‹ Description des antiques du musée royalChapitre 32 sur 92 · SALLE DES CARIATIDES · texte numérisé non relu

SALLE DES CARIATIDES

Cette Salle a été bâtie pendant le règne de Henri II , sur les dessins de Pierre Lescot , architecte , et de Jean Goujon j sculpteur , pour servir de salle des gardes dans le palais du Louvre. Elle a cent quarante pieds de longueur sur quarante-un pieds de largeur. La voûte d<e cette grande Salle , ornée de sculptures , est soutenue par des colonnes cannelées , d'un ordre composite qui tient du dorique et du corinthien. A l'un des bouts elle est décorée d'tme tribune supportée par quatre cariatides de ronde bosse , ouvrage de Jean Goujon j et l'une des plus belles productions de l'art

aia DESCRIPTION

chez les moclernes. Le gi-and bas-relief de ijronzc eH demi-cercle , cjiii a été placé au-dessus de la tribune, a été exécuté sous François Fr, -psir Benvenr/lo Celliiiij artiste llorenhn j il l'avait destiné, comme il le dit luimême dans sa vie , à l'ornenieut d'une grande porte dans le château de Fontainebleau. La nymphe de la fontaine y est représentée , la main gauche appuyée sur l'urne qui verse les eaux, et la -droite passée sur le cou d'un cerf. Des animaux de chasse et des chiens remplissent le champ du bas-relief, et font allusion à la forêt de iFontainebleau.

Les deux statues de Lacchus et de Cérès , adossées au mur de la cheminée, à l'autre bout de la salle, sont encore des ouvrni^es de Jean Goujon.

Outre les statues, les têtes anticpies et les autres nîonun-.ens qui sont placés dans cette salle , et qu'on trouve décrits sous les numéros c|ui les désignent , on y remarque dix cpLinnes de porphyre de neuf pieds de haut, dont huit supportent des bustes anticpes, et deux présentent au-dessus de la moitié du fût les bustes des , deux Phiiippes, pris dans le bloc et presque détachés. Ces deux colonnes étaient autrefois à Rome , dans le palais Altœmps.

6 20 AUTEL TRiANGULAïKE , marhre pcntclique. Haut. i;Oii m. — 5 p. i p. 4 '• Les bas-reliefs des trois pans représentent des vierges lacé^'émonlemifîs. la tète couronnée de feuilles de palmiers , et dansant dans les fêtes de Diane Thyréatique. Vil- Borg. st. 4 5 nos «31 , 32 et 23.

Deux de ces charmantes figures ont la tunique courte et légère des jeunes filles Spartiates , qui laissait les cuii^ses en partie à découvert, ce qui leur avait fait donner le nom de phaùioiuéiidcs (qui montre sa cuisse ) ■ l'une de ces danseuses lient un tvmpanum. "NVinckelra. 3'Ion. inaL v. 2 , p. 5; , croyait reconnaître dans es

r>ES ANTIQUES. 2l3

Las-relief les trois faisons. Les ant;Ies de l'autel sont ornés de ces bandelettes d« laine crue noue'es 'vec de la [)Ourpre <ju n« ni avons déjà vues. Parmi Icsorncmens de la base de Taulel r.n rei.i'<rque des cvnibales, nn tvinpanum, «ne leuille ou une espèce d'éventail, Jïabeilum , et un païasol qui rappelle que dan^ les Scieries d'Arcadie on portait la staiue de Eatclius fous un para.vol (lA/rcw) et que dans les Scirophorir^ d'Athènes on portail en pompe à la titadelle un grand parasol blanc.

Le vase de serpentin placé sur l'autel e^^t un ouvrage moderne» I Haut. o,568 ni. — i p- 9 p-

62^ HîPPCMURATE , kermès; marbre pentélique. Haut. o,56o m. — i p. 5 p.

Le portrait ae l'oracle c!es méùecius se reconnaît dans cet termes par la comparaison d'une médaille unique frappée à Cos en son honneur , et appartenant au ca- Linet de la bibliottèrpie du Roi. Voyez V-'Icono^raphic grecque , pi. 32. JVIus. Euii. v. 3.

626 CUPIDOX , statue; marbre de Paras.

Haut. i,o4o m. — 5 p. 2 p. 5 1.

Le jeune dieu est couronné de lierre. Deux carquois , sont à ses pieds ; l'un catLe ses ilèclies inévitables 5

l'autre est probablement un trojdiée d'Apollon vaincu , ou peut-être renferrne-t-il les fltclies qui rendaient insensible. La couronne de Cupidrjn, tissue de feuilles de H'^rre, est un emblème de ses triompLes sur Baccbus. Vil- Borg. st. 9, ni^ 3.

