CHAMBRE DU FAUNE DE ROUGE ANTIQUE
Cette chambre prend son nom de cette belle et rare figure qu’on observe dans le milieu ; et elle a * comme les autres * ses murs inscrustés de plusieurs savantes inscriptions * parmi lesquelles on en distingue une en métal* qui n’est point entière* et contenant les privilèges accordés par le Sénat à l’Empereur V espasien; inscription connue sous le nom de loi royale*commentée par tant de plumes savantes elle a été transportée ici de S. Jean de Latran : les bas-re^ liefs- enchâssés représentent* en commençant au dessus de la porte * les triomphes de l’Amour sur Mercure * Diane * Bacchus et Apollon dont il porte les distinctifs sur un char comme les dépouilles de son triomphe ; puis la forge de Vulcain , un sarcophage avec le. portrait d’une défunte, les. génies des Saisons et la vendange ; un soldat originaire de la Dace ; une., promenade par mer où Ton voit des. Néréides et des monstres marins : six autres façades d’urnes sépulcrales avec des figures et des ins-, criptions .
En commençant parla façade à la droite de l’entrée* on observe un Hercule Thermal* couvert d’une peau de lion puis sa tête colossale placée sur un autel dédié à. Neptune , qu’on y voit sculpté nud * avec le trident ; une petite statue de Diane chasseresse* transportée ici en 1815 ; la tête colossale de Bacchus sur un autre autel semblable * consacré à la Tranquillité, indiquée par un vaisseau qui traverse paisible-
ment la mer; un hermès d’Hercule sur un troisième autel , dédié aux Vents dont un sculpté souffle dans une limaçon de mer : les trois autels susdits ont été trouvés ait Port d’Anzio . Enfin un hermès Termal de femme habillée que le nom grec annonce être Aelia Patrofîla. La façade suivante a sur un cîppe le buste de Céthégus 3 placé- par son fils Graccus ; puis la tête d’un jeune homme qui pourrait bien être un Méléagre ; une tête de haut relief, que l’on croit celle de Thy dé e, parce qu’elle est couverte d’une peau de sanglier ; une autre tête de Junon sospitu > également couverte d’une peau changée en un ornement antique qui manquent qui y avait été appliqué avec une cheville en fer qu’on y voit encore ; il restait seulement derrière une espèce de coiffe ; une urne sépulcrale de querq^ tuix , sur laquelle on voit , élégamment sculpté, J^JVrmon endormi, ayant près de sa tête un sommeil -nifié arec les ailes de papillon , et plus haut , le u.~ Latmus assis ceint do la peau d un tauieau ; Diane, descendue de son char, s’appioche d’Endymion, guidée par les Amours qui lui découvrent le pasteur endormi; l’un d’eux porte le flambeau , l’autre retient, les coursiers du char , d’où descend la Deesse . Au devant des chevaux est une des heures ,, ailée , qui tient en main une guirlande de fleurs pour la donner à manger aux coursiers célestes : dans le haut , au dessus de ceux-ci , et plus loin , est la nuit personnifiée qui sort d’entie les serres d’une écrevisse : un vieux pasteur assis s’occupe au milieu de ses brebis , des travaux
'^.aS
cha mpêtres et delà garde de son troupeau dispersé suri 3, montagne.au sommet de laquelle on voit l’autel de Pan. Ici Diane parait de nouveau sur le point de partir , remontée sur son char : car déjà Leucothéa ,ou Matuta , ou le point du jour , s’élevant de terre , et sortant sa tête de son voile , la prévient que la lu mière va paraître , tandis que Lucifer portant un flambeau allumé * précède ses chevaux .. Ainsi l’idée et le travail de ce sarcophage en forment un monument des plus excellens : le couvercle n’en est pas moins savant * On observe sur le miliemfPluton avec Proserpine assis sur le trône ; un petit amour leur offre des. dons , et Mercure s’avance vers eux pour conduire l’âme de la défunte , qui de l’autre côté silencieuse- , triste et toute enveloppée daan ses. linceuls 3 s’approche de Plutôt* a la droite les, trois Parques y ^urs fonctions:
respective •: ô°nt suppliées par deux époux à, ^ax qui implorent leur compassion • A gauche ^ ces deux mêmes époux , assis sur le lit nuptial 3 semblent se réjouir de la grâce qu’ils ont obtenue 3 si toutefois iis n’expriment pas. leur séparation , ce qui parait; moins probable* On trouva ce monument 3 pendant le règne de Clément XII , en rétablissant l’Eglise de S.Eustache^ là ouest présentement Lemaître autel : il aura probablement servi ? dans l’ancienne Eglise, à la conservation des reliques . Vient ensuite un buste inconnu posé sur un autel d’Isis dont on voit, en face,le panier mystique, et Harpocrate sur le côté droit , le Dieu Anubis sur le gauche 7 et derrière différents in s cru-
