OBJETS DIVERS EN BRONZE
ÿ. — Candélabre de bronze. Le lampadaire est porté sur un trépied terminé par trois pattes de lion posées sur autant de tortues. Trois sujets mythologiques découpés
décorent le trépied : |
1° Hercule, revêtu de la peau de lion et la massue à la |
main, enlevant Déjanire qui, revêtue d’une longue robe
et coiffée d'une sorte de capuchon, enlace le cou du héros
dans ses bras
2? Deux Centaures, sous la forme de Satyres à oreilles pointues et à pieds de cheval, barbus, nus et ithyphalliques, en course. Ils semblent poursuivre les deux femmes qui figurent sur le troisième compartiment ;
3° Deux femmes nues, à l'exception d’une ceinture nouée de façon à suppléer en quelque sorte à un
vêtement.
Ces trois sujets sont portés sur des rinceaux découpés et sur des palmettes. Trois têtes humaines barbues et cor-
nues, c’est-à-dire, trois têtes de fleuves, décorent le haut
du trépied. Le fût, divisé en trois compartiments, se ter-
mine lé
mment par une sorte de bouquet de six branches
destinées à porter de petites lampes. Trois de
es lampes sont terminées par des pommes de pin. H. 40 cent. Gravé, pl. XV.
Ce candélabre est un des joyaux de la collection; sa conservation, qui est parfaite, en fait un des plus précieux monuments de l’art étrusque que l'on connaisse à Paris. La planche ne fait voir qu'une des faces du trépied, celle où Hercule enlève Déjanire, sujet qui n'exige pas de longs elle dis
pliquent que trop clairement. Il se
commentaires
simule prudemment les deux autres
it donc inutile fe
quer qu'on aurait tort de vouloir à toute force y trouver
qui ne sex
de s'étendre sur ces deux sujets, mais je doi
*e reMar-
une corrélation avec le premier. On peut tout au plus y reconnaître un rapport indirect, en ce que ce sont des
scènes analogues, puisque dans les deux cas il s’agit de
femmes enlevées ou à enlever. La fantaisie jouait dans
la décoration des objets mobilier
même de ceux qui
étaient consacrés au culte, un rôle beaucoup plus grand
qu'on ne le croit géné
ilement. Il suflisait que les types
ne fussent pas en contradiction avec les idées reçues pour qu'on se permit de les employer sans trop s’astreindre à une logique rigoureuse. Les vases fourniraient de nom-
ertion, mais
breuses preuves de celte as les monuments
de bronze en offrent aussi de très-concluantes. Je pui
du reste, citer à l'appui de ce qui précède, ces lignes écrites par M. le duc de Luynes dans un mémoire qui, sous ce titre modeste, Trépied de Vulci, est un excellent
traité sur les trépieds en général. « Il y a tout lieu de
LC penser, comme nous le verrons par un exemple encore «plus frappant, que les artistes étrusques employaient dés
rents MmO-—
« ornements identiques à la décoration de diffé « numents, toutes les fois que le symbolisme religieux et le
« goût leur en lai
ient la faculté.» (V. Nouvelles Annales
de l'Institut archéologique, t. M, p. 240, no On peut
lire aussi le développement de cette observation dans le
note 3, même page.) En finissant, je dois dire qu'un coup
d'œil sur les planches de Micali, du Museum Etruscum
Gregorianum, où même du recueil de Carlo Ceci, intitulé Piccoli Bron
! del Real Museo Borbonico, suflira pour
convaincre le lecteur de l'importance et de la rareté du
monument qui remplit notre planche XV.
andélabre reposant sur trois grifles de lion.
ampadaire est porté par un Satyre à pieds de cheval qui s'appuie de la main droite sur un pedum. H. 27 cent. Gravé, pl. XVI. Style étrusque.
3. — Candélabre porté sur trois jambes humaines formant le triskèle ; les pieds sont chaussés de sandales ; une draperie, qui rappelle la schenti des figures égyptienne couvre les jambes à l'endroit où elles se réunissent. La tige, en spirale, est surmontée par une figure de divinité
mâle, ailée, dont le corps est terminé en deux larges
queues de poisson. Le dieu, qui rappelle le Dagon ou l'Oannès de l'Orient, est barbu et nu; des deux mains levées il supporte sur sa tête, comme un /elamon, le plateau carré qui devait porter la lampe. H. 49 cent. La figurine est haute de 10 centimètres.
