‹ Description de RomeChapitre 70 sur 269 · L'AMPHITÉATRE DE FLA\1US^ DIT LE COLISÉE · texte numérisé non relu

L'AMPHITÉATRE DE FLA\1US^ DIT LE COLISÉE

Au milieu de Rome , là oh. Néron avait forjpé son étang j Vespasien construisit cet Ani-

pbitéâtre , après avoir triomphé de la Judée,

afin d'exécuter le projet conçu par Auguste . Suétone dit : Jmphitheatrum Urbe média ut destinasse compeverat Augustam . Toutefois, il fut achevé et dédié par Tite son fils , l'an de Rome 833 . On dit que le nom de Colisée vient du célèbre colosse de Néron qui du haut de la voie sacrée, où Vespasien l'avait érigé en le consacrant au Soleil , fut transporté ici dais la place près de l'Amphitéàtre : d' ailleurs cet édifice est plus que colossal par lui même : il a 1,6 10 pieds de tourjjS 1 dans son grand diamètre, 48 1 dans le petit 5 et 153 pieds de haut ; construction dont la magnificence surpassait celles des pyramides d' Egypte ^ du temple d' Ephèse et des autres merveilles du monde , Il est certain que ses ruines , dan^ l'état même où elles sont actuellement , don- .nent la plus haute idée de la puissance de celui qui le fit construire . On rapporte que douze mille Juifs , conduits en esclavage à Rome, y furent employés , sans interruption , peiidant plusieurs années .

Ce superbe monument avait été destiné spécialement aux chasses des bêtes , aux combats des Gladiateurs , quelquefois aux Naumachies et aux autres spectacles cruels des Romains. Il est de forme ovale , presque toui en travertin> avec deux portique^ extérieurs qui en font le tour , e: qui ont chacun 80 arcs soutenus par des piliers de six pieds en carré . Il a quatre étages : les arches des trois premiers sont décorées de colonnes d'ordres divers en demifaillie j celles du premier soxjt Doriquts ^ cel*

les du second , Ioniques , et cdles du troisième 5 Corinthiennrs . Le quatrième étage consiste en ui grand mur , avec un double rang » de 40 fenêtres chacun , placées entre les 80 pilastres d'ordre Corinthien .

Les Arches extérieures du rez de chau'ssée étaient numérotées de I,à LXXVUmais les quatre du milieu ne le furent pas : elles étaient un peu plus spacieuses : les deux qui correspondaient aux extrémités du petit diamètre de Pédifîce , servaient d'entrées principales 5 et les deux qui se trouvaient aux extrémités du grand diamètre , étaifnt destiaées à 1' introduction des machines, et à l'usage des hommes chargés de servir dans le Cirque . Les numéros du XXIII 5 à LIV existent encore : l'arc de l'entrée principale qui était sans numéro, fut placé entre les N. XXXVIII et XXXIX , et décoré de deux colonnes cannelées de marbre violet en saillie . Le N. L était à la droite de ceux qui entraient par la porte du midi , et près de laquelle on a trouvé une entrée souterraine ornée , et faite postérieurement pour le passage de l'Empereur^ quand il se rendait à sa loge .

Ces quatre étages étaient disposés intérieurement de manière, que le premier avait plus de saillie que le second , et ainsi des autres : les pierres étaient liées entre elles avec des goujons de métal , et les trous qu'on y voit , ont été faits par les barbares qui ont enlevé ces

foujons ; ce qui a déformé cette construction^ c larmier, qui finit le quatrième ordre 5 était percé tout autour de 240 trous carrés , destinés ï recevoir chacuu uue poutre ^ qui posai t

sur une console placée à plomb au dessous de chaque trou . Au sommet de ces poutres était une poulie dans laquelle on passait une corde qui soutenait le Velarium avec lequel on couvrait 5 au besoin 5 l'Ainphitéàtre . Au dessus de ce larmier posait un socle uni 5 faisant le tour, et servant d'abri , ainsi que le démontre cette psrtie qui en reste encore .

