les inscriptions :

OTTO MUIABILIA MVDI cl LVnOVIC- TPERATUB PIV'.

A l'intérieur du couvercle on lit ces mots gravés sur une plaque d'argent :

BBACHIVM. SCI. GLORIOSISIMI. INPERATOBIS.

KAROLt (-2! .

Nul doute par conséquent que ce meuble n’ait renfermé le bras du grand empereur, et qu'il n'ait été fait en 1 IG5. alors que Frédéric Barberousse ouvrit le tombeau d'Aix-la-Chapelle pour en tirer les restes de Charlemagne.

Dans cette hypothèse, la présence de tous ces personnages im-

(1) Ce retable d'or repoussé fut donné à la cathédrale de Bâle par l’empereur Henri II, mort en 102t. Cnc excellente lithographie de ce monument a été publiée, lors de sa découverte dans les cryptes de l’église, chexHasler, à Bâte

(2) C'est faute d’avoir soulevé le couvercle de cette châsse, que M. André Bottier s'étonne, dans le texte des monuments de Willemin, de ce qu'elle ligure dans les anciens catalogues du Trésor de Saint-Denis, comme rente! niant le bras île Charlemagne.

penaux s'explique très-facilement pur leur connexion avec l'Empereur français et le prince qui voulait honorer sa Irès-glorieuse mémoire.

Ainsi Louis le Débonnaire figure ici comme fils de Charlemagne, et comme celui qui a présidé à sa sépulture.

Otlion III , parce qu'en l'an 1000 il avait pénétré dans le tombeau que deux siècles avaient respecté, pour s'emparer ensuite d<- la croix d’or de l'illustre cher des Carlovingiens.

Frédéric de Souabe, mort en II-V7, comme père de Barberousse (1). Conrad II, roi des Humains, comme son oncle et son prédécesseur (2,. Enfin Béatrix. fille de Renaud, comte de Bourgogne , qu'il avait épousée en 1 150.

Frédéric avait voué une espèce de culte à Charlemagne; il avait obtenu en 1101 du pape Pascal III qu'il le canonisât, ('. est qu’alors cette sanction ecclésiastique n’elait en quelque sorte que l'expression la plus haute de l’estime politique, tout connue l'excommunication n’était qu'une pénalité bien souvent étrangère aux choses de la foi.

Si je suppose que les émaux de la châsse de saint Charlemagne ont pu n'étrc pas exécutés en Allemagne, ce n'est pas que je croie que ce genre d'ornements fût exclusivement fabriqué en France au douzième siècle. Ce serait une erreur tout aussi ridicule que celle qui a consacré le surnom de byzantins pour tous les émaux indistinctement. Voici, par exemple, un petit tableau qu'il serait difficile de ne pas considérer comme flamand et du onzième siècle. Sous trois arcades en plein-cintre soutenues par des colonnes au chapiteau ficuronné, sont trois saints de face, que déterminent parfaitement les inscriptions tracées en demi-cercle

(t) Frédéric de Soualie est représenté ici avec une cotte de mailles et im casque conclue , et absolument dans l'altitude donnée a Mal bien , duc de lorraine, son gendre, sur les monnaies frappées A Nanci. Voir lUrherches sur Us monnai** de' duct d* Lorrain*, parF. DK SxcLCV, Mets, )8tl, pl. I,n°7elK.

(S) Comad , qui n'avait punit reçu le sacre impérial , se faisait scrupule de prendre le litre d'empereur, mémo dans scs chartes. Il no dérogcail a celle coiilumo modeste que dans ses relations avec les empereurs d’Orit nt. Si la cliAsseeétété de travail byzantin , il est à croire que Conrad y eût reçu le titre d'empereur, sous lequel il était coiuiu à Constantinople. I.'inscriplion le qualifie dt'tecond, pmvequ'alorsun ne louai! pas compte deConrad I«, roi de Germanie.

