TOMBEAU DE LA FAMILLE PLAUTIA
Les inscriptions de ce tombeau ne laissent point douter qu’il n’appartînt à la famille PUiU” tia qui fut originaire de Tivoli > et illustre par les Consulats , les Censures et les Triomphes pendant la République Romaine et sous 1’ Empire . L’inscription qu’on voit dans le milieu , est du VIIL siècle de Rome , et celle qu’ on lit à côté, est du IX, époque du régne de Vespasien. On observe qu’à k première inscription on en a ajouté une troisième qui concernait îus Plautius 5 enfant de neuf ans ; elle n’a fait qu’obscurcir le sens de Pautre pour les Antiquaires modernes .
Ce tombeau est de forme ronde dans le haut. Dans le bas , la façade qui regarde le chemin est carrée^ élégante, et ornée de colonnes , Le monument est construit en pierre Tiburtine , et ressemble assez à celui de Cecilia Mrtella , situé sur la voie Appienne : On voit qu’ il a servi aussi de forteresse dans les bas siècles «
A un mille et demi de distance de ce tombeau , on trouve la
riLLA ADRIENNE •
Après avoir parcouru plusieurs fois le vaste Empiiie Romain , P Empereur Adrien voulut réunir tout ce qu’il y avait de plus rare dans la Grèce 5 dans l’Egypte et dans l’Asie : k cet effet , il choisit la Vdla Tiburtine pour y étaler toute la pompe et la grandeur Romaine .
Outre les maisons et les édifices magnifiques que cette Villa renfermait 3 il y avait encore trois majestueux théâtres^de formes différentes et étrangères pour les Romains . Si l’ on doit ajouter foi à Spartianus^ chaque partie de cette Villa portait le nom de la Ville , ou du lieu particulier dont elle contenait les principaux édifices ou monumens 35 Tiburtinam Villam miré œdificavit^t in eâ et provinciarum et lo* eorum celeberrima nomina inscriberet 3 et veluti Canopum 3 Pœcilem 3 Tempe vocuret 3 et ut nihil prœtermitteret 3 etiam inféras Jînxit •
11 ne reste aujourd’huy que trCs-peu de vestiges de tous ces admirables édifices , les Goths les ayant presque tous détruits pendant le long séjour qu’ils y Ont fait.Désirant cependant satisfaire la curiosité des Observateurs 3 je n’ épargnerai aucun soin pour y réussir . Une étude assidue des ouvrages de Spartianus 3 de Ligofio 3 de Marzi 3 de Kircher 3 de Cabrai et de Rè 3 est d’une grande utilité pour bien décrire ce lieu remarquable.
Théâtre dans la Villa Adrienne •
Le premier monument que l’on trouve dans cette Villa 5 est un théâtre : on y voit enco-^ re présentement les sièges , la scène , les chambres des Acteurs , l’orchestre et les portiques . Tout étant découvert au)ourd’huy,oa ne peut en douter ; mais Ligorio ne pouvait reconnaître pour tels ces objets , parce qu’ ils étaient alors couverts de ronces .
Hippodrome de la Villa Adrienne •
Il y a du côté du couchant ^ un espace entouré de portiques ^ il a 352 pied^ de long sur 242 de large , On croit qu’il servait de manège . On n’y voit maintenant que quelques niches et quelques restes de peu d’ importance ^ au milieu des oliviers qui ombragent ce sîte /
Edifice avec une Fontaine •
Il y avait près du Casin du Comte Fédé, un édifice dans lequel on découvre encore des niches pour des statues 5 et une grotte semicirculaire 5 ornée de verdure , qui servait de fontaine et près de laquelle est une chambie remarquable pour les divers stucs bien conservés dont la voûte est décorée , D’ici on passe par un chemin qui conduit au
Pœcile .