326 SOCPiATE , herm.es; marbra pentélique, H. Oj55o m. — I p, 7 p. 7 !.

Le Sr.ge d'Athènes, aussi célèbre [lar ses vertus que pi;r sa lin tragique, se reconnaît dans <et hcrmès. Les pieuACs de l'aullienticité de ce portraii sont exposées dans V Iconographie grecque ^ pi. j8. ylncitnne sallç des antiques duLouvrç. NLu^. Bou. vol. 3.

2l4 DESCRIPTION

527 HERMAPHRODITE Borghèse, statue; m. deLunt. Long. 1 ,484 m. — 4 P- 6 p. 10 I.

Cette figure coucliée , dont il existe plusieurs répétitions antiques , est la plus belle de toutes les statues semblables , et offre réunies toutes les grâces de la jeunesse des deux sexes. La tête tient de celle de Vénus ; la coiffure est remarquable par son agencement. Une espèce d'ornement ovale avec un rebord que l'on voit sur le haut de la tête ^ a pu servir à enchâsser une pierre précieuse. On est fondé à croire que cet hermaphrodite et ses répétitions sont des imitations de l'hermaphrodite en bronze , ouvrage célèbre de Polyclès 5 cependant ces statues n'ont pas tout-à-fait la même pose ni les mêmes accessoires. Voy. le n" 461- Cette statue fut découverte au commencement du 17'= siècle , près des thermes de Dioclétien ; on la voit gravée dans les Statues de P. A. Maffei, dans le Alusée Fra7içais ; M. Bouillon, dess.j M. Bourgeois, graveur. Mus. Bou. v. 1.

Le matelas sur lequel l'iiermaphrodite est couché , a été sculpté par le Bernin dans sa jeunesse 5 il a aussi restauré le pied gauche \ les mains sont en grande partie antiques. Vil- Borg. st. 6 , n» 7.

Un vase cinéraire , orné de mascjues et de feuillages , est placé sur un autel sépulcral de forme cylindrique , en paros gris , resté sans inscription , et dont les basreliefs offrent deux figures d'un assez joli style. Le piédestal est en jaune de Sienne.

Haut, du vase o,568 m. — i p. 9 p.

Haut, de l'autel o,5oo m. — i p. 6 p. 6 1.

020 HOMÈRE , hernies; marbre pentëlique.

Haut. 0,559 m. — I p. 8 p. 8 1.

Cet hermès est tiré du Musée du Capitule. Il avait été autrefois employé , en guise de pierre , dans les murs du jardin du palais Caëtani, près de Sainte-Marie- Ma-

DES ANTIQUES. 2l5

jeure. Quoique le véritable portrait d'Homère ait été regardé comme incertain , même da temps des anciens , on ne peut douter que des têtes pareilles à celle-ci n'aient passé chez les Grecs pour le portrait du prince des poètes 5 sa tète est ceinte d'une bandelette. Voyez V Iconographie grecque , pi. 1. Mus. Bou. vol. 1. Mon. du Mus. t. 2 , p. 66.

62Q CUPIDON DANS l'attitude d'uN JOUEUR DE BALLON,

Statue; marbre de Paros.

Haut. 1,020 m. — 3 p. I p. 8 h Le mouvement de cette statue nous représente celui des Sphœristes ou joueurs de ballon de l'antiquité. Les lois du jeu portaient qu'ils repousseraient le ballon en sautant. Un papillon, symbole de l'àme, sert de jouet sur plusieurs pierres gravées au malin enfant de Vénus. Vil. Borg. st. 9, n» 12.

OOODIOGEXE, hernies; marbre grechetto.

Hant. 0,541 m. — i p. 8 p.

Une certaine ressemblance qu'on découvre entre cet hermès et le portrait de Diogène , constaté dans V Iconographie grecque ., pi. 22, autorise à lui donner le nom du cynique de Sinope. Palais de Fontainebleau, Mon. du Mus. t. 2 , p. 73.

Deux bas-reliefs antiques , représentant des masques de Méduse, avec des ailes et des serpens , ornent le dessus des deux portes qui s'ouvrent dans ce coin de la grande salle. Château de Richelieu. Mon. du Mus, t. 2 p. 5o.

Haut, et larg. 0,44^ ni. — i p. 4 p- 4 '*

3Dl AUTEL TRIANGULAIRE, marbre pcntéUque. Haut. I m. — 5 p. o p. n 1.

Il fait pendant à celui du n" 523 , et il est surmonté d'un vase en jaspe , ouvrage moderne. Les bas-reliefs

2l6 DESCRIPTIOir

qui en ornent les trois pans représentent Pan Têtu de la pardalis , et ayant à la main une syringe et le poclum. Des deux faunes , vêtus de même , l'un tient un tliyrse et danse , l'autre porte \\n grand vase. Ces deux autels ont pu servir aussi de bases à des candélabres. Le pied de celui-ci est orné de bcdles cliimères; on y voit aussi les bandelettes dont nous avons 2)arlé. V^il. Eorg. st. 4) nos 1^ j 20 et 21 .

