partie centrale de cet édifice
des repas; des statues y avaient été élevées Le sol actuel est à peu près à 2 mètres ou 2m,5o du sol antique, très probablement.
Citernes , aqueducs , sources et thermes.
Un aqueduc, dont les premières traces se voient à près de 1 kilomètre à l’ouest de Dougga, y conduisait les eaux abondantes; quelques arcades appareillées avec refends et bossages portent cette conduite pendant une certaine distance, le conduit devient ensuite souterrain et suit le tracé indiqué sur le plan. Des regards pratiqués de distance en distance permettaient l’inspection de cet aqueduc. Ces regards ont la forme de puits circulaires dont une longueur de 2 mètres à 2m,5o sort de terre. Il est probable que ces regards servaient non seulement à l’entretien de l’aqueduc, mais encore à puiser de l’eau pour irriguer les jardins qui se trouvaient, comme aujourd’hui, de ce côté de la ville.
Les sources alimentées par cet aqueduc sont la source du nord et la source du sud. La source du nord est en plein air et à une centaine de mètres environ des citernes principales. L’aqueduc passe devant ces citernes et est crevé en un endroit par lequel on voit parfaitement l’eau qui coule dans le conduit antique.
t. C. /. L., VIII, i5o2,
La source du nord n’est pas la seule alimentée dans cette direction et derrière la porte Bab er-Roumia, une source sort de terre au- dessus des citernes qui sont près de Bab-er-Roumia, et au-dessous de ces citernes on l’utilise pour arroser les nombreux oliviers qui sont plantés dans ces terrains.
Enfin vers le sud du village, encontre-bas du chemin d’Aïn-Hedja, une source très abondante s’écoule dans un réservoir formé de pierres antiques. Cette source du sud est probablement alimentée par un conduit antique descendant de la source du nord. Auprès de cette source du sud se trouve un grand bâtiment antique voûté intérieurement et qui prend jour du côté de la source du sud par trois baies demi circulaires. Ce bâtiment était occupé par des Arabes et il m’a été impossible d’y pénétrer et d’y prendre des mesures. Auprès de ce bâtiment, quelques traces de murs avec voûtes, au milieu des cactus à droite et à gauche, en contre-bas de ce bâtiment, on aperçoit les resles d’un grand mur légèrement courbé au bas, quelques pans de murs et deux constructions circulaires entièrement voûtées et qui servent de moulins à huile; elles communiquent à une chambre souterraine, mais rien n’indique qu’on puisse y voir les ruines des thermes comme on l’a supposé.
Citernes.
Les citernes no i se composent de sept grands réservoirs construits en blocage enduit de ciment. Ces réservoirs ont 35 mètres de long à peu près sur près de 5 mètres de large. Les murs ont près de i mètre d’épaisseur et soutiennent des berceaux (comme les citernes du Kef, Rapport, fig. 35a, p. 204). Ces berceaux sont, comme au Kef, percés de trois ouvertures sur leur longueur afin de pouvoir y puiser de l’eau. Devant ces citernes passe un caniveau qui se branchait sur l’aqueduc allant à la source du nord. On entend encore de ce côté le bruit de l'eau qui se rend par l’aqueduc souterrain à la source du nord. Actuellement ces citernes dont la partie antérieure est démolie, servent d’étable et de greniers aux habitants de Dougga.
Citernes n° 2. — Ces citernes placées près de Bab-er-Roumia, à une dizaine de mètres au plus, se composent de cinq réservoirs parallèles de 34™, 3o de long; devant ces citernes un couloir de 3,n,3o servait probablement d’arrivée à l’eau. Ces cinq réservoirs occupent une longueur de 32 mètres environ; au deuxième réservoir le mur intermédiaire recevant la retombée des voûtes est percé d’un canal voûté
de om,55 de large; ce canal aboutit à un autre qui lui est perpendiculaire perçant les murs par de petites portes de im,3o de haut. Ces deux canaux servaient probablement à la surveillance. Les reins des
Fig. 126. — Bab-er-Roumia, plan.
voûtes sont remplis de façon à former des plans allongés rectangulaires; un mur ou parapet entourait cette parlie supérieure de façon à empêcher qu’on ne pût y jeter des immondices {Rapport, fig. 191, p. no). Les eaux de pluie recueillies sur cette surface supérieure se rendaient par des ouvertures dans le conduit antérieur, dans lequel elles tombaient d’assez haut.
