‹ Description des antiques du musée royalChapitre 22 sur 92 · SALLE DE LA MELPOMENE · texte numérisé non relu

SALLE DE LA MELPOMENE

Le pavé de cette salle est orné de mosaïques. Les principales ont été exécutées à Paris par M. Eelloni j qui y a employé une grande variéié de marbres, comme dans les mosaïques antiques. On y voit représenté un tableau allégorique. Minerve, la déesse de la Valeur et de la Sagesse , est montée sur son char. La Paix et l'Abondance la suivent; des figures de Fleuves et d'autres accessoires enrichissent les encadremens. Les mosaïques qui sont devant le piédestal de la Melpomètie , sont antiques. Les pe-its piédestaux sont en marbre noir et blanc, nommé grand antique, eu granit rose et gris; les grands sont de brocatelle.

l48 HESCRIPTION

0^.q.lSiS , buste; basalte des antiquaires.

Haut. 0,798 m. — 2 p. 5 p. 6 1.

On distingue ia déesse de l'Egypte à sa coiflfure distribuée eu bjiicles parallèles, Cet ouvrage de marbre lioir antlL|ue n'appartient pas aux arts prlmitils de cette contrée célèbre ; le style de la sculpture se ressent de l'Ecole grecque. Ancienne Collection de la Couronne. Mon. du Mus. t. 4, p. SS.

Oi| O ADOB.ANTE, statue , en porphyre.

Haut. 3-044 m. — 6 p. ^; p. 6 I.

Cette figure , exécutée avec un art et une finesse qui é tonne raxentj même daj^s le marbre ou dans une matière moins dure tjue le pornbyre, avait , suivant l'usage de la sculpture pô/j/cA/^z/ze, la tête et les extrémités d'une autre m.atiève. On les a restituées en marbre statuaire 5 la lête qu'on a rapn:^rtée est antique. Les anciens, dans l'acte de l'aJnraLion , tournaient plusieurs fois sur eux- BLiêines- La pose de cette ligure , le mouvement de ses draperies , pourr^ùent faire penser que l'artiste a voulu exprimer le m.om2nt où l'Adorante cesse de tourner. La draperie de pourpre indiquée par le porphyre peut faire conjecturer que cette statue était originairement le portrait d*une Impératrice. Les épouses des Césars aimaient à se faire représenter sous les emblèmes de la Piété. Vovez ci-de;-3ns n» 2(^-3. Vil. Borg. st. 8 , n» 6.

d6^\> B-.^-RELIilF représentant un sacrifice bachique , célébré par \Vi\ i'dune et par un silène.

H. o. 509 m I p. G p. 10 L ; larg. o^Sog m. — i p. 6 p. 10 1.

3^7 LE Z\ IL , buste ; granit noir.

Haut. o,8g5 m. — 2 p. g p.

Des épis de bié entrelacés avec des fleurs de lotus et d'autres plantes marécageuses forment la couronne du Fleuve \ et des dauphins demi-cachés dans sa barbe

DES ANTIQVE5. 3^9

ondoyante , le caractérisent pour le Ivil que ces poîs'^nns remontent, et que les anciens rivaient l'u'^age Je représenter en sculptnrf" ayec «If <; marbres et des pierres Je couleur brune. La léte qui est seule antique . est en effet J'iin granit noir J'Fgvptc; mais le style est grec.

Oz|0 jMELPOniENn , statue colossale • rmrhrc pentéliqtie. Haut. 3,527 m. — 12 p. 1 p.

, Cette figure Je douze pieds, une des plus fortes de

toutes celles que les siècles ont respectées, repn^sente la Muse de la Tragédie, vèrue de la înê:r.e ti:niqr.e à l'argue"? manches, et ceinie Je la même ceinture , maïs moins large, que la Melpomène sculptée sur le bas-relief des neuf Muses, n" 3o6. Elle a de plus une cîilamiJe rejetée sur le dos et rattachée à la ceinture d'une manicre toutà-falt pittoresque. Phis on examine ce colosse , plus on est étonné de la grâce c[ue l'habile artiste a su donner à la physionomie de cette fille Je P.lémolre. Vue Ju côté gp.uche, elle .offre un très-beau mouvement de draperies. Le raa-^que J'Hercule est moderne.