au-dessus de chacun d’eux. Au milieu est un évoque, saint Livin , à sa droite saint Sébastien , à sa gauche saint Tranquillin. Saint Livin étant l’apAlro et le patron de Gand (1), et rentrant tout à Tait dans les conditions de ce que l'on peut appeler un saint local, il parait assez naturel qu'un monument dans lequel il occupe la première place ait été composé dans la ville qui l’avait pris pour son protecteur. I.a translation des reliques de saint Livin ayant eu lieu en 1006. il dut s'ensuivre un redoublement de ferveur pour son culte que l’imagination des artistes traduisit sur le bronze et sur la pierre. I.cs costumes donnés aux trois saints répondent assez bien à l'époque que j'assigne à cet émail du musée du Louvre. I.a mitre basse et conique de saint Livin, sa crosse, son pallium, tout est semblable à ce que nous montrent les plus anciennes monnaies épiscopales des l’ays-Bas. La chaussure militaire de saint Sébastien (2) , l'arrangement de sa toge verte, ont quelque chose de carlovingien. Les inscriptions sont en caractères semblables à ceux du retable de saint Henri , que j’ai cité plus haut.

[.es couleurs de cet émail sont le vert, le bleu et le blanc.

Avant de nous occuper des émaux français du treizième siècle, portons un instant nos regards vers l’Orient, et cherchons quels étaient, à la même époque, les émaux véritablement grecs. Ils doivent nécessairement avoir un caractère spécial et se rapprocher du faire des vignettes des manuscrits byzantins. Sous ce rapport, deux petits médaillons émaillés sur argent que possède le musée du Louvre, me paraissent devoir être attribués, avec toute vraisemblance, à une main grecque. Os deux médaillons représentent, je crois, deux évangélistes. L’un, à l'épaisse chevelure, à la barbe de forme orientale, relève le pan de son pallium rouge; ilticntunévangéliaircde la inaingaucbc; l'autre, jeune et complètement imberbe, a la main droite ouverte qu’il

(1) fjviniis était un savant pi pieux Écossais qui vint en Flandres pou i prêcher l’Évangile aux païens. Il sc consacra par une prière de trenle jours sur Ir tombeau de saint lia von, ancien évêque de Gand, en l’honneur «le qui il composa un poème. Livinus opéra grand nombre dp conversion*», puis fut mis h mort , en 659 , par les idolâtres alarmés de ses progrès.

(2) Sébastien était né à Narbonne, et servait dans les armées de Dioclétien Il convertit h Milan Tranquillinus, que le pape fil prêtre

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semble présenter en avant ; de la main gaurhe il tient un ro/umm; dans le champ . près de lui, une grappe de raisin avec son feuillage se détache sur le fond bleu. Tous dru* ont la télé entourée d'un nitnbe vert dont le contour est déterminé par un mince lilcl d'or. Toutes les lumières des étoffes et les carnations sont exprimées par le fond du métal (I).

Il existe au Louvre un autre médaillon, placé à côté des précédents, <|ui nous montre le prolome du Christ, de face, nimbé, liénissaul de la inain droite, et accosté des deux lettres A et u . le principium tl finit do l'évangile. Malgré la présence de ces deux lettres ou plutôt à cause d'elles, car leur forme accuse une origine étrangère 6 la Grèce, et en tenant compte du style générai du dessin, je rangerai encore cet émail parmi les œuvres de notre Occident. L’émaillcur qui avait vu TA et l'a attachés aux branches d une croix, et qui ne connaissait pas leur véritable forme hellénique, n’a pas su les dégager de cet appendice en forme do queue qui servait à les suspendre. Un Grec n’eût pas commis celle erreur.

J'admets donc, comme on voit, qu'à certaines époques les émaux ont subi une influence étrangère , mais quant aux sujets représentés, et non pas sous le rapport dp la fabrication. Aussi bien apres les croisades qu'après les guerres d'Italie du seizième siècle, les arts se sont empares du quelques types, guidés qu'ils étaient par la mode, celte alTcction de l'esprit qui a pour principe le besoin de renouvellement, et dont TelTet est presque toujours une imitation peu réfléchie.

