‹ Description de Rome (volume 4)Chapitre 45 sur 63 · SALON · texte numérisé non relu

SALON

Cette pièce est décorée de deux colonnes de la Porte Sainte et de 38 bustes inconnus * dont onze ont été ajoutés en 181$ : ces derniers sont de peu de valeur en comparaison de la respectable collection de statues qui est dans ce salon, et qui ne le cède à aucune autre :

mais nous n’en donnerons maintenant qu’une idée en commençant k la droite de l’entrée . La première statue "est une Minerve âvec l’égide sur la poitrine * plus grande que nature . Suit une des Muses ayant des plumes sur la tête 5 allusives à la Victoire remportée sur les Syrènes ; un groupe de Mars et de Vénus qui sont des portraits de romains inconnus 3 trouvé dans l’Isle sacrée; une Amazone blessée au dessous du sein droit ; une autre bandant son arc5plus grande que nature ; une troisième également blessée ; une Vénus nue3de grandeur naturelle; un Apolion5une Hygie; ensuite un Harpocrate , Dieu du silence avec une fleur du lotos sur la tête 5 très belle statue trouvée dans 1a Villa Adrienne en 1744; la statue plus grande que nature^d’un Affranchi appellé.Polytirne * ( peut-être célèbre par son habileté à la chasse) trouvée près des murs de la Porte Latine en 1747: Diane chasseresse^qui n’est pas jhccincta, prenant une flèche dans son carquois ; le buste colossal d’Antonin le Pieux ; la statue plus grande que nature 5 qu’on prend pour la Clemence ; une Muse , statue fondue pour ainsi dire dans les restaurations modernes ; une autre qu’on prend pour Hécube 3 femme de Priam , ayant une tête moderne ^ vulgairement appeilée la prœfîca , ou la pleureuse , nom donné aux femmes qu’on payait pour accompagner les funérailles; un soi-disant Pancracias, statue louée aussi par Winckelmann ^ plus vraisemblablement un Mercure représenté , comme le Dieu du nombre ? dans l’action de jeter le sort avec la main droite : PtoloméeRoi d’Egyp-

te, statue de grandeur naturelle : Isîs caractérisée par la fleur du lotos qu’elle a sur la tête , et par son manteau noué sur la poitrine , figure rare et élégante . Hercule presque colossal avec les pommes dans la main gauche et la massue dans la droite , statue de bronze doré , trouvée sous Sixte IV , entre le grand Cirque et l’école grecque, près le Forum Boa rium et 1 9 Ara Maxima , placée par les ordres de ce Pontife dans le palais des Conservateurs, et transportée ici en ï 8 1 6 ; cette statue^ couronnée d’olivier et disposée de manière a pouvoir être ornée d’enseignes triomphales à l’occasion d’ un triomphe , peut être prise pour l’Hercule vainqueur ou triomphateur antique de cette contrée : elle est placée sur un autel antique dédié à la Fortune qui* y est représentée assise avec un gouvernail , et la corne d’abondance , symboles répétés sur les côtés avec le caducée , simbole de la paix ; une statue voilée sous la forme d’une Vestale qui par les traits ressemble à Julie Fia , femme de Septime Sévère ; une statue avec la toge , plus grande que nature , qu’on croit de C. Marius ; cela est contredit par l’écrin qui est à ses pieds et par sa tête qui est moderne • Adrien nud , avec le bouclier sous la forme d’Achille , trouvé à Ceprano , et auquel on a ajouté, dans ces derniers tems , le parazonium : la statue nue d’un Athlète ; Lucille , épouse de Lucius Vérus , sous la forme de Cérès ; Auguste nud y statue au dessus de la grandeur naturelle ; le buste colossal de Trajan portant une couronne civique de chêne , et dans le milieu un camee

avec l’aigle; Minerve armée d’une lance et d’un bouclier, transportée ici de la Villa d’Est à Tivoli ; Apollon Pythien avec la lyre et le trépied , statue demi-colossale , et un beau Faune qui a appartenu à la Maison Cavalieri .

En nous retournant maintenant vers les momimens rares , placés en ligne dans le milieu 3 3e premier est la statue d’un Jupiter , tenant la .foudre , de gris noiré antique , placée sur un autel rond où l’on a sculpté tout-autour les %ures d’Apollon , de Diane , et de Mercure * de style étrusque: l’une et l’autre ont été trouvées au Port d’Anzîo avec i’Anubis dont il a été parlé . Vient l’un des deux Centaures de gris noiré antique , découverts tous les deux dans la Villa Adrienne à Tivoli , et possédés autrefois par le Card. Furietti , ouvrages célèbres d’Aristée et Papia , sculpteurs Jphrodisienses , qui y placèrent leurs noms sur la plinthe • Celui-ci représente un Centaure jeune , vaincu par l’amour qui le montait , dont al ne reste que la trace , qui est encore sur celui du Vatican . Ali milieu est un Hercule enfant , en basalte verd , trouvé sur le mont Aventin , dans la vigne Massimi , et acheté par le Sénat deux mille écus romains ( 10,700 francs ) ; statue colossale , placée sur un autel antique , d’excellent travail : On voit sculpté sur les quatre faces , Jupiter naissant de Rhêa qui est assise au moment de l’accouchement ; le secret qu’on en fait à Saturne auquel elle présente à dévorer une pierre emmaillottée: l’éducation du même Jupiter , nourri par la chèvre Amalthée , en présence de deux Coriban-

tes, avec l’Isle de Crète personnifiée ; et enfla Jupiter assis sur un trône au milieu des Divinités de premier ordre , qui le reconnaissent pour leur souverain , et lui font la cour . Vient ensuite l’autre Centaure' de même marbre , et des mêmes Artistes, que son pendant décrit cidessus . Celui-ci est vieux , privé du génie de Bacchus qui était sur son dos, et qui peut-être le tenait enchaîné , avec la férule en main, indiquant ainsi qu’il l’avait dompté ; car suivant les Mythologistes , c’est par le vin que fut détruite cette race indomptable et féroce :• il est vrai qu’il ne reste que la trace du génie ; mais envoyait celui-ci sur le Centaure delaf7//a Pinciana , de manière à ne pas en douter : enfin le dernier monument est un Esculape en gris noire antique : il est placé sur un autel au devant duquel on voit six figures sculptées faisant un sacrifice : elles représentent deux jeunes gens aids en héros ,. deux femmes , dont une voilée près de l’autel , et deux prêtres également voilés , portant une espèce d'Acerra où était l’encens pour le sacrifice . On prétend que les deux Victoires , qui soutiennent l’écusson de Clément XII , ont été enlevées de l’are qu’on donne à Marc-Aurèle, et qui fut détruit^ en i662,pour aligner la rue du Cours ; mais elles paraissent entièrement retouchées , et même faites à neuf. On entre maintenant dans k

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