‹ Description des antiquités de la régence de TunisChapitre 30 sur 46 · Lib. 111, cap. ni · texte numérisé non relu

Lib. 111, cap. ni

(si on prend les diamètres supérieurs comme unité, ils en ont 3) et sont égaux tous les trois l 2 3. « Si le temple doit être tétrastyle on divise la dimension transversale de l’espace qu’il doit occuper en onze parties et demie, non comprises les saillies du soubassement et des bases des colonnes. » Nous retrouvons ici cette proportion exacte, cette division 1/ 1 1 , 5 sera le module.

Plus loin nous retrouvons la prescription ci-dessus pour l’entre-colonnement; nous avons remarqué que contrairement aux prescriptions de Vitruve les trois entre-colonnements de la façade sont égaux. — « La hauteur des colonnes sera de 8 modules 1/2 », ce qui se vérifie avec le diamètre inférieur, et pour le fût ; nous trouvons de même, entre la cella et le portique antérieur, l’espace vide formé par la suppression du deuxième rang des colonnes dans les temples périptères, dont le pseudo-périptère n’est pour ainsi dire qu’une contraction.

§ 1 1 *. — « Les colonnes d’angles doivent être faites plus fortes de 1 / 1 5 du diamètre parce que, se détachant sur le ciel (pour le spectateur placé près du temple et en face) elles paraissent plus grêles qu'elles ne sont réellement. C’est le renflement appelé par les Grecs ev-acuç, renflement qui est ajouté au milieu du fût de la colonne » . Ceci se vérifie, à Dougga, non seulement sur les colonnes d’angle, mais encore sur les deux colonnes latérales qui, se détachant aussi sur le ciel, étaient amaigries par le rayonnement, aussi ont-elles le renflement comme les colonnes d’angle. On s’explique facilement cette règle basée sur une observation fort juste : qu’on regarde, se détachant sur le ciel, un barreau vertical dans une fenêtre un peu haute, ce barreau paraîtra aminci ; en le rendant proportionnellement à l’amincissement apparent constaté ne lui rendra-t-on pas l’aspect qu'il devrait avoir? C'est ainsi que dit très judicieusement Vitruve : « il faut corriger l’erreur involontaire des yeux en tenant compte de sa valeur ».

« Pour les faces latérales on prendra deux fois le nombre des entre-colonnements de face. » — Ma restitution prouve que cette proportion se retrouve sur le temple de Dougga, si on suppose des pilastres le long de la cella (fig. 118)5.

« Les degrés en façade doivent être en nombre impair, de façon à ce qu’en montant au temple, ce soit le pied droit qui soit posé sur pre-

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