En l’an 1200, l.ouis VIII épousa blanche, fille d'Alphonse VIII de Gaslillc'. Un sait que ce roi, par suite de scs relations avec les Maures d’Espagne, avait fini par faire usage de la langue arabe pour les légendes de ses monnaies (2). Une telle conces-

(1; Voyez la planche ci-jointc.

ii, Ces monnaies frappées a Tuîcde (tortenl de - iégeni les chrétiennes écri tes en arabe ; on y voit même le nom du pape, Baba ileumi.qui est intitule l’Jim-m de l'Eglise du Messie. Le frontispice d’un manusciit du onzième siècle, publié par U. le comte de Baslard, dans la 10* livraison do son splendide lecnei! de fae-similt. nous montre des encadrements que je regarde comme de complètes imitations d'inscriptions arabes d'Espagne. Ce livre fut écrit dan* l'abbaye île Sainl-Sever, ru Gascogne.

sion, faite au voisinage des conquérants de la Péninsule, dut s'étendre à mille petits détails dans le domaine des arts. Probablement la jeune reine apporta avec elle des vases, des bijoux, des étoffes, des manuscrits chargés de quelques-unes de ces riches broderies dont l'alphabet arabe fait tous les frais, et qui devaient fournir de gracieux modèles aux artistes français.

Cette idée m’est suggérée par l'examen d’un ciboire de la plus grande beauté qui fait partie des collections du Louvre. Ce vase, haut de dix pouces, et sur lequel des anges et des saints en relief et dorés alternent dans des médaillons à fond bleu, délicatement réchampis de rouge, est ceint, à l’endroit ou joint le couvercle, d’une zone sur laquelle est gravé cet ornement :

dans lequel Je ne puis voir que l’imitation d'une inscription arabe tronquée et continuellement répétée. Pour convaincre le lecteur de ce que j'avance, je place ici la devise des rois de Grenade :

Oua la rhaleb ilia Allah ; c'est-à-dire : Il n'y a de vainqueur que Dieu. L'on ne pourra manquer d’être frappé, comme moi. d.i l'étroite ressemblance de l'ornement chrétien avec la phrase musulmane dont il a conservé tous les éléments.

A l'intérieur du vase se lit cette inscription en beaux caractères du treizième siècle :

f MAG1TER (tic J : G : ALPAIS: ME : FECIT: LEMOVIGARVM.

Je ne sais pour quelle raison tous les antiquaires qui ont pai le de cette merveille de l’art limousin, ont donné à son auteur le nom deClaudiut Alpais. Quoi qu'il en soit, ce maître habile a dû

produire une quantité considérable d'ouvrages émaillés, car il subsiste encore dans les cabinets d’antiquités bon nombre de pièces dont le style et la couleur sont évidemment ceux qui distinguent le vase du Louvre, c'est-à-dire, un champ bleu foncé sur lequel se détachent de larges rinceaux dorés parsemés de points d'un rouge un peu terne. La Bibliothèque Royale possède une crosse épiscopale ainsi décorée, et dont toutes les parties sont traitées avec le plus grand soin.

Une fort belle coupe, dont Willemin a figuré une partie dans sa planche 109, nous montre une bordure dans laquelle on reconnaît encore une légende arabe extrêmement altérée par l'imitateur. Cette circonstance semble avoir échappé à M. André Poltier.

I. 'influence de l'union de Blanche, fille d'Alphonse, avec le roi de France, eut encore un autre effet pour les arts d'ornementation. On vil paraître alors de tous cêtés, dans les sculptures, dans les vitraux, dans les enluminures de manuscrits, de petites tourelles, cailillot, armes parlantes du royaume de Castille.

Ces pelits châteaux étaient le plus souvent répandus dans les bordures, et beaucoup plus rarement placés dans des écussons. Les vitrages des églises de Chartres, de Beauvais, d’Amiens, de Soissons, de Tours, de Limoges, sont parsemés de catlillot ; j'en trouve également sur un custode et une coupe émaillés qui sont

d'ailleurs évidemment des ouvrages du commencement du treizième siècle.

On remarquera In forme Irès-arcliique de la (leur de lys plat ée sur le flanc du custode qui se trouve à la page précédente. Elle est semblable à celle du contre-sceau de Louis VIII.