Cette statiie avait crné probabiem^ent le théâtre de Pv)mpée : elle était restVîe dans la cour du palais du cardinal Riario , bâti sur les dessins du Bramante , dans l'emplacement de ce théâtre , et devenu ensuite l'hôtel de la Chancellerie apostolique. Mus. Fr. v. 4 5 dess. et' grav. par M. Chàtillon. Mus. Bou. v. i. Mvseo Pid Clem. V. 1 . Mon. du Mus. t. 1 , pi. 3o.

349 I RAGMENT DE BAS-FŒLIEF en marbre de Parosy et qui semble avoir apparte;iu à un arc de triomphe élevé en l'honneur de Trajan. Le barijrsre qui se bat est entièrement dr.ns le costume à.çs Daces sculptés sur les basreliefs de la colonne Trajane. Mon. d^ Mus. t. 4) p- ']']' H. 0,843m. — 2 p. 7 p. 4 1. ; larç. n,888 m. — i p. .S p. 10 1. Les détails du casque sont lies- beaux et lrès-soigni.'s ; on y dis ingue bien les cliarnicrrs de.s gardns-joucs ft le? [tînmes courtes

l5o DESCRIPTION

du fimier. Les deux tuniques à manches longues et à mancbes coiu tes caract('risaicnl les barbares , comme nous l'aions vu , et les hutcs coniques couvertes en roseaux servaient d'habitations aux Geraiains et à d'autres peuples peu civilisés. Ce bas relief est d'un beau caractère.

35oDEUX SPHINX de basalte, dont les ]>llnllies oft'Vent des lignes d'iiiéroglyplies, sont placés 'aux deux côiés de la grande niche. Vil. Borg.

Chacun a de h. 0,786 m. — 2 p. 5 p. ; long. i,5i6ni. — 4 P- ^ P- J larg. 0,44^ '"• — I P- 4 P- 4 ^•

00 l SERAPIS, buste ^ marbre noir antique. Haut. i,o4o m, — 5 p. 1 p. 5 I.

Les images de ce dien d'Alexandrie (jiie l'on confondait avec Juj^.iter et avec Phiton , étaient exécutées en matières de couleui's brunes. Nous savons que le modius ou boisseau était un attribut de Sérapis et un symbole de richesse. Le nom grec de Pluton dérive de celles que ce dieu souterrein cache dans les entrailles de la terre.

352 ISIS 5 statue de marbre noir.

Haut. i,4ia ™' — 4 P* 4- ^ '• Cette figure, du style de l'Ecole grecque, a été exécutée en marbre noir pour les draperies 5 la tête , les bras et les bouts des pieds c|ui étaient perdus, ont été restaurés en marbre statuaire : dans l'antique ces parties étaient probablement de la même matière. Les draperies noires étaient propres à Isis ; mais ce qui caractérise encore mieux cette déesse , suivant xine remarque de Winckelmarai, c'est le nœud qui réunit sur la poitrine les bouts du manteau égyptien à franges, appelé calasiris^ et il parait que le nœud se nommait calassis. Le niantelet qui sert de voile à cette figure est détaché de la robe 5 ce qui est rare.

DES ANTIQUES. l5l

doo AUTEL consacré à Diane. Maffei a publié l'inscription, Muséum F<?ro7ze«5e^ page 266. Cet autel, et celui du n» 356, découverts probablement en même temps, ornaient autrefois les jardins de Sixte-Quint.

H. 0,900 m. — 2 p. 9 p. 3 I.; Lirg. 0,507 m. — i p.6p. 9I.

OO^--^-'^ ^l^-E ) statue j marbre noir antique , et albâtre oriental Jleuri.