Portes triomphales (pi. VI).
Deux de ces portes existent, l’une en ruines au sud-est du village, l’autre encore en grande partie debout, mais enterrée de près de 2m,5o. Nous commencerons par l'étude de celle-ci que les habitants de Dougga appellent Bab-er-Roumia , porte de la Chrétienne. L’inscription qui la décorait a été plusieurs fois publiée1. Cet arc élevé à Alexandre Sévère et àJulia Mammaea date par conséquent du premier quart du m° siècle (de 222 à 235). Cet arc consiste en une arcade de 3m,97 de diamètre soutenue par des pieds-droits décorés sur leurs faces antérieure et postérieure de niches peu profondes de forme rectangulaire, 2m,225 de haut sur i,n,o62 de large; ces pieds-droits sont ornés chacun de quatre pilastres cannelés dont les cannelures sont remplies dans leur premier tiers par des baguettes demi cylindriques. Ces pi-
1. Imp. Caes. divi Antoninimagni pii fitio divi Veripii nepotis M. Aurelii Severo Alexandri pio felicis Aug. p. p. pontif. max. tribun, potest. cos. et{Juliae Mammeae matri.
Fig. j 28. — Bab-er-Roumia, détails, état actuel.
lastres étaient précédés (face antérieure et face postérieure de l’arc) de colonnes dégagées, probablement d’ordre corinthien, ainsi que les pilastres; les chapiteaux et les architraves, ainsi que les colonnes, ont disparu; un fragment d’architrave sur la face est existe encore au-dessus de l’arc; la différence entre la hauteur de l’architrave et le sommet des claveaux de l’arc est rachetée par une assise décorée de médaillons alternativement ronds et losanges au milieu desquels sont sculptées de petites rosaces. Cette assise a om,52 de haut. L’ornement de l’arc, dont les voussoirs à 45o° sont très longs, consiste en une petite moulure en forme de talon surmontant un très petit listel et mesurant en tout om,i2. L imposte de l’arc est un talon surmonté d’un listel. Au même niveau règne sous
les niches une moulure composée d’un quart de rond, d un listel, d’une doucine, d’une baguette et d’un listel.
La base des pilastres repose sur un dé dont les faces sont décorées
Fig. 129. — Élévation restituée de Bab-er-Roumia.
d’un cadre rectangulaire de om,36 de haut sur om,70 de large. Des
Fig. i3o. — Caisson de Bab-er-Roumia, état actuel et restauré.
caissons de plafond qui semblent avoir appartenu à ce monument se voient à 5 ou 6 mètres à l’ouest de cette porte. Ils sont ornés d’une
rosace à sept feuilles, et le soffite allant d’une colonne à l’autre était composé d’une épaisse guirlande de feuillages assez grossièrement sculptés. L’épaisseur de l'arc est de im, 53 (sans la saillie des pilastres).
Fig. i3i. — Arc sur la route d’Aïn-Hedja.
Cet ordre reposait sur un soubassement dont on voit encore la moulure supérieure au bas de la façade ouest.
Au-dessus de la corniche de l’ordre s’élevait un attique sur lequel l’inscription était gravée, probablement comme à l’arc de Dioclétien à Sbeïtla ( Rapport p. 86, fig. i5o) auquel Bab-er-Roumia ressemble en plus d’un point, ordre corinthien dégagé, formant avant-corps de
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