Outre le caitillo, lu coupe dont je reproduis ici un quart, représente en deux endroits un sujet assez bizarre. I n personnage

marche sur les mains, tandis qu'un autre l’accompagne en jouant d'un instrumenta cordes. I.'exercice auquel se livre ce cubislétere fut, dès la plus haute antiquité, le partage de certains baladins que l’on appelait aux jours de (été afin de distraire les convives. Ils sont nommes plusieurs fois par Homère.

o Ainsi les amis et les voisins du glorieux Ménélas s'abaudon- « riaient à la joie du repas dans sa vaste demeure; au milieu u d'eux chantait un artiste divin, qui jouait de la cithare, et deux « cubisletères . réglant leurs pas sur la musique, saillaient de- « v.int l'assemblée. »

Les deux autres compartiments de cette coupe sont remplis

pnr dos ligures do musiciens qui Donnent des Ijresel d u titres instruments difficiles à reconnaître ; ce vase ayant clé fini usé, les parties de cuivre en relief ont perdu les traits de burin <| ni les mettaient en valeur, et les Maures sont réduites à l'état de véritables silhouettes. D'autres rouprséinaillécs. du même style, existent au Uuirr. à la Bibliothèque Itoyale, chez M. le rom le de l’ourlaléset chez M. de Bastard. lai Itavaltière. (ii'ivaud de la Vincelleet Willemin en ont fait graver plusieurs. Quelques-unes portent des armoiries, d’autres des sujets de chasse, de danse et de musique. L'usage de ces coupes, souvent discuté, n’a pas encore été décidément établi. Quelques antiquaires pensent que l'on se sei vail de « es vases dans les cérémonies de l’Église, soit pour présenter la communion sous les deux espèces, soit pour administrer le baptême. Il est certain que dans l'inventaire des ornements épiscopaux de Foulques, évêque de Toulouse, qui mourut en janvier 1231, on trouve l'article suivant : Item, in alio eonfinio, sunt duo baccini, qui lunt de opéré lemocitico (t). et qu'il semble assez positif que c'étaient lii des bassins émaillés tels que ceux que Je décris. D'un autre cété, il est difllcite de rendre compte du choix malséant, pour des vases sacrés, que l’émaillcur aurait fait de représentations si peu graves, il paraîtrait plus probable que ces hanupt de peu de profondeur ont été imités, pour la forme du moins, des vases orientaux ou mauresques. I.a célèbre coupe sassnnide, qui se voit à la Bibliothèque Itoyale. et qui, apportée en France fort anciennement, puisque, suivant la tradition, Charles le Chauve en lit don à l'abbaye de Saint-Denis, peut avoir servi de modèle aux orfèvres de notre pays, était un meuble de table, un vase à boire (2).

(0 Calot , Histoire «lu Languedoc , p. aol.

(î) Cette coupe composée «le petits disques de verre coloré sertis d’or, passait & Saint-Denis pour avoir servi au roi Salomon. Dom Germain Millet la ci oyait , en 1638 , « enrichie de hyacinthes par le lioril, et au dedans de grenats et d’esmeraiides trèv-lines, au fond d'un très-beau .saphir Idanc , sur lequel est entaillé à tlemy relief la figure dit dit roy, séant en son throsne, tel que i’Kscrilure saincle le représente au troisième livre tles Roys , chnp. 10. u Cette prétendue figure de Salomon n'est autre que celle de Cosroès l« r , r** tient il est impossible de douter en présence de la médaille d’or île ce roi, qui esisto dans te cabinet tle M. le duc tic Plaças . et que j'ai publier.

l.o hanap publié par Grivaud de la Vineelle est tout couvert d'écussons armoriés. L'écu du roi de France, aux fleurs de Ijrs sans nombre, est au centre; autour sont rangées les armes de Dreux, de Bar, de France-Castille, de Navarre-Champagne, de N’evers (?) et de Bretagne (?).

Le Musée du Louvre possède deux petits écussons détachés, qui portent précisément les mêmes émaux de Dreux et de Navarre-Champagne.

Ils sont absolument de la même taille que l'écu aux armes de France que Charles V appendit en 1367 au beau camée dont il Ht présent à l'église de Chartres; et ils paraissent avoir été employés à un usage analogue : mais ils sont d’un émail bien plus ancien. Ce fut en 123 i que Thibaut, comte de Champagne, hérita du royaume de Navarre; en 1236 il maria sa Hile Blanche à Jean de Bretagne, dont le père, Pierre de Dreux, se croisa et partit pour l'Orient. Ce fait historique fixe assez bien l'âge de ces monuments et par contre-coup celui des autres bassins qui semblent sortir de la même fabrique. On a vu plus haut qu’en 1231 l’évéque de Toulouse en laissait deuxàsonéglisc. Du reste, si l'on conservait le moindre doute sur l'attribution de ces vases émaillés il la première moitié du treizième siècle, on n'a qu’à les comparera la tombe de cuivre émailléeque saint Louis fil placer sur la sépulture de Jean de France, son fils, mort en 12V7. Los couleurs, les ornements, les armoiries, tout est identique.