Haut, du vase 0,708 m. — 2 p.. 2 p. al. 6D2 TETE INCONNUE, hennés ; marbre de Paras. Haut. 0,5 1 8 m. — i p. 7 p. 2 1.

OÔO LION , statue; basalte vert; la boule i\e jaune antique. H. 0,812 m. — 2 p. 6 p. ; long. 1,245 m. — 3 p. 10 p. Ce symbole de la force est exécuté en basalte, pierre égyptienne , que les anciens appelaient ainsi à cause de sa dureté et de sa couleur, cjui la fait quelquefois ressembler à du fer. Le basalte vert , comme celui - ci , ressemble plutôt au bronze, et il est plus estimé que le noir. Collection Albarii.

00/|- SOCRATE , kermès; marbre pentélique. Haut. o,5oo m. — i p. 6 p. 2 1.

On retrouve daus cet hermès les mêmes traits que dans celui sous le n" 52.6 , mais avec une moins bonne exécution. Ancienne salle des antiques du Louvre. Mon. du Mus. t. 2, pi. 71. Ibojiographie grecque ^ pi. iS.

535 BANQUET FUNÈERE, bas-relief comj>osé de trois personnes, et provenant du monument de Ménestràtc ^ fils de Mént'crafe. Col. Choiseul, cat. 148. (1) H. 0,622m. — 1 p. Il p. j larg. o,4f'6m. — i p. 5 p.

(i) La plus grande partie des statues, des ras-reliefs et des iTiscriplions que M. le conue de Cliois(ul-C oui fier avait rapporlL'S ou fait venir de Grèce , et qui ont <?té vendus apri s sa mort, a cld acheté pour le compte du Rci. Le catalcgue de cette

536 BAS-RELIEF FUNÈBRE consacré par une femme à son mari et à son fils , dont on voit les bustes , ainsi que le sien. L'enfant porte au col la huila. Dans l'inscription plusieurs leltris sont réunies comme clans clés monogrammes. Col. Ch. cat. 1^76.

H. o,3;.5 m. — i p- , lai g- Oi/iGo m. i p. 5 p.

537LNSCRIPTION à la louange fie Pith. Rerennius Dexippe , historien distingué du troisième siècle de notre ère, de qui ou avait un abrtgé de l'histoire vmîverselle , une histoire dcpûs Alexandre-le-Giaud , et celle des guerres d'^s Romains contre les Scythes. Il ne reste c|ue quelques fiagmen s de ces ouvra<;es , cit?s avec éloge par Photius. Dixippe avait aussi servi , et l'an 269 il chassa les Goths de l'Attique. Voy. Hist. Aug. vol. 3, p. 1 59-61.

L'inscription porte que d'après la permission de Tavéopage , du Sc'n.U des 7.5o et du peuple d'Aliiènes, les enfans de Dexippe avaient tlevc une statue de marbre à cet historien de race sacerdotale , qiu' avait exerce les charges d'Archontc-roi , d'Archonieéponyme , et avait préside les pancgyries ou assemblées ge'ncrales, et les jeux des grandes Panatlicnccs. Cette partie de l'inscription a été publiée [i; r Spou. ^'^oy. t, 3 , p. 12g. Il est à remarquer qu'il y est questi(jJi du sénat de ySn, ■*"N , et cependant on ne voit pas dans riuftoiie que depuis Adrien on eût ajt'Uté deux tribus aux treize des Athéniens , qtn", en fournissant chacune cinquante prytanes , ne pouvaient former qu'un sénat de 65o , et qui ne fut même porté qu'à 600. Au quatrième siècle il fut réduit à 3oo. Il se pouirail que le "FN iût une faute de l'ouvrier, et qu'il dût y avoii 0N-(>5o. Spon a omis ces deux IcttrcG cl les deux mots eiure Icsqiicls elles sent placées.

vente est ttcs-hicu fait; et forme un vol. in-8° de i65 pag. On y a imprimé une partie des inscriptions grecques , travail dont s'est cliarj^é M. Hase. On doit le catalogue aux soins de M. Dubois, qui. dans ses voyages en Grèce, a recueilli quelques-uas des monuintns de la collection de M. le comie de Choiseul.

31Ô DESCE.Il'TIOri

Les vers qui suivent cette première partie de l'inscription fon! un pompeux eloge des vertus et de la véracité de Dexippe dans son histoire, qui embrassait tous les siècles , et sa gloire était célébrée dans toute la Grèce. Le marbre qui servait de base à sa statue en marbre a été employé depuis à faire une ange. Col. Ch. cat. 233. Voy. Chandier , Inscr. antiq. p. 36.

