‹ Description des antiques du Musée Royal (volume 2)Chapitre 13 sur 34 · SALLE DE LA DLANE · texte numérisé non relu

SALLE DE LA DLANE

Quatre colonnes de granit rose oriental , hautes de douze pieds , ornent la niche de la Diane et l'arcade de l'entrée.

124 BACCHUS, statue.

Le fils de Sémélé^ debout et absolument nu, s'appuie du bras gauche sur un tronc d'orme auquel se marie un cep de vigne. De la main droite il tenait autrefois un thyrse , et de la gauche une coupe, ainsi que le font conjecturer plusieurs monumens antiques : sa léie parfaitement conservée est couronnée de feuilles do lierre, et ceinte du bandeau bachique; ses clieveux descendent en longs anneaux sur la poitrine : la douceur de son regard, la grâce de ses traits, ses formes délicates et arrondies, tout, dans cette figure, concourt. à exprimer cetll langueur voluptueuse dont les anciens avaient fait le caractère distinctif de Bacchus.

Cette statue , l'une des plus belles que nous ayons, de Bacchus , est exécutée dans une espèce de marbre grec connu à Rome sous le nom de greco duro.

Le bas -relief encastré dans le piédestal est le monument d'une victoire remportée par une tribu athénienne dans le concours solennel des

5o DESCRIPTION

chœurs de musique qui avaient lieu dans les fêtes d'Apollon et de Bacclius à Athènes. La Victoire yerse le vin de la libation sur une patère que lui présente un des personnages du chœur déguisé en Apollon. Celui qui faisait la dépense de ces fêtes s'appelait Chorege , de là les noms de victoires et de monumens choragiques. Le Musée du Roi possède plusieurs bas-reliefs de ce genre , tous exécutés dans la Grèce. Celui-ci a été publié dans le Musée Frajicais.

125 LE TRONE DE SATURNE, bas-relief.

Sur un fond d'architecture , et au centre du bas-relief, s'élève une espèce de trône couvert en partie d'une draperie ; sur le marche-pied , suppedaiicum , est posé le globe céleste parsemé d'étoiles et entouré du zodiaque , emblème du temps, dont Saturne est la divinité. A gauche, deux génies ailés portent la faucille ou l'épée recourbée du dieu^ nommée harpe ^ et du côté opposé , deux autres génies semblent se disputer son sceptre , dont les fragmens s'observent en deux endroits.

Dans l'embrasure de la croisée on a placé une tête de Rome , exécutée en porphyre , ouvrage estimable et difficile de quelcjue artiste du seizième siècle.

126 COMMODE, hii^te.

Cet Empereur est représenté avec la barbe , comme sur la plupart de ses médailles.

DES ANTIQUES- 5l

127 THALIE, statue.

La couronne de laurier qui ceint la tête de cette figure , convient à une Muse : d'après cette autorité, le masque comique et le Yolume, attributs de la Muse de la comédie , ont été ajoutés par le sculpteur moderne.

Cette statue a été tirée des jardins de Versailles.

Le bas-relief encastré dans le piédestal représente un sacrifice à Ariadne, épouse déifiée de Baccluis.

128 CARACALLA, buste.

C'est une répétition antique du buste indiqué sous le n.o 5i .

Dans l'embrasure de la croisée on voit sur une petite table triangulaire , dont les pieds sont de rouge antique, une urne cinéraire ornée de feuillages.

PHILIPPE LK PÈRE, buste.

Les traits de cet Empereur , connus par ses médailles , semblent se retrouver sur ce buste.

129 MINERVE, statue.

La fille de Juj)iter est ici représentée le casque en tête et couverte d'une large et double clilamyde , appelée diplax y qui passe sur sa tunique et va, suivant l'usage, se rattacber sur l'épaule droite.

Cette statue , en marbre pentélique , est tirée

de l'ancienne Salle des antiques : on la voit gravée dans le Musée Français.

Le bas-relief encastré dans le piédestal représente un sacrifice rustique. Un Silène apporte sur l'autel les prémices des cliamps.

o lOO PERSONNAGE romain inconnu, huste,

La barbe qui couvre le menton de ce personnage inconnu , représenté en habit civil , le place au siècle des Antonins.

x3l LES NYMPHES , groupe.

Trois Nymphes sont dans l'action de suspendre leurs vétemens humides autour d'une colonne comme pour les sécher. Ce petit groupe, d'une invention pleine de grâce , a produit un nombre infini d'imitations : il semble avoir été imaginé pour supporter un vase ou ])Our faire l'ornement d'une fontaine 5 il a été placé en conséquence dans le bassin d'une fontaine de marbre.

Le chevalier Piranesi l'a gravé dans son recuçil de YcLS^s^ pi. 81 .

l32 JEUNE ROMAIN inconnu, buste.

