CIRQUE DE CARACALLA
Ce Grque est suffisamment conservé pour que l'on puisse se former une idée de ces sortes d'édifices ? et pour connaître sa forme et les parties dont il était composé . On l'a appelle Cirque de Caracalla à cause de quelque ressemblance qu'il a avec celui que l'on voit sur les médailles de cet Empereur , et parce que la forme dans laquelle il est construit , semble appartenir à cette époque .
Ce Cirque consistait en un espace carré-long <ie Ï5492 pieds sur 238 de large : il était circulaire à l'une des extrémités, et presque droit de l'autre : il était entouré sur trois côtés par un portique qui avait 14 pieds de large , formé de deux murs de 4 pieds d'épaisseur chacun , et couvert d'une voûte rampante en forme d'un quart de cercle . Cette voûte soutenait dix rangs de gradins qui faisaient le tour du cirque , et qui pouvaient contenir 30,000 spectateurs . On entrait dans ce portique par plusieurs portes ouvertes dans le mur extérieur , où étaient aussi plusieu-rs fenè-
très . De ce portique ^ on montait aux gradins , ou sièges ^ par autant d'escaliers qu'il y avait de portes . Ces escaliers étaient ingénieusement formés dans le mur antérieur sur lequel appuyai^ la balustrade . On doit faire observer que la voûte , dans sa plus forte épaisseur, était construite de vases d'argille, vuides qui la rendai nt plus légère . Les portiques et les murailles extérieures étaient interrompus vers la partie sémi' irculaire , où le terrein fermait 5 il l'extérieur une hauteur , de sorte que de ce même endroit , nu lieu de nr.onter , on descenc'ait 5ur les gradins j quoiqu'ils fussent tous au mcme niveau .
Douze Carceres , ou barrières , et une porte dans le milieu 3 fermaient le quatrième coté eu Cirque : chacune de ces barrières formait un vuide carré d'environ 1 5 pieds 5 séparé par des murs de 3 pieds 3 pouces de grosseur . Elles étaient entièrement ouvertes à la partie postérieure du Cirque , et feimées sur le devant par une grille , lorsque le ( har attendait 5 dans le vuide , le moment du*déoart pour la course . La porte du milieu était à l'usage de ceux qui servaient les barrières . Ce côté finissait par deux tours placées à ses extrémités ; et de ces mêmes tours , il prenait le nom à^Oppidum . U n'y avait point de sièges pour le public dans VOppidum parce qu'il était réservé aux magistrats , et à tous ceux qui pouvaient avoir dus rapports avec la direction des jeux et avec les factioas <Hi ligues des cochers . '
Deux portes late'rales, ouvertes ï droite et ï gauche près des tours, ayant chacune i8 pieds 6 pouces de large , terminaient les côtis du cirque : la pompe entrait par la porte à droite, et sortait par celle qui était à gauche . Une autre porte, plus grande que toutes les autres, était dans le milieu du demi-cercle : c' était par cette ouverture que sortait le char victorieux . Les peintures , les marbres qui la décorai'^nt , démo itrent qu'elle était la porte triomphale : elle correspondait à la voie latine. Il y avait en ligne directe avec les seconds Metœy ou buts , une cinquième porte plus petite 5 ouverte dans le côté droit, sous les gradins . Elle servait pour sortir du Cirque les cadavres de ceux qui y étaient tués , et pour cette raison elle s'appellait lÀbitina^ et sandor pilariay de la bière qu'on nommait Sandapila .
Un soubassement qu' on appellait Spina y placé à 528 pieds de distance dtVOppidum , finissait à 172 pieds de la porte triomphale : cette spina n'était point dans le milieu ; mais elle laissait a droite un espace plus grand de Il pieds , que de l'autre côté , pour fournir aux chars une entrée plus spacieuse dans cet endroit qu'on appellait la linea d'où il était permis aux chars de commencer à agir afin de se mettre en possession des premiers termes placés à la fin de h Spina vers la partie semicirculaire .
Les deux extrémités de ce soubassement ou ^pina étaient ornées de ti'ois colonnes coniques qu'on appellait met^j? ou buts : les premières étaient vers la porte triomphale , là
oh les cochers commençaient le premier tour ;
les secondes ou dernières étaient vers VoppLÎ-' dum là 011 finissaient les courses , et celui qui y arrivait le pr<;mier , après le cinquième ou le septième tour , était reconnu et déclai'é vainqueur . Lqs gradins latéraux à droite avaient vis-à-vis les premiers buts, un pulvinarium^ espèce de loge magnifique ; et les gradins à gauche en avaient un en face des seconds j encore plus magnîFque ; on voit, derrière celui-ci, lej restes d'autres édifices contigus ,
Deux colonne jliées par une corniche,étaient éltvées à chacune des extrémités du soubassement ou Spina . On plsçait , sur deux de ces colonnes,sept dauphiis, et sur les deux autres, sept boules, en fouTiC de gros œufs dores : ces objets servaient à indiquer le nombre de tours parcourus, qu'une personne- montée sur une échelle à main^était chargée de ccmpter,en ôtant un des susdits objets à chaque tour que terminait le char , Les dauphins faisaient allusion à Neptune , Créateur du cheval , et les œufs , à Castor premier instituteur des courses .
L'Obélisque, qui décore aujourd'huy la place Navone , avait été érigé au milieu de ce soubassement , comme symbole du solçil auquel chaque Cirque était dédié. Les cirques privés d'Obélisque avaient à leur place , un petit Temple avec l'effigie du soleil sur le fronton , et peut-être on vit l' un et l'autre sur quelques uns .
On prétend qu'entre les termes , metœ 5 et le soubassement , il y avait, sous terre, un petit sanctuaire où Ton disait que le Dieu Consus Tûm,IIL H
était caclié, et l'on ne peut douter qu' il n' ait existé dans le Grand Cirque, C/rcw 5 Maximus» Peut-être y conservait*on le trépied , et tout ce qui ëtait nécessaire aux sacrifices qui précédaient les courses ?
Les cochers se divisaient en quatre factions par la couleur de leurs ornemens , c'est à dire par le verd , le bleu de ciel ^ le rouge et le. blanc 5 d'où les factions prirent les dénominations de Pr usina , Veneta 5 Russata et JI-. hâta : chacune avait ses partisans . Suétone dit que l' Empereur Caligula était si passioné pour la faction Prasina , qu'il demeurait , et dinait souvent dans son hôtellerie . Prasinae factioni ita addictus et deditus > ut cœnaret in stabulo assidue y et maneret .
H y a sur les cirques 5 €t particulièrement sur celui-cijunbel ouvrage posthume du Conseiller Jean Louis Bianconi , imprimé à Rome en 17S9 3 où l'on pourrait toutefois reprendre quelques assertions , d'après les récentes excavations faites sur place .