Il y avait trois ordres de doubles corridors \ti uns au dessus des autres : il en reste encore à l'extérieur un côté entier , et solide, dont quelques parties paraissent sussi belles^que s'il était construit d aujourd'huy : les deux corridors de chaque étage ont ohacua 1 ^ nieds de large : le pavé est d'un ciment qui a la dureté dumarbre^et qui est couvert de petits carreaux posés à ëpine 5 ouvrage que les anciens ont appelle opus spicatum .

Les proportions de cet édifice sont si belles et si justes ^ qu'il n'y a rien hors de mesure , ni qui puisse être accusé de lourdeur . Pour bien juger de sa vaste grandeur , il faut monter dans la partie du haut qu'on a derniè rein en c rendue praticable , mais on doit y marcher avec précaution , à cause des nombreuses ouvertures qui ont été faites dans les voûtes 5 lorsque l'on en a ôté les chaînes et les escaliers de marbre .

Quant à l'intérieur 5 il est tout en ruines : il ne reste plus rien de la loge de l'Empereur ^ ni du podium 5 qui était une balustrade où siégeaient la famille Impériale , les Princes étrangers 5 les Consuls 5 les Vestales, les Magistrats et les Sénateurs . On peut seulemeat'in-

Férer des ruines des voûtes comment les gradins y furent appuyés, et disposés en rond .

Les excavations récentes ont démontré évidemment que le podium et 1' arène étaient bâtis par dessous , et que les manxuvres né-^ cessaires à la chasse des bêtes et à d'autres jeux 5 se préparaient dans les souterrains qui s'étendaient, dans quelque partie , même hors de l'Amphitéàtre . De là vient que le podium ou galerie , et encore plus l'arène , eurent besoin de continuelles réparations , qu'on a trouvées ou bonnes , ou plus ou moins mauvaises , suivant la diversité des tems oh elles ont été exécutées .

L'intérieur de cet Amphitéàtie finissait dans le haut,:m dessus dts gradins, par un portique de 8© colonnes de miarbre ; elles .étaient placées directement h. plomb , au dessus des piliers qui séparaient le premier , du second portique extérieur , au rez-de-chaussée . Les architraves et les omemens de ces 8o colonnes étaient en bois doré , ainsi aue le plafond . Les gradins , placés au dessus et au dessous de ce plafond 5 étaient également en bois : aussi les auteurs font mention d'incendies survenus à. l'Amphitéàtre Flavien , et qui en suspendirent l'usage pendant quelque tems . Les Régionnaires rapportent que cet édifice pouvait con* tenir quatre vingt sept mille spectateurs .

Lorsque cet Amphitéàtre ne servit plus aux jeux 3 il fut abandonné , et on ne le considéra que comme une carrière de pierre que l'on employa 5 spécialement pendant les XV et XVI. siècles 5 à la construction de plusieurs édik'*

ces modernes . Peut-être projettaît-on la destruction du reste de l'intérieur , lorsque Clément X y touché de ce que l'arène y qui avait été arrosée du s ng de tant de martyrs , était prostituée à des usages profanes , et souvent coupables , en fit réparer les portes 5 quô Ton fermait la nuit, et boucher les arcs par de petits murs : il y fit ériger aussi quatorze petits autels découverts^en mémoire de la passion de Notre Seigneur^ avec une petite chapelle . On y établit un hermite , qui devait habiter dans l'Amphitéàtre , pour veiller à ce qu' il ne s' y commît aucune indécence . Benoit XVI , en 175^ 5 fit restaurer l'œuvre de Clément X, y ajouta de nouveaux ornemens , et accorda dt$ indulgences à ceux qui feraient des prières devant les dits autels, qu'on appella chemin de la croix , f^ia Criicis .

Mais il était réservé à l'imnxortel Pie VII de garantir de la ruine une poition de l'édifice par un- mur, en contre-escarpe, de la plus grande solidité^ et qui produit l'admiration des observateurs . C'est à ce Pontife qu'on doit le déblayement des terres , les restaurations nécessaires, que l'on continue à y faire 5 et l'état prisent d'un monument si respectable , ainsi que l'embellissement des jardins publics qui sont à côté .

D'ici , passant sous l'arc de Constantin , on voit les restes d' un aqueduc de Septime Sévère qui traversait le chemin , et qui du mont Cœlius^portait l'eau Claudia au mont Palatin . On trouve plus loin , sur la gauche ,. ia place et

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