‹ Description des antiquités de la régence de TunisChapitre 13 sur 46 · OUED-BÉJA · texte numérisé non relu

OUED-BÉJA

Pont romain. — Ce pont est situé à une petite distance de la station Oued-Béja sur la ligne de Tunis à Ghardimaou et Souk-Arrhas. Si 1 on compte la longueur du pont en y comprenant les rampes d’accès, il mesure 70 mètres de long ; il n’a que trois arches, les deux extrêmes mesurant ainsi que celle du milieu près de 6 mètres (de droite à gauche de l’élévation) :

La première 5m,8o La deuxième 5m,3o La troisième 6m,oo.

Le pont avait 7m,3o de largeur. En amont les piles ont des avant -

i. Cette tradition a persisté au moyen âge, en Sicile et dans l’Italie méridionale. J’en ai noté de curieux exemples à Ravello, près d’Amalfl.

becs demi cylindriques, les culées sont protégées par des murs de garde à droile et à gauche ea amont et en aval à gauche seulement. Les arcs étant égaux, on a dû pour obtenir le relèvement en dos d’âne du pont surélever les naissances de l’arche du milieu, de la hauteur d’une assise. A la naissance des aras on a laissé comme imposte une

Fig. 53. — Vue fin aval du ] ont d’Oued-Béja.

saillie assez forte sur le nu de la pile à l’assise qui correspond à la naissance. Cette saillie avait pour but de servir à l’établissement des cintres pour la construction des voûtes. Les parapets ont été détruits ; on m’a assuré néanmoins qu’il en existait encore des fragments quelques années avant l’occupation française. Il est probable que le

tympan de l’arcade de droite, cette arcade et une partie de la culée et de la rampe correspondante (fig. 53) auront été refaits quelque temps après la construction du pont', l’aspect de l’appareil semble

i. Une preuve évidente de cette reconstruction est l’emploi dans la recons-

l’indiquer. Cette arche est. construite avec deux renforts au droit des têtes, ce qui n’exisle pas pour les deux autres. Les arcs sont généralement appareillés en tas de charge, mais d’une façon assez irrégulière; cet appareil est plus soigné dans les parties qui avoisinent les clefs.

La pente du pont (en dos d’âne) était plus accentuée dans le premier état de la construction; au moment où l’on fit la reconstruction indiquée plus haut, cette pente fut diminuée par un léger exhaussement des accès, comme on peut le voir par la partie AA' qui a été évidemment ajoutée après coup.

Sur ce pont passait la voie antique d’Hippone à Carthage.

MAÂTRIA

Maàtria est situé sur le Djebel-Maâtria qui, avec le Djebel-Kaleika, sépare Teboursouk de la vallée de la Medjerda. L’Henchir-Maâtria se trouve (à peu près à mi-chemin de Béja-gare à Teboursouk) près de la route nouvelle de Béja à Teboursouk, mais une autre ruine porte le même nom. Elle est située au nord-nord-est du point où nous sommes et nous apercevons, sur une hauteur, une sorte de tour que nos guides nous disent appartenir à cette ruine, c’est probablement un mausolée. Elle correspond à Henchir-el-Maâtria de la carte de l’État-major et. le point où nous sommes n’est désigné que sous le nom de El-Maâtria.

MM. Reinach et Cagnat ayant déjà exploré cette ruine, je me contenterai d’en donner une étude succincte. Des Arabes y construisaient, lors de notre passage, des gourbis en moellons et en branhages.

Construction rectangulaire en moellons.

Cette construction sur plan rectangulaire, qui conserve encore ses portes et ses fenêtres, est analogue, quant à l’appareil, à Kasr-el-Ahmar

truction de l’arc oriental, d’une pierre portant une inscription bien connue (C. L. /., VIH, n° io568), placée de façon à former une partie de l’imposte de l'arc.

près de Djilma1; on y trouve de même des chaînages en pierre avec harpes (pierres en délit alternant avec harpes horizontales) encadrant des massifs en moellons. Entre cette construction et des gourbis arabes grossièrement bâtis en moellons et en branchages et qui s’appuient contre une petite élévation de terrain, on retrouve de nombreux fragments, enterrés presque complètement, de pilastres, de chapiteaux et d’entablement d’ordre corinthien ; j’y dessine une corniche d’un travail assez grossier (fig. 58).

Plus loin, vers la vallée qui s’étend à la droite de la route de Teboursouk et qui est en partie cultivée, les derniers contreforts du plateau sur lequel s’élèvent les ruines de Maâtria sont couverts de

fragments d’édifices divers. Des constructions voûtées en soussol et butées par des contreforts demi cylindriques' sont complètement disloquées. Une nécropole s’étend entre ces constructions et celles dont nous avons parlé plus haut ; les tombes sont des cippes en forme de piédestal (comme nous en trouverons de nombreux exemples à Dougga, notamment à l’ouest de Bab-er Roumia). Si l’on faisait des fouilles dans cette nécropole, on n’y trouverait probablement que des urnes cinéraires avec des monnaies et des lampes de terre cuite.

A une petite distance de cette nécropole et vers la gauche (en allant vers l’ouest), au milieu de murs de blocage dont la ruine encombre une assez grande surface de terrain, nous remarquons une abside trilobée semblable à celle que nous avons dessinée à Sidi-Mohammedel-Gebiouï en 1882 3. L’abside de Maâtria n’est pas comme celles de Sidi-Mohammed-el-Gebiouï construite exclusivement en blocage, elle a une ossature en grands matériaux et possède encore les murs latéraux soutenant la voûte d’arêtequi couvrait la partie carrée du plan, et formant les tympans des arcs latéraux de cette voûte. Ses di-

j. Rapport de i883, p. 67.

2. Peut-être des réservoirs ou citernes comme ceux de ta région qui entoure Djilma.

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