538 BAS-RELIEF d'un bon style , où l'on voit Mercure coiffé de son pétase, et qui s'entretient avec une femme; peut-être est-ce Mercure Psychagogue qui conduisait les âmes dans les Cliamps-Elysées.

Haut. 0,487 m. ■ — I p. 6 p,

539 INSCRIPTION dont il ne reste qu'un fragment de dixneuf lignes eu mauvais état , et qui paraît avoir contenu un décret. CoL Ch. cat. 120.

H. 0,^70 m. — op. 10 p. ; larg. 0,189 "^^ 7 P°" Ô<:^0 INSCRIPTION incomplète qiii contenait un décret par lequel sous la protection de la mère des dieux on décernait une couronne d'or de mille drachmes à Lysiclès y fils iS! Krénippus y archonte, et à un de ses collègues, en reconnaissance de leur bonne administration et de leur justice. Il parait que cette inscription était double , et que chaque partie contenait le nom d'un des deux archontes. On trouve quelquefois sur les monumens de ces inscriptions doubles. Celles (VAuréliiis Anatellon , nos 3 24 et i3o, et celle de Fabius^ qu'on trouA'^era plus bas, en sont des exemples. Col. Ch. cat. 221.

H. 0,270 m. — o p. 10 p. ; larg. 0,148 m. — 5 p. 6 1. 541 INSCRIPTION SÉPULCRALE consacrée par Sergius Clemens à son iils A. Sergius Clemens. Au-dessus on a placé le cippe funéraire de Cassia Lochias , élevé par Poblicius Sève rus.

Inscr. h. o,5i8m. — i p. 7 p. 2!. ; larg. o,44om. — i p. 4 p. 31. Cippe, h. 0,527 m. — i p. 7 p. 61. 5 larg. 0,579 m. — i p. 2 p. 54.2 CIPPE SÉPULCRAL dont le bas-relief représente un homme et une femme dans le costume grec qui se donnent

r)ES ANTIQUES. 2lrt

la main. Nous avons dit que c'était une des cérémonies du mariage. Ce bas-relief est d'un beau style. Col. Ch. cat. 147.

H. 0,975 m. — 3 p. ; larg. o,325 m. — i p.

543 INSCRIPTION dans laquelle l'aréopage , le sénat des cinq-cents et le peuple très-auguste des Athéniens louent la bonne administration de Quintus Epictète. Audessus de cette inscription est la formule usitée, à la bonne fortune. Ce marbre faisait partie d'une auge sur laquelle était l'inscription n» 58o , avec laquelle elle n'a aucun rapport. Col. Ch. cat. 233.

H. o,5oo m. — I p. 6 p. 6 1. j larg. 0,704 m. — 2 p. 2 p.

544 INSCRIPTION mutilée, et dont une partie est trèsfruste. Il jjarait qu'il est question d'un décret rendu par un sénat , et de quelque traité avec les habitans des bords du Scamandre , au sujet d'un sacrifice dont les dépenses doivent être réglées par les trésoriers ( trapezites). On y parle aussi de prytanes et de stratèges. Col. Choiseul.

H. 0,426 m. — I p. 3 p. 9 1. 5 larg. o,3io m. — 11 p. 61.

545 INSCRIPTION en neuf lignes incomplètes, où il est question du Céryx ou Kérault sacré de quelque divinité. Col. Ch. cat. 224.

H. 0,256 m. — 9 po. 6 1. j larg. 0,202 m. — 7 po. 6 1.

S/^d INSCRIPTION très-fruste qui paraît avoir contenu quelque décret de la ville d'Ilion, sur l'emplacement d* laquelle ce marbre a été trouvé par M. Dubois. Il y est question de sommes en oboles et en drachmes , et de bled. C'était peut-être une convention pour la vent* du bled. Col. Ch. cat. 187.

H. 0,234 m. — 8 po. 6 1. ; larg. 0,268 m. — 9 p. 1 1 1.

547 BAS -RELIEF SÉPULCRAL en marbre grec. Une femme est assise sur le bord du lit où son mari est

ôao riEscnipTïOM

conch^' 5 des deux .côtés du lit on voit deux petîtoi fignres qu'on trouve souvent dans cette espèce de bas-, reliv-^fs. (V. lit au-dessous le nom de De/nctria, fille è! Arlsf-odâme. Col,^Ch. cat. 149-

IL 0,731 m. — ^p. 3 p.^ larg. 0,460 m. — - i p. 5 p.

54.3 E AS-RELIEF SÉPULCRAL représeniart un liomme, une femme et leur fille couchés sur un lit , auprès duquel est nne table ayec une coupe et une grappe de rdi-iiî. Col. Ch. cat. 168.

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