ANNÉE ROMAINE
L'année des Romains a subi beaucoup de variations 5 d'api'ès les différens auteurs de l'antiquité, il paraît qu'avant Piomulus les Latins commencèrent leur année d'abord à l'équinoxe d'automne, ensuite au solstice d'été , et le premier Roi de Rome la fixa à l'équinox© du printemps. On n'est pas d'accord sur le nombre de mois dont l'année de Romulus était composée : les un» la font de trois cent quatre jours ou dix mois; d'autres, tel f|ue Plutarc[ue , lui donnent trois cent soixante jours ; mais il ajoute que du temps de leur premier Roi, les Romains avaient des mois inégaux depuis vin^t jours et au-dessous, jusqu'à trente-cinq , sans ordre ni raison , se contentant seulement cju'ils fissent ensemble trois cent soixante jours. Les anciens Arabes , au rapport de Chardin, avaient une pareille division.
Numa fit des cliangemens considérables à l'année de Romulus, en fixa le commer.cenient après le solstice d'iiiver, au mois de janvier : il ne lui donna c|ue trois cent cincjuante-quatre jours ou trois cent cinquantecinq selon quelques auteurs. Les mois étaient de vingtneuf jours, excepté mars, mai , juin et octobre y qui en avaient trente-un, et février vingt-huit. Afin que cette année s'accordât avec l'année solaire, Num.a intercala tous les deux ans un mois de vingt-deux jours nommé merhedonius ^ et, comme il s'aperçut que cette intercalation ajoutée à l'année de trois cent cinquantecincj jours, la rendait trop forte d'un jour par an, il ordonna la suppression de vingt-quatre jours à chacune vingt-quatrième année. L'intercalation avait lieu entre le 23 et le 34 février, qui, avant Numa, était le dernier mois de l'année; ce dont il voulut peut-être perpétuer la mémoire en y plaçant l'intercalation cpa, chez prescjuc tcus les peuples , avait lieu à la fin de l'année.
Pendant la~républic|ue, on oublia l'ordre établi par Numa ; les p(>ntife3 à qui on avait laissé le sein des fastes, nireitt un grand désordre dans le calendrier 5 ils 'intercalèrent, plus ou moins souvent, suîvasit qu'ils voulaient alopger ou diminuer la durée des magistratures ; ou, po'.issés par des motifs d'intérêts j il cher-
A>-NÉE KOMAINE. 3i l
chaient par là à plaire ou à nuire aux fermiers des reTenusde la république, en rendant plus longues ou plus courtes les années de leurs baux. Enfin Jules César pour remédier à ces desordres, avant fait venir à^ Alexandrie l'astronome Sozi gènes, reforma l'ajinée et lui donna trois cent soixante-rinc| jours six heures. A cause de ces six heures, il établit qu'on ajouterait tous les quatre aus un jour à l^année après le 23 février, ou le lendemain du sixième jour avant les calendes de mars 5 mais ce mois par des Idées de religion ne devant être que de vingt-huit jours, on appela celui qu'on ajoutait his-sextus , second sixième y d'où vint à cette année le nom de bissextile. Pour nepas changer l'ordre des fêtes, Jules César n'ajouta les jours q\i'à la fin de chaque mois. Cette rrfornialion eut lieu Tau 709 de Rome, l\S av. J. C, l'an li/ybi^ de la période julienne ou de Jules Scaliger.
Les Romains comptaient les jours des mois par calendes, nones et ides. Les calendes ou le premier j< ur de chaque mois , étaient consacrées à Junon 5 leur nom vieut de l'ancien mot latin calo , je convoque, parc» que ce jour était destiné aux assemblées du peuple et aux sacrifices. Des calendes aux nonesW y avait quatre jours dans les mois de janvier, février , avril , juin , août, septembre , novembre et décembre , et six dans les autres mois. On comptait ces jour; par leur éloignement des nones 5 le 2 janvier était le 4 clés nones, le 3 octobre le 5 des nones 5 ce nom signifiait neuvième parce qu'il y avait toujours neuf jours des nones inclusivement, aux ides inclusivement : celles-ci étaient le i3 des mois on les nones étaient le 5, et le 1 5 de ceux où elles étaient le 7. Les ides consacrées à Jupiter tombaient au jour de la pleine lune ^ on croit ([u'anciennement ce mot qui venait du grec signifiait yàce, visage , et marquait qu'on voyait alors la lime dans son plein. Quant aux autres jours du mois , ils se comptaient par leur éloignement des calendes du mois suivajit, de la même manière que les jours avant les nones, en observant si le mois avait trente ou trei.tcun jour. Par exemple, le i4 janvier tui le lendemain des ides, était le 19 des caleiules de févriei j le i4 février était le 16 des calend.es de mars*, le i/j île mars,