Cest an mur qui a 592 pieds de long auquel étaieat appuyés deux portiques , l’un au Septentrion 5 l’autre au Mi Ji , et dont les faça« des donnaient sur deux vastes places . Le Pæcile à Athènes était un portique orné de superbes peintures , représentant les belles actions des Athéniens J élégamment peintes par Polygnote .
Les ruines 3 que l’on trouve sur la place du Pœcile près de ces portiques , sont celtes du lieu oh l’Empereur et les personnages distingués^se plaçaient pour assister aux jeux des armes qu’on y représentait .
Temple des S toicîens .
Ce monument est ainsi appellé des sept niches dans lesquelles on suppose qu’ont été placées les statues des sept Sages . Pyrrus Ligorio rapporte que l’intérieur de ce Temple ét^it recouvert d’un ancien placage de porphy re .
Théâtre M aritime .
Cest un vaste portique de forme circulaire au milieu duquel on voit les vestiges d’ autres édifices . Il n’y a pas long tems qu’iî était encore décoré de figures de monstres marins- ; c’est ce qui fait croire 5 ainsi que le pensent quelques auteurs célèbres 3 que cet édifice a servi de théâtre maritime . Quoiqu’il en soit, il n’y a que des guides peu instruits qui puis-
sent dire à des Etrangers y que cet édifice a été un serrail pour les animaux .
Bibliothèque .
En sortant de ce théâtre maritime , on voit à gauche 5 quelques ruines de chambres dont la voûte est eiicore ornée de peintures . Les ruines et le lieu où étaient placées les colonnes d’ordre corinthien^qui y ont été trouvées, font conjecturer que. ces chambres faisaient partie de la bibliothèque : il y avait deux escalier$: pour monter au premier étage , dont on voit aujourd’huy aucun vestige .
Temples de Diane et de Vénus •
En revenant au Temple des Stoïciens j et en prenant à gauche , on voit les restes de deux Temples avec leurs niches , que l’on croit avoir appartenu à Diane et à Vénus ,
Balais Impérial ,
On conjecture que sur cet endroit plus élevé que les autres , a été le palais impérial . On compte plusieurs divisions dans ce somptueux édifice qui a deux étages : les murs du premier 5 quoiqu’élevés au dessus du terrein j sont doubles en plusieurs parties 9 et bien que f’on n’en connaisse pas la raison ? on peut croire toutefois que ce fût pour les garantir de l’humidité . Un trou sert maintenant d’entrée â ce palais ; et après y avoir passé ^ on trou-
ve une galerie carrée^qui fait le tour de la cour, et dans laquelle on apperçoit encore quelques traces de peintures à, fresque .
Palais de la Maison Impériale .
On présume que le mur^ placé près de ce palais , fît partie d’un édifice destiné au logement de la suite de l’Empereur
Temple d’^Jpollon
Près de ce mur , sont les ruines du Temple d’ Apollon' avec les niches pour les neuf Muses . Il existe encore une porte du Templej mais l’autre est presqu’entièrement (Jéttuite «
Les Casernes
En traversant la place du Pœcile , et en arrivant au mur opposé , semblable en tout au précédent , on entre, par une brèche,dans l’endroit appellé communément les cent chambres : quelques unes sont à deux étages suivant la pente ou l’élévation du terrein . Ces chambres n’ avaient entr’ elles aucune communication 5 ni d'autre ouverture que la porte qui est sur la rue , et qui servait aussi de fenêtre .
