PORTE PIE
Lorsqu'en ijéi^Pie IV voulut aligner cette rue 5 il ouvrit , d^n^ cet endroit , la porte qu'on voit présentement , et qui a été faite sur les dessins de Michel-Ange. Elle prit le nom de ce Pontife . Alors on ferma la porte Numentane, construite du tems d'Aurélien ; elle portait ce nom , parce que c'était par là qu'on sortait pour aller à NumcTitum^ On la voit à droite en sortant 5 et assez près de la porte actuelle.
Quelques modernes ont donné a la Porte PiCjpar une erreur bien manifeste, le nom dcVi^ minale ; car cette dernière porte fut dans les jguirs de Servius , et non dans ceux d' Aurélien.: elle n'était point sur le mont Quiiinal , mais sur l autre mont voisin qui est le Viminal ,
On voit à droite, hors de la Porte Pie , la Filla Pat riz] , et à la distance d'environ deux milles sur la gauche , on rencontre
L'EGLISE DE Stc. AGNÈS HORS DES MURS.
Au dessus du sol même des Catacombes, oh Pon trouva le Corps de Ste. Agnès , Constantin le Grand , accédant aux prières de Ste. Constance, fit édifier cette Eglise 5 qui fut restaurée par les Papes S. Libère et Innocent I. On y descend par un escalier de 4.8 marches en marbre 5 et dont les murs latéraux présentent plusieurs inscriptions qui y sont enchâssée s^ et qui ont été recueillies dans les Catacombes . La nef est soutenue par 16 colonnes corinthiennes dont deux sont cannelées d' une manière remarquable^elles ont^dans chaque cannelure, une petite cimase de deux côtés , qui fait le tour ; de sorte qu' on a cru y compter jusqu'à cent quarante cannelures . Il y en a quatre autres de Porta Sauta que sont assez belles . Au dessus de ces colonnes , il en existe un pareil nombre , maïs elles sont plus peritesjCt forment deux portiques sur les nefs latérales ; ce qui rend TEglise assez sem.blable aux anciennes basiliques des Payens . Le corps de la Sainte et celui de Ste. Émérentiane , reposent sous le mrître autel , constiiiit en marbre précieux ^ et couvert d' un baldaquin soutenu par quatre colonnes du plus beau porphyre : il est orné de la s'atue de la Sainte , formée d'un torse antique , d'albâtre oriental qui ressemble à une agate : mais les mains et les pieds sont de bronze doré , et faits par Nicolas Cordieri suivant les uns , et par Franciosini sui-
loi
vant d'autres , mais certainement par ordre de Paul V.
On voit dans la Chapelle de la Ste. Vierge , un candélabre antique, et au dessus de l'autel, une tête du Sauveur qu'on dit avoir été exécutée par Michel-Ange . Prés de cette Eglise est
L'EGLISE DE Ste. CONSTANCE .
Quelques uns ont cru que cette Eglise était anciennement un temple de Bacchus^parce que ics mosaïques qu'on y observe , représentent des vendanges ; mais comme on ne trouve point qu'il soit fait mention d' un temple de Bacchus sur la voie Numentane ; et comme aussi la construction de cet édifice ne convient point à l'époque de la formation des temples profanes , il est plus sur de croire que c'est le baptistère construit par Constantin le Grand , pour les deux princesses Constances sœur et fille du même Empereur5baptisées ici et ensevelies dans une urne de porphyre qui a été transportée au \'atican par ordre de Pie VL ( voyez tom. I. page i2j. )
Cette Eglise consiste en une rotonde dont le diamètre intérieur^d'un mur à l'autre, est de 69 pieds . La partie du milieu est couverte d'une coupole 5 et entourée d'une nef divisée par 24 colonnes accouplées de granit, soutenant la coupole et la voûte de la nef , qui est ornée de mosaïques représentant dç:s cnfans ^ des pampres de vigne , des raisins et autres objets relatifs aux vendanges . On conserve sous l'au^
te 1 5 qui est au milieu , les Corps de Ste, Constan^e 5 des Stçs. Attique et Anémie avec d'autres tdintcs reliques ,
Cet édifice conserve encore , dans l' inté^ rieur y sa construction antique ; mais à P extérieur, il manque du portique qui l'entourait, et qui éj^^xt composé de qua.rante colonnes d'ordre corinthien. Lucius Faunus en a vu une encore existante . D^ns les dernières fouilles qu'on a faites au devant de l'entrée, on a trouvé plusieurs sépultures de Chrétiens ; d'où il résulte qu'au lieu de l'hyppodrôme qu' on suppose ici , il n'y avait qu'une enceinte pour ces mêmes sépultures , et que ce n'est point Alexandre IV qui le premier^ en 1526, conver* tit cet édifice en Eglise .
Oi croit qu' un peu plus loia était la Villa de Ph'ion y affranchi de Néron, oh cet Empereur fut contraint de se tuer de sa propre main.
A environ un mille de distance, on trouve le pont V^omentanus , ainsi appelle de la voie Xfumentancijtt par corruption ia/neH^^wo, construit sur l'Aniène ou le Teverone : il fut aussi détruit par Totila, et ensuite reconstruit 5 ainsi que le Pont Salarias , par Narsès .
En avançant d'environ 300 pas , on voit , à droite et \ gauche du chemin , le restes de deux tombeaux : celui qui est a gauche y fut, suivant l' opinion vulgaire , le tombeau de Ménénius Agrippa ; il sert aujoucd'huy d'étable pour les bœufs ; celui qui est à droite est entièrement détruit . A la gauche de ce sépulcre,à près de trois milles hors de la Ville,et au de là du TeveroneySQ trouve le Mont,^ppel-
lé ^acre^parce qu'il fut consacré à Jupiter lorsque le peuple , qui s'était séparé des Patriciens, créa ses Tribuns . C'est sur ce mont sacré qu'il se retira pour la première fois , P an de Rome 260 5 d'api es les conseils deSicinius ; il y resta tranquillement pendant quelques )ours 3 sans rien entreprendre contre lei Patriciens , car il n'avait apporté que des vivres : il n'y fut point attaqué , et il n*y forma aucun projet de vengeance . Enfin il céda à l' ingénieux apologue de Ménénius Agrippa qu'il aimait , rentra dans la ville , mais après avoir été libéré de ses dettes y et quand on lui eut accordé des Tribuns .
Les Romains se retirèrent de nouveau sur ce mont l'an 305 , pour le même motif, et avec la même tranquillité , imitant la conduite de leurs pères . Modestiam Patrum suorum nihil violando imîtati . Il semble que cette fois leurs plaintes étaient plus graves , et les désordres et les projets des Patriciens plus odieux . Cette émeute fut la suite^ de l'attentat du Décemvir Appius sur Virginie . Aussi les femmes et les cnfans suivirent leurs pères et leurs maris . A qui pouvait-on les laisser dans une ville oi^ il n'existait plus de respect , ni pour la vie , ni pour la pudeur ? Les conditions furent cette fois que le peuple aurait , pour sa sûreté , des Tribuns inviolables a.vec un pouvoir plus étendu .
Cette partie des environs de Rome n' est décorée d'aucun monument remarquable . Le pont même , dont on a parlé ^ n' a d' intéressant que sa solidité 5 mais les événemens mé-
morabîes qui ont eu lieu vers ce point , font .qu'on le visite avec quelque plais -r .
Ce mont sacré est couvert d' herbages et de buissoris: outre ce qu'il offre d'intérêt relativement à r histoire , il mérite d' être vu pour sa situation agréable y et la beauté de ses perspectives qui s'étendent fort au loin . En revenant à la Ville ^ on arrive à la