MARC - AURELE jeune, buste
Ce buste , trouvé à Gabies , est un portrait de ce même prince dans son jeune âge , lorsqu’il fut adopté par Antonin Pie. Mcnumenti Gabini , n.° 17.
347 ANNIUS VERUS, buste.
Ce jeune César , fils de Marc-Aurèle et de Faustine , mourut avant d’avoir atteint l’âge viril. Son portrait se reconnaît ici par la comparaison des médailles, sur lesquelles on voit son effigie au revers de celle de son frère Commode.
Dans l’embrasure est placée une stèle sépulcrale ornée d’un bas-relief et marquée d’une inscription qui porte le nom de Démétrius de Sphette , bourgade de i’Attique.
348 ATHLÈTE VAINQUEUR AU PUGILAT , Statue -
Quoique les cestes , ainsi que les bras de ce jeune Athlète , soient dus au sculpteur moderne qui a restauré la statue , cette restitution ne manque pas d’autorité. La figure fut trouvée dans les ruines du Forum Archémorium , où est bâti à présent le palais Gentili à Rome , avec le fragment d’une autre figure parfaitement semblable dont les bras armés de cestes étaient conservés.
349 DISCOBOLE , statue .
Nu et debout , ce jeune athlète tient dans sa
main gauche le disque , et paraît mesurer de l’œil l’espace qu’il va lui faire parcourir. On croit que cette figure a été imitée par un ancien statuaire, d’après le Discobole célèbre de Naucydès.
o5o JUPITER , fragment .
Ce torse colossal fut apporté en France par le cardinal de Granvelle, qui l’avait placé à Besançon , et cette ville en fit présent à Louis-le-Grand. On remarque dans les parties antiques et dans la tête de ce torse un grand caractère et une exécution très-soignée. On peut le croire une imitation en marbre du Jupiter Olympien de Phidias. Montfaucon l’a fait graver dans le premier volume des Supplémens , à l’A. E. , où, avec peu de critique , il attribue cet ouvrage àMyron. Il vient des jardins de Versailles.
Les bas - reliefs encastrés dans les murs des deux entre-colonnemens , faisaient partie de la même composition. La comparaison avec d’autres monufjfrens prouve que le sujet de ces bas-reliefs était la réunion des héros reçus par QEnée à Calydon, pour aller à la chasse du terrible sanglier. o r )
SILENE portant dans ses bras Bacchus enfant, dit le Faune a l’Enfant , groupe.
Ce chef-d’œuvre , un des plus parfaits dans son genre qui nous restent de l’antiquité , a été trouvé pendant le seizième siècle dans l’emplacement des fameux jardins de Salluste, plantés par l’his-
DES ANTIQUES. l/jl
torien de ce nom entre le Quirinal et la colline des Jardins , et par la suite devenus un des séjours des Césars. Plusieurs copies antiques de ce groupe font foi de la célébrité qu’il avait chez les anciens. Il a été gravé dans le Musée Royal, et dans plusieurs autres ouvrages.
3 5 2 JASON, dit le CINCINNATUS , statue.
Le nom de Cincinnatus , donné long - temps à cette statue , ne convenait pas à la jeunesse du héros représenté : on s’accorde à présent y d’après Winckelmann , à y reconnaître Jason. Ce héros , qui , pour calmer les soupçons de Pélias , son oncle , roi d’Iolcos en Thessalie 9 s’était adonné à la vie agricole 7 labourait son champ lorsqu’un messager du roi vint l’inviter à un sacrifice solennel. Jason vient de quitter le travail des champs indiqué par le soc de charrue qu’on voit à ses pieds. Il est dans l’action de nouer sa chaussure sur son pied droit. On voit qu’il s’entretient avec le messager 5 sa surprise est peinte sur sa physionomie 5 il paraît distrait. On devinerait presque que l’autre pied demeurera nu , et que le héros va offrir aux regards de Pélias cet homme à une seule sandale désigné par l’oracle comme devant être son meurtrier. Ainsi cette figure 7 quoique seule , présente l’intérêt d’un groupe.
Le statuaire ? qui a suivi dans cet ouvrage le récit de Phérécyde , s’est servi de la pose noble et simple de la figure pour développer la beauté des
épaules et du dos. Le style tient quelque chose de celui du Gladiateur combattant.
Cette statue, de marbre pentélique,a décoré long-temps les appartemens de Versailles $ et , plus anciennement , elle se voyait à Rome , à la villa Montalto ou Negroni . Il en existe des répétitions antiques toutes ou plus petites ou moins conservées. Le bras gauche, la main et une partie de la jambe droite sont modernes. Le soc de la charrue, les pieds, la chaussure et tout ce qui tient à la plinthe et au rocher sont antiques $ mais cette plinthe antique ayant été scellée dans une autre plinthe moderne , a donné sujet à quelques équivoques.
Cette statue a été gravée dans plusieurs recueils d’antiquités , et dernièrement dans le Musée Français .
353 VASE dit le VASE BORGHÈSE.
Grand Vase ou Cratère de marbre pentélique , dont les bords sont ornés d’une couronne de lierre , et dont le corps est entouré d’un bas-relief de dix figures. Le sujet de ce bas-relief est une bacchanale où l’on remarque la figure noble du dieu des vendanges , celle de Silène dans l’ivresse, et celles des bacchantes et des faunes dans différentes attitudes , toutes pleines d’élégance. Des mascarons siléniques sont sculptés à la racine des anses.
Ce Vase, qui servait autrefois à l’ornement des jardins de Sa.Uuste , fut trouvé avec le groupe
du n.° 35 1 . Il est gravé dans 1’ Admiranda et dans plusieurs autres ouvrages.
354 PERSONNAGE ROMAIN en Mercure, dit le GERMANICUS , statue.
Jusqu’ici cette belle statue de marbre de Paros a passé pour être le portrait de Germanicus. La disposition des cheveux indique à la vérité qu’elle représente un personnage romain $ mais ce ne peut être une image de ce prince , auquel elle ne convient ni pour l’âge , ni pour les traits , que les médailles et les autres monumens nous offrent très-différens. Un examen plus attentif de cette figure eût fait reconnaître l’analogie qui la rapproche dç quelques statues de Mercure 5 et si l’on eût observé le geste symbolique du bras droit, la chlamyde jetée sur le bras gauche, la tortue enfin consacrée à ce dieu comme inventeur de la lyre , on eût conjecturé , avec plus de vraisemblance, que, sous les formes et avec les attributs du dieu de l’éloquence , l’ingénieux artiste a présenté les traits d’un personnage romain.
Une inscription grecque , gravée sur l’écaille de la tortue, nous apprend que ce chef-d’œuvre, aussi recommandable par le choix et la vérité des formes que par une parfaite conservation , est de Cléomène , fils de Cléomène, Athénien.
Cette statue est tirée de la galerie de Versailles, où elle avait été placée sous Louis XIV 5 auparavant elle se voyait à Rome, dans la villa