Quelques uns pensent que cet édifice était la caserne des Gardes, de 1’ Emp^^reur : d’ autres soutiennent le contraire : mais je serais presque de l’avis des premiers: car ce qui rend leur sentiment plus probable , c’est qu’on voit au dessus de l’angle, formé de deux murs , une
tour circulaire oh est une habitation distinguée, plus :ommode , et qu’on peut raisonnablement suî)poser avoir été destinée au Capitaine des Gardes impériales ^
Thermes des Femmes •
En sortant de ces chambres , on prend la droite , et les premières ruines , que l’on trouve à gauche , sont les Thermes ou bains qui étaient destinés aux femmes . Tout le monde sait qu’il devait y avoir dans les Thermes au moins cinq sortes de chambres diverses, appelïéesFrigidaria{cdÏQs dans lesquelles étaient les bains froids ) Tepidaria , oii était l’eau tiède ; Calidaria^pouv l’eau chaude ; Sudatoria^à^m lesquelles on excitait la sueur par l’air chaud , et enfin Unctuaria^oh l’on se parfumait en sortant des bains , comme le rapporte André Bracci dans son ouvrage intitulé , de Thermis terum . D’après ce qui a été dit , on ne doit pas s’étonner de voir les superbes ruines dont ce site est couvert , et qui peuvent servir à faire connaître l’immensité et la magnificence de l’édifice dont elles faisaient partie .
Thermes des Hommes ^
Ces Thermes étaient à Quelque distance des précédens , et ne leur étaient pas inférieurs en magnificence . Spart ianus assure , dans la vie d’Adrien , que cet Empereu avait fait construire des Thermes séparés pour les hommes
et pour les femmes . Aujourd^huy, on ne voit que de misérables restes des premiers •
Ecoles Philosophiques ,
A’ quelque distance de ces Thermes , il y avait quatre salons voûtés , et communiquant ontr’eux * On y appeieoit encore quelques restes de peinture qui servent à indiquer que ce lieu était autrefois élégamment orné dans tous les genres . On admire aussi les stucs parfaitement exécutés dans une des voûtes , et je pense que ces salons étaient destinés aux études de la philosophie •
Habitation des Philosophes .
Elle était vis-à-vis des écoles ^ et dans droit où l’on en voit les ruines .
Canope •
Tout Pédifîce était , a l’égyntienne , rempli d’eau : il est aujoiirû’huy couvert de vignes \ et pour peu que l’on y creuse le sol , on découvre aussitôt le pavé sur lequel 1’ eau coulait autrefois .
Cet édifice représentait le Temple dédié à Serapîs dans la Ville de Canope ^ située près d’Alexandrie . Il y avait dans cet endroit suivant quelques Ecrivains , un canal plein d’eau auquel se rendait , nuit et jour , une foule immense de peuple chantant , dansant sur des barques3et s’abandonnant à toutes sor-
tes de passion^ et de plaisirs . tes Oracles , qu’on rendait dans ce Temple 5 y attiraient ce concours infini et continuel d’hommes et de femmes . Adrien fit exécuter le canal et le Temple dans une vallée de sa Villa ^ qui avait 588 pieds de long et 226 de large . On observe dans ce Temple plusieurs niches où étaient placées des statues 5 aux pieds desquelles l’eau sortait comme de plusieurs fontaines . On voit encore autour de ce Templcjune galerie peinte et dans laquelle passaient divers canaux. Il y dans l’épaisseur des murs ; des petites cellules cachées derrières les niches : elles servaient aux prêtres pour monter secrètement dans la voûte supérieure *
Construction appartenant au Canope .
Cette construction qui se trouve au commencement du côté occidehtal 5 était de la même longueur que le Canope dont il dépendait . Il y en avait une semblable du côté opposé qui y correspondait , On voit à une certaine hauteur 3 hors des murs , de grosses pierres , conservant quelques traces de corniche . On peut raisonnablement conjecturer qu’elles soutenaient alors une balustrade 3 ou balcon 3 destiné à ceux qui voulaient jouir du spectacle des fêtes de Sérapîs-. Les chambres de cet édifice pouvaient bien rappeller ces lieux de débaurbe que les auteurs déjà cités assurent avoir existé dans le Canope d’Egypte •
En sortant de la Villa Adri'enne 5 et en rentrant dans le grand chemin 3- on voit à droi-
te 5 et k un quart de mille , avant d’ arriver à Tivoli 5 le