mens de sacrifice : on le trouva en creusant les fondations de la Bibliothèque Cctsanatensîs ? vis-à-vis du College Romain , là ou étaient anciennement l’Isée etleSérapée, ou le lieu sacré de la réunion de plusieurs Divinités Egyptiennes 5 environné de murailles : ce monument a été illustré par Oliva • Puis on trouve un génie qui joue avec un masque de Silène ; la petite statue d’une Minerve ; une autre de grandeur naturelle indiquant l’Innocence $ celle d’une Lëda avec le Cygne , et tenant sa robe levée pour défendre celui-ci contre l’aigle , sujet assez commun ; une autre petite statue de Mars avec la tête peut-être d’un Achille , et une autre semblable d’Isis , sous une tête rapportée de Junon . Dans la façade suivante on voit un enfanc jouant avec un cygne , trouvé dans le chemin de Ste. Croix en Jérusalem, posé sur un autel dédié au Soleil , dont on voit le buste avec la tête rayonnante sur un aigle : à la droite sa figure est portée sur un char traîné par quatre hyppogriphes avec la Victoire qui la couronne ; et à gauche ^ la demi-figure de Saturne voilée avec une faulx en main., symbole du. tems . Ensuite un buste inconnu, puis une tête d’Aviadne , le masque colossal du Dieu Pan , et une autre tête de la même Ariadne qui a , ainsi que la précédente,les yeux rapportés et d’une matière différente . Le sarcophage sur lequel posent ces trois têtes, est aussi , comme celui qui est vis-à-vis 3 d’un travail excellent et très-bien conservé 3 quoiqu’ iL soit du plus haut relief , Il représente la dé» faite des Amazones par Télamoaqui de sa pro-
pre mairç * tua Ménalippe sœur d’Antiope leur Reine : ce fut ainsi qu’il détruisit sur la terre une armée de femmes qui faisait honte aux hommes : combattue d’abord par Hercule et par Thésée avec la massue *. cette armée fut ensuite détruite par Téiamon* non sans effusion de sang : les incidens de cette bataille y sont différemment exprimés : on y observe des groupes assez beaux * et plusieurs de ces guerrières étendues par terre et foulées aux pieds *. tandis que sur le couvercle, on voit différentes figures de ces prisonnières vaincues et enchaînées ; enfin un buste qui ressemble beaucoup à Adrien et sur le pied duquel est écrit latt^ Le Faune de rouge antique qui tient dans ses mains une grappe de raisin, la houlette * le cîialumeau,ayant à ses pieds un panier plein de raisins et une chèvre,est d’un, travail excellent*, et d’une matière assez rare; il a été tiré de la Villa Adrienne où il formait peut-être le pendant de celui qui est au Vatican . Il est placé sur un cippe antique ou autel de marbre dédié par. Scipion Horphyte ( Augure vivant peut-être sous Antonin le Pieux) à Jupiter Sérapis , pour accomplir un vœu : les sculptures en sont élégantes, mais on ne sait de queltems. On voit de front un guerrier couronné de laurier * monté sur un taureau ; il semble répandre des fruits sortis d’une corne d’abondance qui en est pleine r et. qu’il porte de la main gauche ; une femme*, couchée par terre* est tournée vers lui * et semble recevoir ces fruits dans son sein * ou un enfant les prend avec une sorte de grâce ; une porte et les murs d’ une ville
remplissent le fond . Du cote droit une Victoire érige un trophée en présence de Rome en cuirasse , tenant en main une lance , et assise sur un monceau d’armes , appuyant un de ses pieds sur une proue de vaisseau ; il n’a pas été fait mention de cette circonstance dans le dessin du quatrième Tome du Musée Capitolin . Sur le côté gauche la figure de ce guerrier, mais en toge et voilé , est au moment de faire des libations, sur la tête du taureau conduit par un ministre du sacrifice Si tout l’ensemble n’annonce pas l’érection d’une nouvelle colonie dans un pays d’abord inculte , rendu libre et cultivé à la suite de la Victoire navale de ce personnage Romain , on ne saurait quel autre sujet y reconnaître ? et l’inscription ne contredirait pas une telle idée • 11 nous reste à. voir maintenant la