Ce beau candélabre, aussi intéressant par la finesse du travail et par son excellente conservation que par le sujet, qui est rare et curieux, provient des fouilles exécutées dans es domaines du prince de Canino. Il porte le n° 263 dans a Description d'une collection de vases peints et bronzes antiques provenant des fouilles de l'Étrurie, par J. de Witte. Paris, 1837. Le savant antiquaire fait remarquer avec raison l’analogie de la divinité représentée ici avee e Dagon ou Oannés oriental. On peut voir dans le Cabinet Pourtalès, de M. Panofka, pl. XV, un vase de manière vhénicienne, qui offre cette même divinité, On la retrouve également sur les cônes babyloniens et persépolitains. On eut voir aussi dans le Ca. Durand, par le même M. de Witte, sous le n° 373, la description d’un vase d’ancien style étrusque sur lequel parait le dieu-poisson dont il vient d'être
arlé.
1229, — Candélabre porté sur trois griffes de lion. Au
sommet quatre fleurons en fers de lance destinés à sup-
orter soit des lampes, soit des simpula ; au centre de ces fleurons, groupe de style étrusque ; un Satyre ithyphallique, barbu, à pieds de cheval, peut-être un Centaure, agenouillé, tient dans ses bras une femme qui élève les mains au ciel. Cette femme est vêtue d'une longue robe et d’une sorte de peplus. Cest peut-être Nessus et Déjanire. On sait que les Centaures sont souvent figurés comme des Satyres à pieds de cheval. H. des figures, 11 cent. H. totale du candé-
labre, 97 cent.
1230.— Candélabre à fût cannelé, porté sur trois griffes de lion, Au sommet, quatre fleurons presque semblables à ceux qui viennent d’être décrits, n° 1229 ; au milieu de ces fleurons figurine d’Hercule debout, revêtu de la peau de lion. On ne distingue plus les autres attributs. H. de la
figure, 12 cent. H. totale du candélabre, 1 mètre 11 cent.
1231. — Candélabre reposant sur trois pieds de biche.
Sur la tige, un serpent qui menace un coq. H. 40 cent. Provient de la vente Durand. C’est le n° 1907 du Catalogue, par M. de Witte.
. — Candélabre reposant sur trois pieds de cheval.
Sur le fût cannelé, un coq en relief. H. 41 cent.
1233 et 1234. — Deux candélabres semblables reposant
sur trois pieds. La tige est décorée de spirales. H. 25 cent.
1235. — Candélabre, ou plutôt fût de candélabre, figurant un arbrisseau avec ses nœuds et son écorce. H.
1 mètre.
1236. — Candélabre à fût cannelé, reposant sur trois griffes de lion. H. 92 cent.
1237. — Lampe à un seul bec
l'anse est formée d’une double branche arrondie. La partie supérieure est décorée de rinceaux et d’une palmette incrustée en argent, H. 6 e. Long. 15 cent. Les incrustations d'argent qui décorent
cette jolie lampe sont fort bien conservées.
Belle patine verte. H. 4 cent. Long. 12 cent.
.— Lampe sans sujets, à un seul bec, avec anneau.
1239. — Lampe figurant un pied humain chaussé d'un sandale. L’anneau qui sert d’anse est décoré d'une feuille de vigne de laquelle part une chainette de suspension qui se rattache à un petit anneau sur le pied. Le couvercle est orné d'une figurine représentant un enfant endormi, où un génie du sommeil. Ce précieux petit meuble a conservé des traces d’incrustations en argent. On distingue deux pampres en argent sur le talon; les ongles du pied sont en argent. H. 9 cent. Long. du bec à la chaînette, 19 cent. Gravé, pl. XVII.
Il existe une lampe en forme de pied humain au musée Borbonico de Naples, mais sans la figure du génie. Voyez les Piccoli Bronzi del Real Museo Borbonico, par Carlo Ceci, #. Napoli, 1854, pl. IL, n°8.
1240.— Lampe à deux becs, ornée de quatre mascarons. L'anse est décorée d'une feuille triangulaire. Diam. du récipient, 18 cent. Cette lampe paraît avoir été moulée sur
l'antique.
1241.— Lampe. Une tête de Silène d’excellent style décore la partie supérieure; une feuille de vigne placée au-
dessus de l'anneau forme l'anse. H. 3 cent. L. 8 cent.
1242. — Lampe de bronze à une mèche, avec chaînettes
destinées à la suspendre aux branches d’un candélabre.
H. 2 cent. 1/2. L. 8 cent.
1243. — Lampe de bronze à deux mèches, avec chainettes. Une feuille triangulaire sert de manche. H, 2 cent.
