V EGLISE DE S. GRÉGOIRE
La maison de la famille Anicia , de laquelle descendait S. Grégoire le Grand , fut convertie , par ce Pontife , en un Monastère où il résida lui même jusqu’en 590 , époque où il fut appellé au Pontificat ; et en mémoire de l’Apôtre S. André , il y ordonna les fondations de 1’ Eglise qui existe aujourd’huy . Après sa mort , on construisit , sur sa maison , cette Eglise en son honneur: le Cardinal Scipion Borghèse y fit ajouter un double portique , la façade et l’escalier, sur les dessins de Jean Baptiste Soria. Clément XI renouvella l’Eglise, qui fut achevée en 1754 d’après les dessins de François Ferrari .
Le tableau du maître autel, exécuté par Antoine Balestra , Véronais ; le S. Romuald , par l’Imperiali ; la Vierge avec des Saints de l’ordre , par Pompée Battoni , sont des productions de quelque prix du siècle dernier , ainsi que la voûte qui a été peinte par Placide Costanzi . Cette Eglise est aujourd’huy sous la direction des Religieux Camaldules , fondés par S. Romuald vers l’an 970.
A droite de la façade de cette Eglise,on volt trois chapelles contiguës dédiées à Ste. Silvie , à S« André et à Ste. Barbe : elles furent renouvelées par le Cardmal Baronius . L’autel de la chapelle de Ste. Silvie, mère de S. Grégoire, est orné d’albàtre fleuri , et de deux colonnes de porphyre verd très-rare : la statue de la Sainte a été exécutée par Nicolas Cordierî , écolier du Bonarotti . La voûte de la tribune
fut peinte à fresque en r^o8,par le > Guide* d’après les ordres du Cardinal Borghèse. Le peintre y a représenté un conceit d’ Anges , ouvrage fort estimé , quoiqu’il ne soit pas des plus remarquables de ce grand Maître .
La Chapelle de S. André a été construite sur les dessins du Dominiquin qui a peint 5 sur un côté , la flagellation.du Saint , ouvrage célèbre par l’expression , la correction du dessin et la force du coloris : on peut le considérer comme un véritable chef-d’œuvre . Sur le côté vis-à-vis 5 le Guide a peint le pendant * .c’est 4 dire , l’Adoration de la croix par S. André avant son martyre ; tableau d’un grand mérite 3 et exécuté avec 1’ habileté du Maître * mais moins estimé que le précédent . L’autel sur lequel est un tableau représentant la Vierge r S. André et S. Grégoire* est orné de deux colonnes de verd antique .
On observe dans la troisième chapelle , dédiée à Ste. Barbe 5 une statue de' S. Grégoire assis * ébauchée par Michel-Ange 5 et achevée par Cordiéri . Douze pèlerins * servis par S. Grégoire même * mangeaient tous les jours sur la table placée dans le milieu de la Chapelle * et le Saint y ayant un jour apperçu un Ange assis à l’un des angles 5 se détermina à y admettre un treizième pauvre .
Sortant de cette chapelle , on remarque en face les vestiges du palais des Césars sur le mont Palatin . 11 ne reste de ce superbe édifice , qui était situé sur la hauteur , qu’ un grand nombre d’arches les unes au dessus des autres * et des piliers en muraille * mutilés et
rompus 5 maïs qui laissent cependant ampère evoir encore quelque trace des beaux portiques et des façades qui ornaient ce palais : on voit croître , au dessus de ces restes, le lierre , des arbustes qui offrent des points de Vue assez pittoresques, et dont le*s peintres font un grand usage dans la composition dé leurs tableaux ,
Près du pied du Mont Palatin et de la montée moderne , était le Septizone de Septime Sévère , dont on voit encore un reste sur cette ''même montée : cet Empereur C’avait destiné à former l’entrée principale du -Palais . On doit reconnaître que ce fut ici que Romulus plaça la porté Capena, quand il établit son enceinte de Rôme ; et c’est par cette même porte que sortit l’infortunée sœur des Horaces pour aller à la rencontre de son frère qui la tua dans sa fureur . Cette porte fut ensuite transportée par Ancus Marius à l’ extrémité de la plus prochaine vallée , qui est entre PAventin et Le Cœlius , lorsqu’ il renferma cette même vallée dans les murs de Rome .
En tournant à gauche,le long de la troisième chapelle , on monte par l’ancien Clivas Seau ri ; mais avant de monter , il est bien de savoir que les anciens distinguèrent la partie, à droite de celui qui monte, et là où nous avons vu l’Eglise de S. Grégoire et les trois chapelles qui y sont annexées , par la dénomination de Cœliolus , et que la partie à gauche, plus étendue, formait ce qu’ils appelèrent le Cœlius . C’ est au commencement de celui-ci qu’on trouve