MUSEE CAPITOLIN
Les deux palais latéraux avaient été construits sur les dessins de Bonarotti : ils furent achevés par Innocent X et par Alexandre VII avec cette fenêtre du milieu , idée capricieuse de Jacques dal Duca . Dans celui qui est à droite , Innocent X ayant commencé la collection des monumens antiques du Musée actuel, Clément XII 5 Benoit XIV et Clément XIII y ajoutèrent des objets précieux ; et présentement Pie VII en a aussi réuni d’autres en leur donnant une nouvelle disposition fort di érente de celle qu’on trouve dans les descriptions précédentes .
Comme 011 a crû qu’il était impossible de suivre le sentiment de la description imprimée 9 et des Itinéraires , on a dû s’étendre par fois sur quelques nouvelles opinions relativement aux sujets des monumens , et en rapporter d’autres , en les laissant dans leur incertitude .
Du majestueux portique extérieur , soutenu par des colonnes Joniques et des architra-
ves unies avec des voûtes d’ogive , ornées de stucs dorés et des armoiries d’Alexandre VII y .on passe , par un petit vestibule fermé d’une grille , dans un autre portique intérieur à trois arcades * recevant le jour d’une cour , au fond de laquelle est en face une fontaine , et au dessus une statue colossale couchée , représentant, suivant quelques uns , l’Océan ; mais suivant d’autres, avec plus de probabilité, le Rhin; elle appartient peut-être à la statue colossale , en bronze, de Domitien , existant autrefois au milieu du Forum Romain i elle fut appelle Mar/orio dans les siècles passés , peut-être du Forum que P on croyait être de Mars près duquel elle était exposée à côté de S. Martine 3 où l’on en conserve encore la mémoire gravé sur une pierre placée au dessus d’une porte e C’est ce Marforio auquel les Romains avaient* coutume , dans ces derniers tems , d’attribu er plusieurs bons mots , en le mettant , souvent en colloque avec Pasquin . Deux colonnes de granit ornent l’ordre de la fontaine , et ont , dans le milieu , une inscription en marbre , et le buste de Clément XI ï . On observe, sur la balustrade ., quatre grands bustes en marbre , parmi lesquels un de Diane à moitié nue , ouvrage moderne de Thomas Porta , Milanais . Au bas des niches latérales sont deux satyres en forme de Téiamons , trouvés dans la petite place appellée , par cette raison , des satyres , où fut autrefois l’orchestre antique du Théâtre de Pompée ; et quatre colonnes de Cipolin , une de chaque côté des niches , supportant un buste en marbre ,. Les murs latéraux de la cour
sont ornés d’inscriptions relatives aux Cohortes prétoriennes , avec trois faisceaux consulaires en bas-relief , cinq rosaces et autres ornemens légers que quelques personnes prétendent être du XV. siècle . On voit dans le bas quatre bustes de grandeur colossale de Trajan, jeune encore, d’une femme inconnue , de Tibère et d’un homme également inconnu } deux sarcophages et six hermès pareillement inconnus et communs .
Revenant au bras du portique , à la gauche de l’entrée , on observe , au dessous de l’arc, une idole égyptienne , représentant une femme que l’on prend pour une lsis avec des hiéroglyphes de basalte noir, du plus antinue style égyptien , trouvée , avec son pendant , dans les jardins de Salluste près de là Porte Salara ; à droite et à gauche, les statues de l’Abondance , d’une Dame Romaine voilée , posée sur un cippc avec une inscription antique appartenant à Caïus Cestius , trouvé près de sâ pyramide lorsqu’Alexandre VII la fit restaurer. Vient une autre statue de femme voilée en forme de Cérès , et au dessous , un fragment en bàs-relief, allusif à la fondation de la Ville d’Albe . Ensuite , une autre statue de femme , le fragment en marbre violet d’un esclave , sculpture du teins de Trajan , tombé de l’arc de Constantin . On lit dans la plinthe écrit de tems antique ad arcvm : ce morceau fut remplacé dans l’arc , quand Clément XII fit restaurer ce monument : il pose sur un chapiteau de marbre de Luni , tiré des Thermes d’Antonin : la tête colossale de Cybèle fut trouvéç dans la
Villa Adrienne 3 et le piédestal au dessous , à la place de Pietra ; on y remarque une figure en bas-relief 3 représentant une province peutetre la Dace 3 quoique le nom qui y est gravé depuis peu 3 la désigne pour la Hongrie . En continuant le tour 3 on voit 3 après les faisceaux consulaires 3 qui sont au dessus de la , porte , une statue de femme inconnue : une Bacchante tenant un erotalum de la main droire et un crépit aculutn sous le pied ; un sarcophage dans le bas , avec une bacchanale d*un bon travail , mais rongé 3 qui a été transporté ici du Couvent du Champ de Mars en
12 j suit la statue d’un Apollon avec la lyre j posé sur un cippe ayant une inscription de Caius Cestius semblable à celle qui est en face ; une Pallas * statue colossale , posée entre un torse colossal , nud 3 peut-être d’nn Auguste 5 trouvé à Bevagna 3 et une jambe de l’Hercule qui assomme l’Hydre?dont nous parlerons ; et enfin la statue d’un Endymion placé sur un cippe qui a * dans ses cotés 5 une inscription dédicatoire de l’an 321 de l’ère vulgaire .
