TEMPLE DE JUPITER TONNANT
Ces trois colonnes cannelléés de marbre grec 5 de 41 pieds de haut sur un diamètre de 4 pieds 4 pouces , sont du plus agréable et du plus élégant ordre Corinthien , On croit généralement qu'elles sont les restes d'un Temple érigé sur le penchant du Capitole par Auguste 5 et dédié à Jupiter Tonnant en action de grâces de ce que cet Empereur avait échappé à un coup de foudre dont fut tué un de ses es-
clav':s qui le précédait avec un flambeau 7 lorsqu'il voyageait de nuit dans l'expédition Cantabrica y OU de Tarragone .
L'emplacement ne permit pas que la longueur de ce Temple fût dans les proportions ordinaires: \t s ïohd^tions dix Tabula rium y mitent obstacle : toutefois ks colonnes , l'en-' tablement et les ornemens des ciselures sont très élégans , et spécialement les instriimens de sacrifice , sculptés dans la frire : il nt reste sur sa façade que ces lettres estitvhb. ; mais dans le m.ilieu du VllI, siècl- on y lisait : js.p. q. r,
IMPP. C^SS. SEV'ERVS El AîiTONINVS PU FE-
LICES AYGG. RESTITVERVNT . La restauration par ces Empereurs se trouve confirméelsur la frise qu'on a confondue , dans la façade , avec l'architrave , pour la réduire en tablette suivant le style même qu'ils a /aient fait suivre dans la restauration du Portiqu:; d'Octavie ; mais on doit dire que les lettres s. P. Q. R. furent ajoutées dans la dernière restauration faite par les Romains après Totila , ainsi qu'on l'a déclaré pour le précédent . Ce Temple fut le premier qui eut des murs con-Tuits avec de gros blocs de marbre . Dans son intérieur était la statue de jiipicer exécutée en bronze déliaque 3 par Léocras ^ en dehors étaient celles de ' Castor et PoUux , travail d'Egias i il y avait en outre de célèbres sculptures . Enfin dans le XV. siècle , il fut également détruit , parce qu'on voulut faire de la chaux de ses marbres, comme le rapporté André Fulvius ; et les trois colonnes ne seraient pas mêm.e restées , si la . tribune du Diaconat des SS.Sergius et-BacchuSi^
qui y était adhérente , comme le confirment ses vestiges , n^eût fat craindre aux destructeurs du Temple d^endommager la dite tribune en démolissant cet angle .
Près du côté gauche de ce Temple , on en a découvert un autre détruit 5 et des diffé, ente^ inscriptions qu''on y a trouvées 5 on infcrè que c'était Ctlui de la Concorde 5 érigé par Auguste dans l'endroit où était auparavant un Senacnlum y dont Livius et Festus font mention et qui servait aux MagistiTits et aux Sénateurs les plus anciens pour délibérer . Ce Temple ' éta-t magnifique , tout en marbre grec très blanc , d'où Ovide lui donna le ricm OQ'Candicîe : il eî^ist ait encore vers le milieu dû VllI. siècle. au point qi:i'on y liî^ait cette inscription : s. P. Q. R. ^DE>r CONCORDL^ TE- TVSTATE COTSLAPSAM IN MELIORE.M FACIEM OPERE ET CVLTV SPLENDIDIORE RESTITVE-
RVNT . Cette restauration ^ dans un édifice qui ne pDïte aucun nom d'Empereur , peut très bien être de l'époque des deux précédentes 5 époque à laquelle la conservation des monumens de Rome appartenait au Sénat et au Peuple romain . 11 est certain que ce dernier Temiple fut ent'èremient détruit avec les deux autres pour le même objet . Cet usage barbare de démolir les édifices pour faire de la chaux , de leurs mari res, fut suivi pendant tout le XV. siècle 5 comme on le voit dans Flavius Biondo 5 qui écrivait à Eugène IV pour s'en plaindre , mais inutilement : ca.r on continiiait du tejTJs de TAlbertino-, ainsi qn'on l'a vérifié par les fragmensquiyont été trouvés tout brîsé$
avec les massues^ et dont plusieurs étaient calcinés . Comme ces fragmens n'offrent aucun travail qui indique la décadence de Part à l'époque de la restauration , il convient d'en inférer que l'inscription y fut placée comme objet de pompe , ainsi que l' annonce son style ampoulé ; et peut-être cette restauration se borna-t-elle au renouvellement du lambris en bois , et à quelques réparations dans la façade .
Ces chapiteaux et ces Architraves doriques qu'on voit derrière cas deux temples , et sur lesquels le palais Sénatorial moderne est fondé 3 sont les restes du Tabularium ^ c'est z dire , du local où l'on conservait les décrets du Sénat et les lois . Il reste de cet édifice un triple portique dont l'extérieur était formé de grandes arcades de travertin qui existent encore , et qui sont soutenues par des fondations de marbre Albano , faites l'an 6*j6 de Rome 3 comme l'annonce une inscription qu'on y a vue^ et qui était ainsi conçue: q. lvtativs Q.
F. Q. N. CATVLVS COS. SVBSTRVCTIONEM ET TABVLARIVX EX S. C. FAClTîïDVîH CTRAVIT .
Les ouvertures , que l'on voit dans les fondations^furent faites lorsqu' on coupa leur massif dans des temps modernes . Au delà du Cordon , on trouve la