C’est à la seconde moitié du treizième siècle que Je rangerai le coffre de mariage tout émaillé à l’extérieur, que l’on peut admirer dans une des armoires du Louvre.

— ir> —

Sur le grand cêté antérieur, on voit un écu d'Angleterre entre dent écus de France anciens <|ui se détachent sur des médaillon* formés de quatre einlreset de quatre angles, avec un champ vert autour de l'écu de gueullcset un champ rouge autour des deux érus d'azur. 1,'éru du milieu est gardé par des figures fantastiques qui ont des têtes d'homme coiflées de râpes et des corps velus de bêtes féroces ; l'une est armée d'une petite large ronde et brandit une lance; l'autre lève sa massue d une façon menaçante: sous ces deux monstres et aux quatre angles du panneau sontdes oiseaux bizarres à têtes humaines et à grilles de lion. U face opposée présenté à peu prés la même disposition d'ornements, si ce n'est que c'est un écu de France qui est placé entre deux écus d'AnglcIcrre. Sur chacun des petits cêtés, les mêmes animaux gardent un écu de France et un écu d'Angleterre.

I,e dessus montre quatre grandes figures en pied de huit pouces

de proportion , deux remmes et deux hommes en costume du treizième siècle. Un des hommes, qui tient un oiseau de vol sur le poing, soulève le voile de lu femme qui est près de lui. Le reste du champ est occupé par des écussons de France el d'Angleterre et d'une famille dont le nom m'est inconnu. Voici cet écusson, qui se blasonne d’or à la croix vairée.

Au bord du couvercle règne une inscription sur fond bleu. J Vu rétablis les vers de cette façon :

DOSSE DAME IK VOS A Y>l LKAl'MANT;

POR Dit! VOS PR! OC K NE MOEBBLIE MIA.

VETSI MON CORS A VOS COMANDKMANT SANS MAUVE SKTK K SANS NU1.IIK FOI.IA.

On sent que ces vers composés en langue d oit, et si analogues a ceux de Thibaut de Champagne et du châtelain de l'oucy, ont été transcrits dans une province où l'idiome avait une tendance

— Iti —

méridionale. l'.e serait un motif de croire ce colTrel fabriqué a Limoges.

Il parattraitque vers le cnimnencenientdu quatorzième siècle la fabrication des émaux subit quelque umdilicalion. Le reliquaire donné à l’abbaye de Saint-Denis par Jeanne d'Evrcux . veuve de Charles le Bel , est un des plus beaux échantillons de l’art de ce temps. L’émail est transparent. I.o bleu et le rouge sont les seules couleurs dont on ait fait usage pour ce précieux meuble, dont l'âge est certain, puisqu'il porte l'inscription suivante:

vücttc finage donna céans madame la ftounc iïclje ÎDcureiuc lionne de jFrancc et de nauarre tfiompagne du lloji parles le **uiii' jour CJauril lait m ccc xxx \x.

Jeanne était en 1339 veuve depuis onze ans ; aussi ses armoiries, placées aux coins du socle que surmonte une belle figure de la Vierge , sont-elles d’Evreux seul, et l’écusson a-t-il la forme de losange.

J’ai cité ce reliquaire pour constater qu'avec lu treizième siècle cessa remploi de cet émail opaque dont l'origine remonte aux temps gallo-romains. Il serait intéressant de retrouver la cause de ce changement de manière, et surtout de liver l'epoque bien précise a la |uc!lc il cul lieu. Peut-être ne serait-il pas diflicilc d'y parvenir si l'on dirigeait vers ce point les efforts si souvent heureux de la critique comparative. J 'appelle toute l'attention des antiquaires sur ce sujet, qui mérite assurément d'être approfondi.

Adkik.v ni: I.OMiPLIUKIt

Le Cabimt de l'Amateub paraît tous les moi*, par livraison di> trois fcuillos d'impression , formai grand in-8", avec gravure» et illustrations dans le texte.

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Pour Pari» . .

Pour la France .

Pour l'Étranger.

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