Haut. 1,663 m, — 5 p. i p. 6 I.

Les esclaves nègres faisaient partie du luxe des Romains, et ont été représentés par les anciens statuaires. On ne peut que louer le sculpteur moderne qui , eu restaurant ce fragment précieux d'albâtre fleuri , appartenant à une statue du genre de la sculpture polychrome , en a fait par la resta^iration un nègre richement habillé. Les cheveux bouclés sont imités de ceux d'une statuo antique qui était jadis dans les jardins de Sixte-Quint à Rome. Vil. Borg. st. 8 , n» 7.

Les étoffes rayées de plusieurs couleurs étaient du costume des barbares. La statue du Nègre rappelle les robes de couleurs changeantes que l'on -voit dans les peintures antiques ; chez les Grèce et les Romains il n'y avait que les hommes et les femmes d'une \ie déréglée qui portassent des étoffes à fleurs. On en revêtait cependant les statues des dieux.

Dans le piédestal on voit un bas-relief en marbre grechetlo re-? présentant trois Nymphes. Mon. du Mus. t. 2, p. 41-

H. 0,370 m. -T- : p. 1 p. 8 1.5 larg. o,36i m. — i p. i p. 4 !•

055 DIEU ÉGYPTIEN, demi-Jigure^ basalte.

Haut. 0,769 m. — 2 p. 4 P- 5 1.

Le petit serpent qu'on remarque sur la coiffure àc cette figure, était en Egypte un symbole des divinités, et fait voir oue le sujet de ce beau fragment de basalte noir n'est pas un prêtre, mais un dieu de cette contrée, vraisemblablement Osiris.

Ce fragment offre les caractères de l'ancien style égyptien 5 les yeux à fleur de lète et applalis, fendus, peu ouverts, et n'élam

l52 DKSCRIPTIOîT

pas tout-à-fait en dioile ligne ^ le nez est de'primc,- les coms rféf la bouche sont relevés, et les lèvres saillantes, fermées, sont bordées d'une ligne œarqnée,- les oreilles sont placées trcs-liaiit, ce qui rend l'angle facial assez aigu- le menton a peu de saillie, et est ravalé; les bias sont attacliifs an coips, et les contours se rapproclient de la lijjiie droite^ la poitrine est plate. Le travail de celte (igme, exccuiée dans une matière très dure, est remarquable. Les Ei^ypliens ne portèrent jamais à nn haut degré l'imitation des belles formes, ce qui tint h des idées religieuses et â l'écriture hiéroglyphique 5 mais on trouve dans leurs ouvrages beaucoup d'adresse cl de finesse d'exécution ioinies à une grande pratique.

356 AUTEL dont les cAtés sont ornés de bas-reliefs relatifs à la chasse. D'un côté on voit rin cerf poursuivi par un chien , de Tautre nn chasseur qui a enlc.rtillé sa chlamide autour de son bras, et qui, un épieu à la main , attend un sanglier. L'inscription qu'on lit sur le devant porte qxie cet autel était eousacré aux Forces ( Viribus.) Gruter, p. 89, n° 9. Voy. le n" 353.

007 ISIS NEITII , buste ; gri* antique.

Haut. GjCgo m. — 2 p. i p. 6 I .

Cette déesse adorée à Sais, sous le nom de Neïth f était confondue par les Grecs avec leur Minerve. C'est ce rapport que le sculpteur grec a voulu faire sentir en plaçant une chouette, symbole de Minerve , sur le piédouche d'un buste de marbre noir que la coîfïiire et la draperie ou calaslris égyptienne devaient faire reconnaître pour Isis. La fgure de l'idole, détruite autrefois, [iiobablement par haine pour les superstitions des ])ayens , o été restaurée. Le voile est détaché de la robe , comme nous l'avons déjà fait observer. VU- Dorg. si. 8, n^^ 12. Mon. du Mns, t. 4? P* 55.

MES antiques; j53

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