‹ Description des antiquités de la régence de TunisChapitre 15 sur 46 · PLAN · texte numérisé non relu

PLAN

['J «TeBOUF^SOU K

Plan’delTeboursoifk,

Une si longue existence a dû laisser de nombreux monuments; jusqu’ici les monuments épigraphiques ont seuls montré par leur nombre l’importance de la ville antique. Une porte monumentale qui a été murée dans l’enceinte byzantine et la citadelle formée par cette enceinte sont, avec les bassins et le réservoir de la fontaine antique qui sert encore actuellement, les seuls monuments architecturaux de la ville antique reconnaissables aujourd’hui. La citadelle byzantine occupe la partie nord-est de la ville actuelle. J’en ai relevé le périmètre d’une façon approximative et j’en donne ici un croquis.

La face nord légèrement brisée vers le milieu porte quatre tours carrées dont deux d’angle, et a près de 120 mètres de long; la face G

ouest est une longue courtine de 45 mètres delongrejoignant la courtine suivante sous un angle assez prononcé (tour à chaque extrémité) ; la face II est semblable, la facel présente à son extrémité ouest une tour à quatre faces (engagée sur l’une d’elles et une autre carrée) ; la face J a une interruption en son milieu; elle s’engage à cet endroit dans les restes d’une voûte d’arête en blocage sur piles en maçonnerie, probablement un des vestiges apparents des thermes de Thubursicum. Le front J se continue ensuite pour aboutir à l’angle est de la face nord. Ces murs sont construits de fragments pris de tous côtés, architraves, inscriptions, pilastres, pierres de toute provenance, etc... Ils ont été

Fig. 60, — Appareil des murs de Teboursouk.

relevés en toute bâte au moment de la reconstruction de cette fortification par Thomas. A cette époque, il est probable que la ville, détruite en partie par les Vandales, n’existait plus que dans la région comprise dans ces murs byzantins. Je donne (fig. 60) un dessin de l’appareil de ces murs d’après une photographie que j’en ai faite. On remarquera dans la partie supérieure du mur, au tiers de la hauteur apparente, la construction par grandes pierres en délit placées au-dessus de lits horizontaux formés par de grands blocs de pierre comprenant des parties en moellons. Il me semble qu’ici (front I) nous sommes en présence d’un remaniement très hâtif datant de la dernière restauration de la forteresse : la forme irrégulière de la partie supérieure du mur en grand appareil indique une brèche qui aura été réparée au moyen de ces matériaux rapportés. 11 est singulier de retrouver partout en Afrique ce système de chaînages et' harpes en grands matériaux avec remplissage de moellons. Je sais bien que, dans l’exemple que je donne ici, on pourrait voir une façade munie de fenêtres grossièrement ménagées dans la construction et rebouchées après coup. Je ne crois

pas que cette supposition puisse être soutenue, et cela, pour les raisons suivantes :

i° Les niveaux des parties inférieures des baies ne sont pas correspondants.

2° L’épaisseur qu’on aurait dû donner aux planchers n’aurait pas été suffisante.

3° Pour un pays chaud et où la lumière est souvent aveuglante il aurait eu trop de fenêtres sur cette petite surface.

Dans la tour R qui est encore debout dans presque toute sa hauteur, et la seule dans l’intérieur de laquelle j’aie pu pénétrer, j’ai noté la disposition des meurtrières avec leurs côtés inclinés, leur linteau et l’arc de décharge qui soulage celui-ci. Au-dessus un plancher reposant sur des lambourdes posées sur des bandeaux moulurés, et sur des solives placées en AA' formait l’étage supérieur; j’en donne

un croquis (fig. 6i). La porte antique engagée dans le front nord del’enceinte ne doit pas dater d’une époque postérieure au règne de Septime Sévère.

Elle est d’un assez bon travail et, quoique très mutilée et très enterrée, on peut néanmoins en restituer l’ensemble. En voici une perspective état actuel et une restitution d’ensemble.

On doit penser qu’elle devait faire partie de l’enceinte antique de la ville et être une de ses portes, et non pas la considérer comme un arc de triomphe formant un monument isolé.

En A (remplissage de 1 arc), se trouve 1 inscription mentionnée plus haut : Salvis Dominis, etc.

Ce monument a 8ra,43 de largeur totale mesurée d’extérieur à extérieur de la frise de l’ordre. Il consistait en une arcade de 4"’,i4 de diamètre appareillée en tas de charge et sans archivolte supportée ainsi que les tympans latéraux par deux pieds-droits formés chacun d’un °i complet de pilastres corinthiens cannelés. Ces pilastres portaient probablement sur un soubassement. Comme cette porte se trouve en contre bas de la ruelle qui sert d’écoulement à la plus grande partie des eaux de la ville, lors des grandes pluies, ces eaux charriant de grandes quantités de boue et d immondices ont accumulé sur ce front

Fig. 6i. — Détails intérieurs de la tour R. Enceinte byzantine de Teboursouk.

nord une telle quantité de débris de tout genre, que la porte est enterrée actuellement d’au moins 4 mètres. L’entablement est composé d’une corniche formée par une doucine et un cavet, une frise sans ornements, et une architrave composée d’un talon surmonté d’un listel une face inclinée, une baguette et une face verticale. Les chapiteaux des pilastres ont om,44 de haut et les pilastres ornés de six cannelures rudenlées dans toute leur hauteur ont om,o72 de saillie sur le nu du mur auquel ils sont adossés.

Fig. 62. — Vue de ïa porte antique de Teboursouk ; état actuei.

La ville antique a dû avoir une étendue bien plus considérable que cette forteresse byzantine et en bien des points de l’enceinte arabe on reconnaît des traces de murs antiques (presque toute l’enceinte arabe est construite en pisé). La colline, qui s’élève au sud-ouest de la ville et en porte une partie sur ses pentes escarpées, a été autrefois exploitée comme carrière pour Thibursicum et les traces de cette exploitation y sont encore visibles dans beaucoup d’endroits. La pierre qu’on en extrayait est un calcaire blanc assez dur et d’une belle couleur.

La défense d’entrer dans les mosquées de Teboursouk m’a empê-

ché de reconnaître si dans ces constructions on avait fait usage d e colonnes antiques. J’ai remarqué d’ailleurs en beaucoup de points du souk, à des angles de maisons et aux arcades près de la grande mos-

Page 1