La chevelure , dans le costume romain , inclinue la nation à laquelle appartenait le jeune homme représenté par ce buste, remarquable par sa grande conservation aussi bien que par la manière dont, il tient au piédouche : il sort d'un fieiiron.

1 33 VÉNUS , statue.

La déesse représentée dans le moment où elle vient de sortir du bain , est dans la même pose que la statue célèbre connue sous la dénomination de la Vénus dn Capitale. Le vase et la draperie qui sont à ses pieds , et lui servent de support, se voient également auprès de l'autre Vénus.

Le bas-relief encastré dans le piédestal représente une victoire choragique y ainsi que celui du n.o 124 : mais on voit ici deux personnages du cliœur, Pun déguisé en Apollon et portant la lyre 5 l'autre en Diane, portant un flambeau.

134 COMMODE JEUNE, buste.

Malgré l'âge tendre du fils de Marc-Aurèle représenté par ce buste, la physionomie a assez de caractère pour être reconnaissable : les clicvcux et la draperie cjui couvre l'épaule gauche sont exécutés avec un goût exquis.

Dans l'embrasure est placé un trépied moderne d'un dessin très - élégant , exécuté en marbré rouge antique avec la plus grande finesse.

135 ROME, buste.

La capitale du monde ancien, personnifiée en Amazone , montre à découvert le sein droit , à l'imitation de ces femmes guerrières. Un bout de clilamyde est suspendu sur son épaule gauche : son casque à petit bord sur le devant , est orné d'une double représentation de la louve de Mars, allaitaut Koinulus et Remus , enfans de ce dieu

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et fondateurs de Rome : on voit ces deux jumeaux sculptés sur le casc|ue , un de chaque côté. Ce buste est de marbre de Paros.

106 JULIA PAULLA, huste.

Les traits de la première femme èi' Aiitojiin Elagahale , connus par les médailles , se retrouvent sur ce buste , qui est d'une belle conservation. ~ La petite statue de porpliyre placée dans l'embrasure de la croisée, est un ouvrage du dix-septième siècle. Il semble que l'artiste y ait voulu représenter la PLépublicjue de Venise , dont le bonnet en forme de corne, c|ui coiffe la figure, serait un symbole : le sceptre cpi'elle a dans sa main droite indicpierait l'empire de la mer adriatique.

107 VEINiUS MARINE, groupe.

La déesse, sans aucun vêtement, et à-peuprès dans la même attitude que la Vénus de JVLédicis et celle du Capitale , paraît être sortie de la mer j un dauphin qui en est le symbole est à ses pieds : l'Amour, debout sur ce dauphin, semble regarder Vénus avec admiration.

Sur le piédestal est un bas - relief grec où Vvinckelmann a cru voir Philociete { Mojium. iïied. , n.o 120 ). Il est plus probalne c|ue le guerrier est Thémistocle ou Cimon , puisque la figure f[ui est vis-à-vis est celle de la Victoire j et l'aigrette de vaisseau qvi'elle a dans sa main est le symbole d'une victoire navale. La figure

de Minerve , élevée sur une colonne à laquelle un serpent s'entortille , représente la statue de Minerve Poliade , à la garde de laquelle , suivant l'opinion superstitieuse des Athéniens , veillait ' toujours un grand serpent invisible.

l38 SUOVETAURILIA, bas-relief.

Les Suovetaurilia étaient des sacrifices solennels dans lesquels on immolait un porc, sus , une brebis , ovis , et un taureau , tauriis : il paraît que de ces trois mots on avait formé celui de suovetaurilia. Ce bas-relief nous présente une cérémonie de ce genre.

Les deux lauriers qu'on aperçoit dans le fond à droite , sont ceux qui étaient plantés de- %'ant le palais d'Auguste , et les deux aut<.ds ornés de guirlandes étaient probablement dédiés, l'un aux dieux Lares, et l'autre au Génie de ce Prince. Devant ces autels, le magistrat du quartier, qui remplit les fonctions de sacrificateur., debout, la tête voilée, accomplit les rites sacrés , en commençant par la libation : près de lui sont deux ministres ou camilli portant , l'un la cassolette aux parfums , acerra , et le vase des libations, guttus ^ derrière sont les deux licteurs de ce magistrat avec leurs faisceaux 5 viennent ensuite les victirnaires couronnés de lauriers , conduisant les victimes ou s'apprêtant à les frapper : enfin, sur le second plan , on voit quelques assistans à la cérémonie.

Ce bas-relief, tiré de la bibliothèque de Saint- Marc à Venise^ a été publié en i553 ]^2iV Ajitoine Lafreri'y et il paraît qu'à cette époque il existait à Rome dans le palais de Saint-Marc. Il a été gravé dans le Musée Français.

iSp DIANE A LA Biche.

