‹ Description de Rome (volume 2)Chapitre 91 sur 129 · LAC DES T ART JRI , OU TARTRES · texte numérisé non relu

LAC DES T ART JRI , OU TARTRES

Les eaux de ce Lac pétrifient les roseaux et autres plantes qui croissent sur ses bords . Cette pétrification > qui est l’effet d’une fermentation très active;) pénétrant les pores des plante^

avec des particules sulphureuses et pierreuses, est l’une des opérations les plus curieuses delà nature, que l’on puisse voir, et elle est d’autant plus intéressante , que quelquefois on est témoin de la manière dont elle se f^rme . En la considérant avec attention , surtout dans les parties qui sont à l’abri de l’ air extérieur , on reconnaît que cette pétrification , alors peu solide par elle même , ne peut résulter que d’ un très grand mouvement qui se forme sous le roc contre les racines des Joncs et des autres plantes de cette espèce , qui élève le soufre , la ter» re et le nître au point de les rendre assez subtils pour pénétrer non seulement la racine , mais le corps même du roseau : et enfin dans son état de pétrification , il reste plus ou moins solide à proportion de la qualité qu’il avaitjavant d’avoir éprouvé aucun changement.

Ce lac continue d’agir de la même manière dur les racines et les roseaux qui croissent à quelque distance de ses bords , et l’on s’appari;oit que c’est l’air qui donne à cette opération la solidité de la pierre, après que l’eau s’est retirée , en laissant ces plantes à sec .

Tout kf lac a peu de fond, et se trouve dans un bassin de tuf léger et poreux sous lequel est une mine de soufre , communiquant le mouvement à l’eau , qui détache les parties du tuf, et c’est le ressort caché qui explique cette opé* ration surprenante . La superficie du sol des environs en est la preuve : elle n’offre , pendant plus d’im demi mille de rayon, tout à l’enrour , qu’ un tuf sulfureux , couvert d’ une mousse jaune^ de quelques herbes fines ^ d’épi-

nés et d’autres buissons que l’on trouve par in^ tervalles , et qui sont aussi secs, que le terrein sur lequel ih végètent . U s’y est formé une élévation tartreuse , et à cause de ce' tartre > on lui a donné le nom de tartari .

A deux milles plus loin,on trouve le pont de la Solfaiara ^ et à un mille dans les termes , le

LAC SULPHÜREUX •

Les peuples latins consacrèrent, près de ce lac> une forêt et une fontaine au Oieu Faune • Toute l’Italie s’y rendait pour consulter les oracles, et pour recevoir leurs réponses . Le Roi Latinus même ne dédaigna pas de s’ y transporter en personne^avant de conclure le mariage de sa fille Lavinia avec Turnus .

Du tems du P. Kircher , ce lac avait environ un mille de tour, mais présentement, sa circonférence est beaucoup diminuée 5 son petit diamètre n’est que de 80 pieds et le plus grand de 160 . Cette grande différence de configuration et de tour provient de certaines petites isles qui se forment sur ce lac y ainsi que nous allons l’expliquer .

Les matières grasses et bîtumîneuses,que cé lac exhale continuellement , forment , ‘ dans la suite des tems , une espèce de ternissure sur la surface de l’eau : le vent y transportant à chaque instant la poussière et la semence des plantes voisines , les germes s’y développent : lès racines et les feuilles de ces nouvelles plantes se réunissent , se lient entre elles tellement

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qu^elîes formeat , après plusieurs années ^ un Corps attaché, compact^ d’autant plus lié, qu’il l’est avec la matière sulfurique , et qui enfin prend exactement la forme d’ une isle , Ces Corps bitumineux étant moins pesans que l’eau> l’observateur a le. plaisir de les voir transportés ça et là 5 au gré des vents , sur la superficie de l’eau du lac, et cette circonstance leur a fait donner le nom d’isles fiottantes . Mai^ comme il arrive par fois que quelqu’ une de C;es isles va se réunir , s’attacher au bord , et former une péninsule , il est alors facile de donner la raison des changemens divers qui paraissent dans la forme du lac ,

Il y a une infinité de ces petites Mes sur ce }ac 5 mais leur diamètre n’a jamais eu au de là. de lo pieds , Le P. Kircher appelle ce lac un ‘abyme sans fond,cependant divers ccdinaisseurs^ l’ayant mesuré avec la sonde , ils ont trouvé, près des bords, une profondeur de 6o pieds, et de 1 7 2 dans le, milieu . Ainsi ce savant eut tort de l’appeller jFoî;ea imperscrutahilis profundi-^ iatis ..... ^

Cette eau exhale une odeur de soufre , et si l’on y jette une pierre,on voit se former a l’instant une ébullition dont la durée peut être de dix minutes »

PONT LUC Am.

Après être rentré dans le grand chemin 5 oi| arrive au Pont Lucano^ ainsi appelle , soit parce que les Romains y défirent les Lucains avec le secours de Tiburtins leurs alliés >. soit par-»

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6c qu^l y avait, dans les environs , des bois et des forêts consacrés aux Divinités , qu’onnommait Luci , soit enfin parce qu’il fut probablement construit par M. Plautius Lucanus . Sou» le règne de Vespasien , ce pont fut embelli par Tibère Plautius qui érigea , prés du grand chemin 5 le magnifique

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