‹ Description des antiques du Musée Royal (volume 3)Chapitre 1 sur 38 · VESTIBULE · texte numérisé non relu

VESTIBULE

JLje médaillon en bas-relief, exécuté sur la voûte de l’arcade qui ouvre l’entrée du Musée royal , est un ouvrage de M. Chaude t , et représente le Génie des Arts.

Le sujet du plafond , peint à l’huile par M. Berthélemy , fait allusion à l’origine de la Sculpture , et représente l’homme formé par Prométhée et animé par Minerve.

Les quatre médaillons exécutés en bas-relief sur les pendentifs , ont pour sujet les quatre écoles de l’art Statuaire. La France montrant le Milon du Pu jet , l’Italie le Moïse de Michel- Ange , ont été exécutés par M. Lorta : l’Egypte indiquant la statue colossale de Memnon , et la Grèce l’Apollon Pythien , sont des ouvrages de M. Lange .

Deux colonnes de marbre de Caryste > le chipollin vert des modernes, sont placées aux deux côtés de la porte , et ont pour amortissement deux petites statues deCybèle assise, dont le tympanuM et les lions sont les attributs.

1 PROVINCE vaincue, buste colossal .

L’air triste et le désordre de la chevelure font retrouver dans ce buste le caractère que les Romains donnaient aux images des provinces conquises.

2 GORDIEN PIE , en habit de guerrier $ demi -

figure.

Ce n’est pas un fragment de statue, comme pourraient le faire supposer les bras qu’on ne voit pas ordinairement dans les bustes antiques. Le marbre est fouillé par derrière, comme on le pratiquait dans ce genre d’ouvrages pour les rendre moins lourds.

Ce monument a été trouvé dans les ruines de Gabies, ville très-ancienne du Latium , à quatre lieues de R.ome. Il a été publié dans l’ouvrage italien intitulé , Monumenti Gabini ( Monumens de Gabies) n.° i4»

Le petit autel qui sert de piédestal à la demifigure , avait été consacré à Isis par Astra galus y gardien de son temple. Sur l’un des côtés on voit représentée la déesse avec ses attributs $ le côté opposé montre Astragalus offrant une colombe sur l’autel d’Isis.

3 BACCHUS et ARIADNE , bas-relief.

Bacchus et son épouse , couronnés de pampres et tenant des thyrses dans leurs mains , sont portés sur deux chars attelés de centaures. Parmi les figures accessoires exécutées avec un travail

exquis, on remarque le petit faune monté sur la croupe d’un centaure, et auquel ce monstre verse à boire d’une corne ou rhyton. Le médaillon du milieu renferme les bustes de deux Romains dont les cendres reposaient dans ce tombeau. La coiffure de la femme est dans le costume du troisième siècle de l’ère chrétienne.

/j DOMITIEN, buste colossal .

L’Empereur en cuirasse est couronné de laurier. Les portraits de Domitien sont très - rares , le sénat ayant proscrit sa mémoire et fait abattre ses statues.

Ce buste , qui appartenait autrefois à la collection Albani , a été acquis par ordre du Roi.

5 ALEXANDRE SÉVÈRE , buste colossal.

On reconnaît dans ce buste quelques traits de la physionomie du fils de Mammée. La draperie qui couvre sa cuirasse , et qui s’appelait palu~ damentum y est d’un style excellent. Il porte la couronne civique tissue de feuilles de chêne.

6 PRISONNIERS barbares, statues .

On voit , par le costume de ces figures colossales , dont les draperies sont exécutées en porphyre , qu’elles représentent des Princes barbares qui avaient orné les triomphes de quelque Empereur romain du troisième siècle y car le style de l’art les place à cette époque. Les têtes et

les mains, de marbre blanc, sont des restaurations exécutées dans le dix-septième siècle.

Dans les piédestaux de ces statues, on voit deux petits bas-reliefs : sur l’un , qui ornait le tombeau d’un fabricant de lits ( clinopégos ) , sont représentés plusieurs outils de menuiserie ; on voit sur l’autre un jeune homme avec son chien.

rj LUCIUS VERUS, buste colossal.

La tête de l’Empereur est couverte d’un des pans de la toge , et couronnée d’épis de blé , suivant le costume des Frères Arvales dans les rites des sacrifices. On donnait ce nom à une corporation sacerdotale dont on attribuait l’institution à Romulus , et dont les douze membres étaient choisis parmi les premiers personnages de l’état.

8 ANTONIN PIE , buste colossal.

Cet Empereur est dans le même costume que son fils par adoption. ( Voy . le n.° 7. )

9 JUPITER SÉRAPIS , tête colossale.

Le paganisme confondait cotte divinité tantôt avec le Soleil, tantôt avec Pluton. L’air de la tête est celui de Jupiter $ le modius ou boisseau qui la surmonte , symbole de richesse et de bienfaisance, est un attribut de Sérapis.

ÎO T Fl A J AN, tête colossale .

Son front est orné de la couronne civique.

i)£s ANTIQUES.

