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Description de quelques peintures antiques qui existent au cabinet du Royal Musee Bourbon de Portici; du chanoine André de Iorio

La riche et célèbre collection de tableaux qu’on doit à la ruine d’Herculanuin, de Pompe i et de Stabia, conservée à Portici dans le Musée Bourbon , manquait jusqu’à présent d’un guide sûr pour fixer le jugement et l’admiration des curieux qui se trouvaient perdue au milieu de tant de trésors.

J’ai senti la nécessité de satisfaire les amateurs des chefs-d’œuvres de l’an-, tiquité, et j’ai entrepris ce petit mais intéressant travail. 11 m’a fallu sans doute une forte dose de courage pour exécuter ce projet , surtout après les lumineuses dissertations que MM. les Académiciens JErculanesi ont fait paraître sur la nature et sur les beautés de

ces productions du génie. Je leur ai donc payé le tribut de ma vénération, en les prenant en tout pour mes modèles, et tout en les suivant religieusement dans les cinq volumes qu’ils ont publié* sur ces différentes peintures, j’ai cru ne devoir pas faire mention des différents degrés des progrès des Arts, et particulièrement ce qui regarde l’architecture , la sculpture et la peinture, dans le siècle de la ruine d’Herculanum et de Porapei, des différentes manières que les anciens employaient dans leurs peintures à fresque et a sec , des couleurs dont ils se servaient, et l’art de les composer, parce que ces dissertations ont été promises par les savants Académiciens dans leur cinquième volume, dissertations qui ne pourront être que très-satisfaisantes.

Comme je n’ai eu d’autre but en écri-> vant ce petit ouvrage , que de faciliter les étrangers qui peuvent consacrer quelques heures à visiter le Musée , ils

trouveront dans le travail que je leur offre , avec plus ou moins de détails, les tableaux les plus intéressants, soit pour l’érudition , soit pour l’art , soit enfin pour les usages antiques que nous avons conservés avec la plus scrupuleuse exactitude. La description matérielle de la peinture y est le plus souvent négligée, parce qu’elle est inutile à ceux qui ont les objets sous les yeux.

Quant aux personnes qui désireraient avoir de plus amples dissertations, elles pourront les retrouver dans l’ouvrage $ Ercolano des savants Académiciens que j’ai cité à cet effet.

Celles qui vaudraient ensuite faire quelques observations particulières analogues à leur goût , pourront les consigner dans les feuillets en blancs qui se trouvent à la fin de ce petit ouvrage.

Ils pourront y noter tout ce que lour génie rc veillé par la vue de ces merveilleux originaux leur inspirera ; et s’ils

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prennent la peine de les écrire et de les relire , ils en seront très-satisfaits.

Les contours que j’ai joints à ce catalogue et qui appartiennent à un de nos plus habiles artistes, ne sont qu’un faible échantillon de l’art des anciens artistes d’Herculanum , de Pompei et 4e Stabia , mais non de ceux de Rome , de Corinthe et d’Athènes : néanmoins les amateurs se trouveront pleinement satisfaits s’ils font l’acquisition de l’ouvrage qui porte pour titre : Pubbliccizione del Real Museo Borbonico , qui de sou côté donne toutes les nombreuses et très-intéressantes peintures découvertes postérieurement , et qui se découvrent tous les jours , grâces à la généreuse protection de notre Souverain.

Pour se servir avec fruit de ce petit travail , l’amateur ne devra que se rendre au Musée , y observer le numéro appliqué sur le tableau , et le chercher ensuite dans ce petit ouvrage , où les

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numéros sont disposés par ordre progressif. Si par hasard, l’article ne s’y trouve pas décrits , cette omission provient du peu d’intérêt que présente l’objet; , ou parce qu’il a été annoncé sous un autre numéro, ou enfin parce que son sujet s’explique de lui-même.

Les curieux qui voudraient, au contraire , ne sacrifier que le moins de temps possible à l’observation de ce Musée, et en avoir cependant une idée parfaite, doivent consulter l’index , dans lequel tout se trouve décrit par Pièces (*) , et où , dans chacune d’elles on peut voir de ses propres yeux , les différents tableaux dont on donne la description à la page qui les indique.

Ceux enfin qui ne seraient pas satis- .. faits du tableau original qui peut , quelquefois , par le défaut de sa conserva-

(*) La première muraille est celle qui est à la droite en entrant dans la salle.

lion , lie pas correspondre a l’idée que lui en donne l’ouvrage qu’il lit , peut recourir aux dessins gravés dans l’ouvrage cité d’Ercolano et qui ont été exécutés lorsque ces tableaux furent extraits fraîchement des mines de la destruction des trois villes dont il est ici question.

On ne doit pas être surpris, si l’on ne trouve point la description des paisages , des végétaux , des animaux , des ornements et des caprices de ces anciens artistes , malgré que tous les tableaux de ce genre fussent des chefsd’oeuvres de science et d’art. Il suffit au voyageur de les observer pour les apprécier.

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