Au delà de la porte d’entrée est une statue de Diane succinta et le chien • une autre Diane colossale entre deux fragmens d’une lia 3 et d’un Hercule ; puis un Mercure 3 un Jupiter Elicien avec la foudre 5 et au dessous 3 un sarcophage sur lequel sont représentées la chasse et l’histoire de Méléagre et d’Atalante , transportées ici de l’escalier frAracœli en 1812. Vis à-vis est ,un Adrien voilé 3 comme grand Pontife 3 et au dessous un sarcophage avec un por-
trait inconnu 5 et des génies ? transporté avec le précédent . Vient un groupe de Polyphénie qui a une figure nue étendue a ses pieds 5 et après au dessous de l’arc $ une lsis 5 ou plutôt une de ses prêtresses 9 de granit rouge ? tiouvée avec le dit pendant de basalte 3 dans les Jardins de Salluste , et enfin une statue de l’Immortalité . v
Après avoir monté la marche 9 on voit a droite un Mars déjà célèbre sous la dénomination de Pyrrus , trouvé sur l’Aventin, et transporté ici du palais de Massimi aux Colonnes . Cette statue représente un Mars Chypriotte ; on le reconnaît pour tel ? à cause d’une autre statue entièrement semblable 3 trouvée près de Gubbio , et illustrée avec une gravure par Ranghiasci . En. examinant cette statue et une autre de Villa Pinciana , on doit supposer que la capitoline a les jambes couvertes avec des bottines ou brodequins . On voit dans le fond la statue d’Hercule qui tue l’Hÿdre ; elle a été tirée du palais Vérospi , où elle avait été portée de S. Agnès ; enfin le célèbre fragment de porphyre existant autrefois au bas de l’escalier d’Aracœli y et transporté ici en Octobre 1818: le plus remarquable travail que l’on connaisse en ce genre 3 et représentant peut-être une Pallas .
Entrant maintenant dans les Chambres de plain-pied au rez de chaussée , on obsetve dans la première , appellée le Canope 5 différentes idoles égyptiennes 5 trouvées presque toutes dans la Villa Adrienne à Tivoli 5 sous le Pontificat de Benoit XIV qui les fit placer
ici. Huit de ces idoles , situées dans autant de ni ch es., sont j en partie de basalte, et en partie de marbre ; il y en a quatre d’hommes et quatie de femmes . On y distingue quelques Divinités, quelques Rois et prêtres : plusieurs sont d’un style qui rappelle le tems d’Adrien . la neuvième niche contient une statue, de marbre grec , du Dieu Anubis , ou Mercure des Grecs , trouvée près du port d’ Anzio , dans la Villa du Prince Panfilj ; elle est vêtue et succinta , avec une tête de chien , le sistre dans la main droite , le caducée dans la gauche , et sur sa tête une fleur de l’arbre Lotos # Le bas-relief , en terre cuite , représente un portique sur le bord du Nil ; il fut transporté ici. de Ste. Sabine . Au dessus d’une petite colonne , placée au milieu de la chambre , on voit un hermès à double face d’Isis et du boeuf Apis avec son pied tombant sur une fleur de l’aibre Lotos • Il y a , tout à l5 entour , sur le graain, deux guénons , de figure et de poses diverses ; un buste d’Isis en basalte , un crocodile , deux fragmens d’idoles , un petit Canope en basalte, et une tête excellente de l’Empereur Adrien , trouvée dans sa Villa .
Passant à la seconde chambre , que l’on ap- Pe^e lapidaire , des inscriptions en marbre enchâssées dans le mur , on voit tout autour quatie bustes inconnus, une figure de femme couchée avec une inscription grecque , le cippe sépulcral de Marc Ebutius , sur lequel sont des instrumens d’architecture; et celui de T. Statilius Aprus , mesureur d’ édifices avec son portrait en figure entière ; le portrait en
demi-figure de sa Femme Horcivia • Antide dans une coquille , et un sanglier , Aper 9 mort à ses pieds , symbole de son nom en latin ; un marbre sur lequel on a sculpté le pied romain , et d’autres ustensiles d’architecture ; un jeune homme en toge, couché, ayant une inscription ; une colonne avec inscription grecque d’ Annia Regilla , femme d’ Hérode^Atticus : elle a servi ensuite de colonne milliaire avec 1’ inscription latine de Maxence : elle fut trouvée dans le jardin de S. Enscbe . Un autre cippe écrit sur les quatre faces appartenant à Vétius Agorius Prætextatus , et à Aconia Paulina sa femme ; une colonne avec différents instrumens pour construction, et enfin le grand piédestal transporté d’Albano ici , qui représente^ les douze travaux d’ Hercule sculptés sur les quatre côtés ; c’est à dire ,