I 1 ESCULAPE , buste colossal.

Le dieu de la médecine est coiffé d’une espèce de turban formé d’une bande d’étoffe qui est roulée autour de sa tête 5 coiffure singulière qu’on voit dans plusieurs images antiques de ce dieu, et dans quelques portraits d’anciens médecins. Les traits , ainsi que la barbe et la chevelure d’Esculape , quoique ressemblans à ceux de Jupiter , sont cependant bien éloignés de cette majesté imposante qui distingue le plus puissant des Dieux.

Ce buste , qui semble avoir fait partie d’une statue plus grande que nature , est posé sur un cippe sépulcral qui porte le nom de Calpurnia Grapté. L’inscription se trouve dans le Trésor de Murat o ri , pag. i65o, n.° 4«

12 PHÈDRE et HIPPOLYTE, bas-relief.

Ce bas-relief a fait autrefois le devant d’un tombeau. La fable d’Iiippolyte y est représentée en deux actes. A gauche , on voit le fils de Thésée rejeter les séductions de Phèdre et de sa nourrice. Le temple de Diane, sculpté dans le fond , fait allusion à l’amour d’Hippolyte pour la chasse et à la pureté de ses mœurs. A droite , le même héros est à la chasse du sanglier de Phlius , dont Sénèque le tragique a fait mention.

13 BACCHUS A LONGUE BARBE, buste colossal.

On représentait sous ces formes le conquérant mythologique des Indes.

ï/j. VASE en forme de cratère , orné de masques de silènes et de faunes, et d’autres emblèmes bachiques d’une exécution excellente. Il est gravé parmi les Vases du Chevalier Piranesi , pl. 24.

L’autel qui le supporte a six faces , trois plus grandes qui sont concaves , et trois plus petites qui alternent avec les premières. L’une offre un prêtre couronné et en costume grec 5 il fait des offrandes sur un petit autel placé au milieu de deux lauriers. C’est probablement un quindecimvir : on donnait ce nom chez les Romains à un collège de quinze prêtres qui conservaient les oracles de la Sibylle et étaient attachés au culte d’Apollon. Ils étaient habillés à la grecque. Le trépied de ce dieu , surmonté de son couvercle ( cortina ) } sur lequel pose un corbeau, était un des attributs du même sacerdoce. La couronne d’épis de blé est un symbole de celui des Frères Arvales . Ces deux prêtrises étaient probablement réunies dans le même personnage. Ce morceau est remarquable par la finesse et la richesse des sculptures autant que par une parfaite conservation.

Arcade par laquelle on entre dans la salle des Empereurs .

Le Médaillon sculpté en bas-relief sur la voûte , et représentant le groupe des trois Arts du des-

DES ANTIQUES. j

sin 5 sous la ligure allégorique die trois femmes , est un ouvrage de M. Chaude t.

Quatre colonnes ioniques de granit rose orientai sont placées aux deux cotés de l’arcade.

I 5 Le SAUROCTONE , statue .

Praxitèle avait exécuté en bronze un Apollon jeune, lançant de près une flèche contre un, lézard rampant. Le nom de Sauroctone ou de tueur des lézards qu’on donna , suivant Pline , à la statue , en exprimait l’action. Plusieurs imitations de cet ouvrage célèbre sont parvenues jusqu’à nous. Aucune ne surpasse celle-ci pour l’intégrité \ elle est de marbre de Paros.

La statue du Sauroctone , ainsi qu’un grand nombre d’autres monumens antiques de ce Musée , faisaient partie de la collection de la villa Borghese à Rome. Cette immense collection a passé toute entière dans le Musée royal.

Le bas - relief encastré dans le piédestal représente une Bacchante jouant des cymbales.

i6 Les DANSEUSES , bas-relief \

Cinq jeunes femmes , se tenant par la main , dansent autour d’un temple d’architecture corinthienne. Elles donnent une idée de ces chœurs où le chant des hymnes et la danse s’unissaient pour embellir les fêtes du paganisme.

l 'J OFFRANDES , bas-relief.

Deux figures de femmes , du même style de sculpture que celles que l’on voit sous le n.° 16 ,

DES CHIP T ION

sont représentées dans l’action d’orner de guirlandes un autel en forme de candélabre , qui brûle devant un temple , tandis qu’une troisième y apporte les premiers fruits de la campagne.

Les satyres sculptés sur la base du candélabre , doivent faire conclure que ces offrandes sont consacrées à Baccbus. Ce bas-relief, ainsi que son pendant, a été gravé dans V Admiranda.

18 GÉNIE DU REPOS ÉTERNEL, statue.

Debout , couronné de fleurs , les bras élevés et posés sur sa tête , et le dos appuyé contre un pin , ce Génie semble exprimer par son attitude le repos des morts ou le sommeil éternel

Les bas-reliefs des tombeaux offrent souvent des figures semblables $ mais celle-ci est la seule de ronde bosse qui nous soit parvenue.

Le bas-relief encastré dans le piédestal représente Baccbus.

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