Jeune Satyre ou Faune, à jambes humaines
couronné de lierre ou d’olivier, assis sur une peau de
, le menton appuyé sur la main droite, en contem-
panthèr plation devant deux flûtes qui paraissent entre ses jambes. Sardonyx à deux couches. H.9 mill. L. 11 mill. Gravé, pl. VU.
Pline, dans son énumération des ouv
ges du célèbre
sculpteur Myron d'Éleuthère, cite, entre autres statues remar-
quables, un Satyre admirant des flütes, Satyrum admi-
rantem tibias. (Histoire Naturelle, xxx, 19, 3.) Notre
camée doit être l’une des nombreuses copies de cette fameuse
statue qui existèrent dans l'antiquité. Évidemment cette composition a dû jouir d’une grande popularité, puisque aujourd'hui il en existe encore beaucoup de répétitions sur
es gemmes, soit en creux, soit en relief, et qu'on la retrouve
jusque sur la monnaie romaine. Stosch a publié dans ses
Pierres gravées sur lesquelles les Graveurs ont mis leur nom, une intaille sur agate noire de même dimension que e joli camée de M. Louis Fould, et offrant absolument le mème sujet. (Voyez, pl. XLIV, p. 63.) Cette pierre, qui appartenait alors à un amateur nommé Odam, parait avoir passé depuis dans la collection de Marlborough, car je la trouve dans le Recueil des Pierres gravées du duc de Marlborough, t.1, pl. XXXIV. Le Cabinet des médailles de la Bi-
bliothèque impériale possède aussi le sujet du Faune admi-
rant des fiètes, gravé sur une cornaline. (Voyez Catal., par
M. Chabouillet, n° 1 .) Enfin, M. le duc de Blacas possè trois intailles avee le même sujet dans sa riche collection; l'une de ces pierres porte, comme celle publiée par Stosch, la signature NICOMAC qui a donné lieu à discussion. On s’est demandé s’il fallait y voir la signature d'un graveur nommé Nicomaque, écrite en caractères latins, ou si c'était le nom d'un possesseur, L'auteur anonyme du texte de l’ouvrage sur les Pierres de Marlborough pense que ce pourrait être le nom d’un musicien nommé Nicomaque, contemporain de Philippe et d'Alexandre, dont Pline parle comme ayant possédé
plusieurs gemmes. Mais, premièrement, pour que cette hypo-
thèse fût admissible, il faudrait que le nom de ce mus fût éc
pas fait attention que Pline ajoute que les pierres réunies par
:1en
it en caractères g ; secondement, l’anonyme n’a ce musicien étaient médiocres, zulld peritit electas. (Hist. Nat., xxxvu, 3.) Notre camée n'étant pas signé, je ne me
crois pas obligé d'entrer plus avant dans cette controver:
qui ne peut, d’ailleurs, mener à aucun résultat important
pour l’histoire de l'art, puisqu'on ne sait rien de ce Nico-
ion dans le
maque. On peut voir le résumé de cette ques Manuel de l'Histoire de l'Art, de M. de Clarac. (V. €. HE, p. 155.) J'ai dit plus haut qu'on trouvait la compos
Faune assis, admirant des flûtes,
tion du
jusque sur la monnaie ro-
maine. En effet, c'est le type du revers d'un des deniers d'argent frappés au commencement de l'empire, sous l'administration de Publius Pétronius Turpilianus, triumvir monétaire, vers l'an 734 de Rome, vingt ans avant Jésus- Christ, Un exemplaire de ce denier, d’une mauvaise conservation, existe dans le médaillier de la Bibliothèque impériale; il porte, d’un côté, le buste de profil d'Auguste, la tête nue, avec cette légende : CAESAR AVGVSTVS, Au
, tout à fait dans la même
revers, on voit le Faune
amée de M. Louis Fould, avec les
pose que sur le joli
deux flûtes qu'il contemple avec admiration. La légende, dont le troisième mot qui devrait se lire à l’excrgue est effacé sur l’exemplaire de la Bibliothèque impériale, mais qu'on litsur un autre de ces deniers, dans la collection de M. Arnold Morel-Fatio à Paris, ne fait pas allusion au type ; on y lit seulement les noms du magistrat monétaire
P. PETRONIVS.TVRPILIANVS.II.VIR. Quel est le motif
qui a dicté à Pétronius le choix de ce type? On l'ignore;
cependant, il semblerait que Pétronius avait une dévotion articulière à l'égard des Pans, Faunes ou Satyres, car
sur les vingt types variés de la monnaie d’Auguste qui
sortent son nom, on trouve, outre notre jeune Faune, un Pan ou Salyre à jambes de bouc. Peut-être Pétronius fut-il l’heureux possesseur de la statue de Myron, célérée par Pline, et voulut-il perpétuer le souvenir de cette
sonne fortune en la faisant reproduire sur la monnaie. Il n’y
lieu de
aurait pa étonner qu'un triumvir monétaire eût pris une semblable liberté; le choix des types leur était évidem-
ment abandonné, car la plupart des sujets représentés sur
es deniers dits consulaires font allusion à l’histoire de la
famille dont était issu le triumvir qui les signait de son
nom. Voyez la figure du denier de Pétronius dans les Médailles consulaires de M. Cohen. PI. XXXI, 19, p. 246. 931. — Bacchante, debout, les seins nus, tenant d’une main une coupe, et de l’autre le thyrse. Travail romain de basse époque. Sardonyx à trois couches. H. 33 mi