Bulletin des Antiquités africaines , i885, p. no
2. Cet édifice est indéterminé, peut-être était-ce un palais; à coup sur, il ne me semble pas qu'il ait jamais eu la destination de thermes son plan ne me semble pas l’indiquer.
servir à exécuter une décoration peinte1 ; sur un des fragments énormes de voûtes qui sont à terre je remarque une partie de terrasse avec l’escalier qui y aboutissait.
Cet édifice était très considérable, de nombreuses salles voûtées se remarquent encore autour des décombres. Des fouilles seules pourraient donner quelques renseignements sur sa destination.
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Fig. 45. — Plau du nymphée de Buüa Regia, d’après M. Winckler.
Auprès de la prise d’eau faite dans l’ancien nymphée et qui conduit à l’heure actuelle l’eau de la source à Souk-el-Arba, s’élevait autrefois un arc de triomphe intéressant. Il a été complètement détruit depuis l’occupation française par un entrepreneur à qui on avait permis de
1. À Pompeï, les ébauches tracées à la pointe dans l’enduit avant la peinture sont apparentes en maint endroit.
prendre des matériaux dans les ruines de Bulla Regia et qui, au lieu de se contenter de réunir les matériaux épars à terre, a détruit complètement cet arc.
Quoique ce petit monument ne fût pas d’un style très remarquable
il était intéressant par sa disposition. Arc extradossé parallèlement avec une colonne engagée de chaque côté.
M. Winckler * a donné du nymphæum un plan que je reproduis ici. « Le bassin supérieur de la source était séparé du deuxième réservoir par deux murs distants de 4 mètres, murs percés de vingt-six ouvertures garnies de tuyaux de plomb versant l’eau dans le bassin inférieur. Des escaliers permettaient Fig. 46. — Arc du nymphée, de descendre dans cet espace
d apres M. \\ iniklei . intermédiaire; un pont voûté de
3m,5o couvrait en partie le bassin inférieur; à 4 mètres du nymphæum du côté est sont de petites salles dont l’intérieur est recouvert de mosaïques » (Winckler, loc. cit.). Plus loin vers l’est-sud-est se trouvent les ruines du théâtre. Ces ruines presque à fleur de terre sont à peine reconnaissables. L’exécution des façades extérieures semble plus soignée qu’à Chemtou; elles sont construites en pierres de giand appareil; les voûtes sont en blocage; l’étage inférieur est seul conservé et tout l’intérieur du théâtre est comblé complètement. 11 y avait probablement comme à Chemtou treize vomitoires. La scène mesure sur sa face postérieure environ 33 mètres.
Grand édifice indéterminé' .
Ce grand édifice, dont je donne quatre vues perspectives, un grand détail et un plan, semble avoir eu deux étages, comme l’indique la coupe instituée à une petite échelle.
1. Je dois rce document, malheureusement incomplet, ainsi que la photographie de l’arc [ du nymphée, à l’obligeance de M. R. Cagnat.
2. M. Winckler, Bulletin Mm. des Antiquités africaines, 4e année, t. 111
Il se compose de deux grandes salles barlongues AC avec une cour centrale B, entre les deux grandes salles. Une seule grande baie en plein cintre fait communiquer la salle A avec cette cour centrale. Un espace D, probablement découvert, isolait celle partie centrale autour de laquelle se développaient les galeries voûtées F en voùles d’arête. Malheureusement les débris écroulés des voûtes encombrent tellement le sol qu’il est difficile de se rendre un compte exact de certains arrangements. Les salles A et C étaient probablement les parties principales de l’éditice; elles sont voûtées d’après un mode fréquemment usité à l’époque romaine; comme leur forme est barlongue et que les constructeurs romains ne construisaient que rarement des voûtes barlongues ayant cette élévation, on a voûté en voûte d’arête la partie centrale, et les extrémités en berceau. La construction est en blocage, mais les parties formant angles, les baies (pieds-droits et archivoltes) sont en pierre de taille ainsi qu’un chaînage à la hauteur de la naissance des voûtes. L’étage inférieur qui est reconnaissable sur différents points (au sud-ouest de la salle A et dans la salle C vers l’ouest) est absolument encombré par des débris de toutes sortes.
Ces voûtes compactes en béton et en blocage ont péri très probablement à la suite d’un tremblement de terre : elles se seront brisées et la chute des parties supérieures aura produit une série de poussées qui auront renversé presque tous les murs.