Diane , en liabit de chasseresse , tient l'arc dans sa main gauche abaissée, tandis que de la droite elle cherche une flèche dans le carquois suspendu sur son épaule par une courroie : ses jambes sont nues 5 elle a aux pieds de richeasandales. Une biche court à sa gauche , et parait se réfugier sous la protection de son arc. La sœur d'Apollon, dans un mouvement vif, tourne la tête vers le côté opposé 5 la colère anime ses regards 5 sa chevelure , surmontée sur le devant d'un petit diadème, et nouée sur le derrière de la tète, laisse paraître à découvert un front élevé et sévère.

Le bois dont la tête de la biche est fournie , nous instruit assez qu'on n'a pas voulu représenter ici une biche naturelle et un simple symbole de la chasse, les femelles des cerfs n'ayant pas de bois : on peut reconnaître à cette marque là biche de Cerynée. Cette biche prodigieuse, qui avait le bois d'or et les pieds d'airain , était consacrée à Diane. Hercule , forcé par les destinées d'obéir à Eurysthée , avait reçu de son tyran l'ordre de lui apporter à Mycèiies cet

animal vivant. Le demi-Dieu , après Payoir poursuivi à travers vingt contrées différentes , le rejoignit enfin en Arcadie , au passage de la rivière du Ladon ; à peine Pavait-il en son pouvoir, que Diane , descendant du mont Artemisium , lui enleva sa proie , qu'elle revendiquait comme sa propriété , et le menaça de ses traits. Mais enfin appaisée par les prières du liéros , elle lui accorda cette biclie fatale. ( Apollodore y L. II, Cil. V, §. 3.)

Il est très-probable que ce trait de mythologie a fourni le sujet de la statue que nous admirons, et c|u'on peut regarder comme la plus belle de toutes les images de Diane qui nous sont parvenues de l'antiquité.

Cette superbe statue est de m.arbre de Paros : on dit qu'elle est en France depuis le règne de Henri IV ; on la voyait dernièrement dans la galerie de Versailles.

Le piédestal est orné de trois bas-reliefs : celui de la façade représente trois Villes personnifiées, portant sur leurs tètes des couronnes crénelées 5 les vases de sacrifice et les brandies d'arbres qu'elles tiennent dans leurs mains , font croire qu'elles vont à la rencontre d'un triomjîliateur. Ce bas-relief, d'un travail excellent, a été gravé par P. S. Bartoli, dans l'A- E. de Montfaucon et dans d'autres ouvrages.

Du côté de la croisée, un fragment de bns-' relief représente deux jeunes femmes, dout l'une

5c5 DESCRIPTION

a dans ses mains nn instrument à cordes qui res^ semble beaucoup à une guitare moderne.

Le fragment qui orne le côté opposé représente une Victoire à genoux portant un candélabre , comme si elle assistait à un sacrifice triomphal.

140 VENUS VICTORIEUSE, groupe.

Cythérée qui , par ses charmes a captivé le Dieu de la guerre, a dans ses mains Pépée de son amant, tandis que Cupidon, à côté d'elle, semble essayer le casque du dieu vaincu.

Le l)as-relief encastré dans le piédestal représente Bacchuspo^07i ou barbu ^ menant, comme divinité de l'année , la danse des Saisons. Elles sont trois , suivant la mythologie la plus ancienne 5 le style de ce morceau de sculpture tient de l'étrusque.

141 CONCLAMATION , bas-relief.

La conclamation j chez les Romains, était une cérémonie qui se pratiquait aux funérailles , et qui consistait à appeler plusieurs fois le mort à haute voix et au bruit de quelques instrumens , pour s'assurer s'il était véritablement mort. Ce bas-relief nous offre une cérémonie de cette espèce.

Il est de marbre de Lujil ou de Carrare , et tiré de la Salle des antiques du Louvre. C'est-là que l'ont vu le marquis Maffei et dom Martin , qui n'ont pas douté qu'il fut authentique. Aujourd'hui on le regarde comme une imitation de l'antique , exécutée au commencement du seizième siècle.

142 MESS AUNE, ffronpe.

L'Impératrice Messalbie tient clans ses bras le jeune Britannicus son fils, qui était né la première année du règne Je Claude , son époux, La disposition de la draperie dans la petite figure du César, est la même que dans les figures de Jupiter. Britannicus , par une allusion à ses hautes destinées , est représenté ici sous les traits de Jupiter enfant.

Ce groupe , de marbre pentélique, trouvé aux environs de Rome et transporté en Fn.ncc dans le courant du dix-septième siècle , ornait les jardins de Versailles.

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