‹ Description des antiquités de la régence de TunisChapitre 39 sur 46 · Au sud-ouest du gymnase · texte numérisé non relu

Au sud-ouest du gymnase

tient l’inscription rapportée par Guérin 352-353, une partie de l’inscription qui avait échappé à ce voyageur est celle-ci 1 :

IDEM FELIX CVM ESSET ANNORVM LX CORPVS SIBI A SE ROGATAE CON1VGI INSTITVTVM DEDICAVIT INSVPER VIXIT ANNIS VI FIVNT TOT1VS VITAE EIVS QVO ADVIX1T LXVI HIC SITVS EST IDEMQVE ROGATA CONIVNX EIVS CVM ESSET ANNORVM XXXXVIIII HOC OPVS CVM MELLITO MARITO SVO DEDICAVIT INSVPER VIXIT XII ANNIS XXVIIII . OTIVS VITAE EIVS QVO ADVIXIT AN LXXIII.

Cette inscription est gravée sur la pierre qui forme la dernière assise du soubassement au-dessus de la moulure inférieure de ce soubassement. Cette inscription se trouve au fond d’une cavité carrée de 4 mètres de côté formée par le déblayement partiel du mausolée.

Plus haut, au-dessus de l’aqueduc, sur une colline que mon guide

appelle Beni-Serdà, je dessine un mausolée romain ruiné, composé (fig. 1 35) d'une partie circulaire de4 mètres de diamètre accostée de deux salles rectangulaires ruinées aussi. La particularité curieuse que présente ce petit monument en blocage est que dans la salle ronde dans

i. Quoique je n’aie pas copié la disposition des lignes de l’original, je cite cependant cette inscription inédite que mon ami R. Cagnat n’a pas pu retrouver à son dernier voyage à Dougga, peut-être est elle détruite. Elle comptait trois lignes. Cette inscription est intéressante parce qu’elle donne, pour ainsi dire, l’histoire de la construction de ce petit monument.

les parois de laquelle des niches étaient pratiquées la niche du milieu contientencore une urne cinéraire encastrée dans la maçonnerie. Cette urne cinéraire consiste en une boite en pierre dure, décorée sur sa face

antérieure d’une inscription mutilée; cette urne mesurait nm,52 de haut et o m, 67 de large (remarquons encore ici la persistance de cette mesure om, 52 dans d'Afrique, comme nous l’avons remarqué ici pour le temple de Jupiter et déjà dans notre précédent Rapport dans la comparaison des mesures, v. Rapport, p. 1 34) - Cette urne était fermée par un couvercle s’insérant dans une rainure en forme de feuillure.

La nécropole 3 contient, comme nous l'avons dit, de nombreux cippes enterrés presque complètement, à l’ouest de Bab-er- Roumia; un autre est entre cette porte et les citernes, et a été déterré ; quelques-uns sont aussi à l’est de cette porte. La nécropole 4 a été pillée en partie et on retrouve une partie de ces tombes dans la partie nordouest des murs refaits à l’époque byzantine, j'en donne ici des dessins. Une de ces tombes a la forme (fig. i36) de ces cippes qu’une imitation

Fin

.■>7. — Tombe avec haut-relief.

maladroite de l’antique a convertis si fréquemment, au commencement de ce siècle, en motifs de pendules. Elle représente trois autels en très bas-relief au-dessus desquels deux couronnes de feuillages entourent des inscriptions illisibles; au-dessus de ces couronnes et dans l’axe du

monument, un oiseau prend son vol. Cette tombe est encastrée dans le mur byzantin.

Près de l’angle nord-ouest, un fragment de tombe très curieux et malheureusement brisé (entre les dolmens et cet angle) nous a été signalé par M. Marius Boyé. Il se composait d’une niche décorée de deux pilastres cannelés el d’un fronton, abritant une figure debout, vêtue d’une tunique et chaussée de sandales; la partie inférieure subsiste seule, j’en donne ici un croquis (fig. 137).

A l’ouest de ce point, et avant d’arriver au stade se voient des fragments de cippes, parmi lesquels j’en dessine un qui est assez bien

conservé, et sur les faces latérales duquel on a représenté un canthare assez délicatement sculpté (fig. i38).

Au delà de ces tombes, un mur assez long limitant à droite la partie plane, au bas des premières assises rocheuses des carrières, formait probablement un stade. A chacune de ses extrémités se voient de petites parties demi circulaires (cœîvoirr, ou funda ); ce qui peut faire croire que cet édifice est un stade, c’est d’abord cette disposition du mur de droite, contre les carrières le long desquelles on pouvait parfaitement s’asseoir pour voir les courses à pied ; l’aspect des petites constructions demi circulaires et enfin la longueur entre ces deux parties demi circulaires qui, en tenant compte de la longueur indiquant dans l’intérieur de l’arène la distance à parcourir en ligne droite, est à peu près égale à 1 85 mètres, qui est la longueur du stade grec.

Terminons cette étude de Dougga par l’indication des époques différentes des parties de la fortification de cette ville. — Les fortifications préhistoriques ou plutôt préromaines sont l’angle nord-ouest de l’acropole. — Les murs ouest jusqu’à la source du sud sont probablement byzantins, ainsi que le long mur au sud-est et le réduit fortifié qui englobe le temple et les emplacements qui l’avoisinent, et datent de l’époque de la conquête de l’Afrique par les Byzantins1. Une poterne (en A, fig. 106) qui se trouve à 4m,45 de l’angle postérieur ouest du temple de Jupiter présente une particularité curieuse. Elle est fermée par un linteau soulagé par un arc légèrement ogival. Cet arc a été après coup légèrement évidé surses côtés, à une profondeur de om,ioà om,i5, afin de pouvoir y incruster un tympan orné soit de sculpture soit d'une inscription ; cet évidement a la forme demi circulaire. — De nombreux fragments d’inscriptions et des membres d’architecture sont incrustés dans cette partie du mur byzantin.

AIN TUNGA ( Tkignica ).

Ces ruines intéressantes ont été visitées par S. Grenville-Temple, Pellisier, Peyssonnel, Shaw, Berbrugger, Guérin, Willmans et en dernier lieu par le D1' Darré, médecin-major du ior régiment de cuirassiers, qui pendant l’occupation militaire de Aïn-Tounga y a copié

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