Les salles longues, ou galeries E F, étaient voûtées en voûtes d’arête barlongues compactes et par conséquent poussant peu, du moins tant que la voûte restait sans fissure. Des ébranlements ayant produit des fentes dans le sens longitudinal, des parties entières de voûtes sont tombées avec les murs qui les soutenaient. Cette remarque peut se faire surtout sur la face ouest. On a disposé les murs est et ouest de la cour B de façon à ce qu’ils épaulent les poussées des salles A et C, aussi après le tremblement de terre qui a amené la chute d'une partie de l’édifice et la dislocation du reste, ces murs se sont déplacés
fasc. xn, juillet 1 S85, p. 121, a découvert, en fouillant dans cet édifice, une chambre souterraine de 5m,ao de diamètre entourée de cinq cellules plus petites; une ouverture était percée au centre de cette salle et recouverte d’une dalle. Il avait vu cette dalle et, en la faisant enlever, il a découvert ces salles. Quelquesunes de ces chambres communiquent entre elles par des portes surmontées d'une petite niche qui devait contenir une statuette, d’après M. Winckler, mais qui, à mon avis, devait plutôt avoir été pratiquée pour recevoir une lampe. Il est regrettable que M. Winckler n’ait pas donné les plans de ces salles. Je serais assez disposé, à cause de l’ouverture supérieure, à y voir des réservoirs d’eau ou des caves. Je ne crois pas que ces salles souterraines soient un élément dont la constatation puisse faire considérer ce grand édifice comme ayant servi de thermes.
dans leur partie inférieure et la partie supérieure, comprimée par les poussées de A et de C, est restée suspendue et appuyée à ces murs aux points correspondants aux points d’application des poussées. Nous remarquons à ce propos le manque de liaisonnement des murs qui viennent buter l’un contre l’autre à angle droit sans être reliés ensemble, comme nous l’avons remarqué aux thermes de Chemtou.
Fig. 4 7- — Plan du grand édifice.
Les parties teintées sont un essai de restitution; celles en noir subsistent seules hors de terre.
Cet édifice est certainement, avec les thermes de Fériana (. Rapport , p. 117) et ceux de Macteur (d’après les documents qui m'ont été communiqués par M. J. Poinssot),un des plus grands édifices antiques en blocage qui se voient en Tunisie. Il est probable qu’un déblaiement partiel serait intéressant à tenter sur ce point : on retrouverait des dispositions peu usitées, peut-être des mosaïques de pavage ou des statues ayant décoré la grande salle A . On ne peut guère fixer une date exacte à cet édifice; malgré la maladresse avec laquelle certaines parties de la construction sont traitées (manque de liaisonnement des
murs latéraux, de B avec À et C et des parties en grand appareil avec le blocage, négligence apportée à l’appareil des arcs, notamment ceux de la salle A), cet édifice pourrait appartenir à l’époque des Antonins,
Fig. 48- — Coupe.
car nous verrons plus loin, à Dougga, un ppareil plus défectueux encore employé dans la cella du temple de Jupiter, édifice daté très exactement de cette époque.
Fig. 4çj. — Vue de la salle A.
Le plan que nous donnons ici (fig. 47) ne doit être considéré que comme un croquis approximatif des dispositions principales de cet édifice; il nous aurait fallu plus de temps et la possibilité de faire cer-
laines fouilles pour pouvoir en déterminer exactement les pièces
Fig. 5a. — Face nord-est.
et dépendances. Néanmoins, on peut juger de son importance et de sa distribution singulière qu’une petite coupe (fig. 48) permettra
de mieux comprendre. Les salles inférieures sont bien reconnaissables sur les points où les effondreme ts permetlent d’y accéder.
On voit donc que la salle A et la salle G étaient relativement très élevées par rapport aux galeries E et F, ce qui explique qu’on ait employé pour les voûter la voûte d’arête carrée, au lieu de la barlongue employée en E et en F, comme on peut le déduire de la direction des arêtes encore existantes.
Les voûtes étaient recouvertes d'une chape de ciment et la forme de la silhouette générale de l’édifice dérivait de l’aspect des sections des extrados par ces façades, c’est d’ailleurs le principe actuellement en vigueur chez les constructeurs tunisiens dans presque toutes les villes de la côte est 1 . C’est le principe qui a prévalu dans presque toutes les constructions byzantines, c’est-à-dire à une date bien postérieure à celle que nous croyons devoir attribuer approximativement à cet édifice (fin du 11e siècle et commencement du me).
On peut supposer que la décoration de cet édifice consistait intérieurement en peintures sur les enduits et en mosaïques de pavage. Rien n’indique, dans le plan, l’emploi de colonnes dégagées, comme on en remarque si souvent dans les thermes de Rome. J’ai supposé l’entrée vers le nord et par un portique tétrastyle qui me semble motivé par la saillie de l’avant-corps.