‹ Description des antiques du Musée Royal (volume 2)Chapitre 26 sur 34 · S ADORANTE, statue · texte numérisé non relu

S ADORANTE, statue

Cette figure , exécutée en porphyre avec un art et une finesse qui étonnent , avait , suivan-t l'usage de la sculpture polyc A/ d77ie f la tête et les extrémités d'une autre matière. On les a restituées en marbre statuaire 5 la tête qu'on a rapportée est antique. La draperie de pourpre indiquée par le porphyre peut faire conjecturer que cette statue était originairement le portrait d'une Impératrice. Les épouses des Césars aimaient à se faire représenter sous les emblèmes de la Piété.

Le bas-relief encastré dans le piédestal représente un sacrifice bachique , célébré par un faune et par un silène.

^66 LE NIL , buste,

♦ Des épis de blé entrelassés avec des fleurs de lotus et d'autres plantes marécageuses forment la couronne du Fleuve 5 et des dauphins demi-cachés dans sa barbe ondoyanle, le caractérisent pour le Nil que ces poissons remontent, et que les anciens avaient l'usage de représenter en sculpture sur des marbres et des pierres de couleur brune. La tête

DES ANTTOUES. 1 O7

qui est seule antique , est en effet d'un granit noir d';Egypte j mais le style est grec.

l(>^ MELPOMÈNE , statue colossale.

Cette figure de douze pieds , une des plus fortes de toutes celles que les siècles ont respectées, représente la Muse de la Tragédie, vêtue de la même tunique à longues manches, et ceinte de la même ceinture c^ue la Melpomène sculptée sur le basrelief des neuf Muses , n.o 206. Elle a de- plus un petit manteau rejeté sur le dos et rattaché à la ceinture d'une manière tout-à-fait pittorescpie. C5 manteau portait le nom de chlamyde, et faisait partie du costume théâtral. On est étonné , cjuand on examine ce colosse , de la grâce que l'habile artiste a su donner à la physionomie de cette fille de Mémoire. Le masque d'Hercule est moderne.

Cette statue avait orné probablement le théâtre de Pompée : elle était restée dans la cour du palais du cardinal Riario , bâti sur les dessins du Bramante, dans l'emplacement de ce thécitre , et devenu ensuite l'hùtel de la Chancellerie apostolique. On l'a gravée dans le deuxième volume •du Museo Pio CLementino ^ et dans le Musée Français.

Le fragment de bas-relief encastré dans le piédestal de la Melpomène , semble avoir appartenu à un arc de triomphe élevé en Phouneur de Trajan. Le barbare qui se bat est entièrement dans le

costume des Daces sculptés sur les bas-reliefs de la colonne Trajane.

Deux spliinx de basalte, dont les plintbes offrent des lignes d^iiéroglyplies , sont placés aux deux côtés de la grande niche.

268 SÉRAPIS , huste.

Les images de ce dieu d'Alexandrie que l'on confondait avec Jupiter et avec Pluton , étaient exécutées en matières de couleurs brunes. Ce buste colossal d'une belle conservation est de marbre noir antique. Le viodius est un attribut de Sérapis et un symbole de richesse. Le nom grec de Pluton dérive des richesses que ce dieu souterrein cache dans les entrailles de la terre.

060 ISIS , statue.

Cette figure, du style de l'Ecole grecque, a été exécutée en marbre noir pour les draj^eries j la tête y les bras et les bouts des pieds qui étaient perdus , ont été restaurés en marbre statuaire : dans l'antique ces parties étaient probablement de la même matière. Les draperies noires étaient propres à ïsis ; mais ce qui caractérise encore mieux cette déesse, suivant uiije remarque de Winckelmann, c'est le nœud qui réunit sur la poitrine les bouts du manteau égyptien à franges , appelé calasiris.

La statue est placée sur un autel dont les cotés sont ornés de bas-reliefs relatifs à la chasse. L'insf ripticJn qu'on lit sur le devant porte que cet autel

était consacré aux Forces ( J/^iribus), Gruter l'a publiée , page 89, 11. <^ 9.

270 NÈGRE, statue.

Les esclaves nègres faisaient partie du luxe des Romains , et ont été représentés par les anciens statuaires. On ne peut que louer le sculpteur moderne qui , en restaurant ce fragment précieux d'albâtre fleuri , appartenant à une statue du genre de la sculpture polychrome , en a fait par la restauration un nègre richement habillé. Les cheveux bouclés sont imités de ceux d'une statue antique qui était jadis dans les jardins de Sixte- Quint à Rome.

Le bas-relief encastré dans le piédestal représente trois Nymphes.

27 1 DIEU ÉGYPTIEN, demi-figure.

Le petit serpent qu'on remarqae sur la coiffure de cette figure , était en Egypte un symbole des divinités, et fait voir que le sujet de ce beau fragment de basalte noir n'est pas un prêtre, mais un dieu de cette contrée, vraisemblablement Osiris.

L'autel sur lequel il est placé est consacré à Diane. Maj'fei a publié l'inscription , Muséum Veronense ^ P^g^ 2.66. Cet autel, et celui du n.o 269, découvertsprobablementenméme temps j ornaient autrefois les jardins de Sixte-Quint.

272 ISIS NEÏTH, buste.

Cette déesse n dorée à Sais , sous le nom de Neïlh , était cunibndue par les Grecs avec leur

IIO DESCRIPTION

Minerve. C'eist ce rapport que le sculpteur grec à Youlu faire sentir en plaçant une chouette , symbole de Minerve , sur le piédouche d'un buste de marbre noir que la coiffure et la draperie ou calasiris égyptienne devaient faire reconnaître pour Isis. La figure de l'idole, effacée autrefois probablement par liaine pour les superstitions des payens , a été restaurée.

Page 1