L7 cent. 1/2:
1244, — Lampe de bronze à deux mèches, avec la chai-
nette. Une feuille décore l’anneau qui sert de manche, H. 2 cent. 1/2. L. 8 cent.
de bélier. Le sujet gravé sur la face principale est entouré
— Miroir étrusque. Le manche se termine en tète
d'une couronne; on y reconnaît les Dioscures et leurs
deux sœurs, Hélène et Clytemnestre, ou Phœbé et Hilaire,
leurs épouses, représentés debout. Long. 26 cent. Ce
miroir:se recommande par sa conservation et sa belle f
tine bleue.
1246. — Trépied de bronze, revêtu d'argent. H. 1 mètre. La décoration de ce trépied est d’une élégante simplicité. Le bassin à parfums qui a disparu reposait sur trois pieds terminés par trois griffes de lion et réunis par trois X
rétrécissent à volonté. Ces trois
qui s'élargissent et se pieds sont surmontés chacun d’un buste de femme sortant
d'une fleur. Ces bustes sont parfaitement semblables et
représentent une déesse, peut-être Junon, revêtue d'un
peplum. Deux des pieds sont de
imples tiges plates et
droites ; un seul, le pied principal ou antérieur, est décoré
de la figure conventionnelle de lion qu'on voit si souvent former le support des siéges et des tables antiques. Tei cet ornement consiste en une tête de lion réunie à une palmette qui figure la griffe de l'auimal par un fleuron ou ornement curviligne qui représente le corps et la patte; un vase à deux anses posé sur un trépied est sculpté en relief, au repoussé, sur ce fleuron. Le travail de ce rare
et important monument de l'antiquité n’est pas sans quel-
ar
que \ogie avec celui de la célèbre chaise curule antique,
appelé
Trône de Dagobert que l'on conserve au Musée
du Louvre. Je ne puis omettre de dire ici que cette analogie confirme les vues émises par M. Charles Lenormant
dans une savante dissertation où
compare la décoration de ce trône célèbre à celle des trépieds antiques. (Voyez, Martin et Cahier, t. I",
p. 197-171 et suiv.) Si le savant antiquaire avait connu le
Mélanges archéologiques des PP.
trépied de M. Louis Fould, lorsqu'il écrivit ce mémoire, il l'aurait certainement cité à l’appui de l'opinion qu'il émet-
tait alors le premier. Les têtes et jambes de lion, qui
forment les pieds de ce trône, offrent une certaine ressem-
blance avec ceux de notre trépied qui ne me paraît pas
devoir être attribué à une haute antiquité, mais doit au
contraire être cla
sous l’époque impériale, et même vers
le bas temps. Il est inutile d’insister sur l’excessive raret
des monuments de cette importance. On connaît un assez grand nombre de trépieds, mais il n’en est guère qui aient conservé jusqu’à nos jours le revêtement d'argent qui distingue le nôtre. Parmi les trépieds les plus connus je citerai celui du Louvre qui provient d'Hereulanum et dont on peut voir une bonne figure à la suite de l’article de M. Charles Lenormant, cité plus haut, pl. XXVII; ceux de pl. IV des Prccoli Bronzi, ete., del Museo Borbonico, de Caxlo Ceci ; le beau trépied du musée Kircher au Collé
Naples publi
> romain, à Rome; celui du Cabinet Pourtalès,
LOUIS
FOULD
décrit par Panofka, pl. XI, p. enfin celui que l’on con-
serve au musée de Douai et celui qui fait partie du musée
de la Société des antiquaires de Normandie, à Caen; voyez
Recueil de notices sur l'arrondissement d'Avesnes, par le
ident Lebeau, avec additions par Michaux. Avesnes,
1859. Voyez aussi p. 229, Mémoires de la Société des
antiquaires de Normandie, t. NV, p. 342. Voyez enfin l'Augusteum, de Becker, tav. V, le musée Bouillon, et Pivanesi, Vasi, candelabri, cippi, tripodi, ete.
J'ai nommé dans la description, pied principal ou antéet
figure un lion, ce qui indique évidemment que c'était celui
rieur, celui des trois pieds qui est plus orné que les autre:
qui devait être toujours placé en avant. Cette circonstance
rare et peut-être unique jusqu'ici est à noter, car elle ten-
drait à infirmer une proposition émise par M. le duc de
Luynes dans le mémoire sur le Trépied de Vulei que j'ai cité plus haut (v: n° 1226). L'illustre antiquaire s'exprime ainsi : « Rien dans l'antiquité figurée n'autorise à considé- « rer les trépieds comme ayant eu un pied principal plus « richement orné, destiné à être placé en avant de préfé- « rence aux autres.» M. de Luynes était en effet autorisé à parler ainsi, puisqu'il avait recherché toutes les formes connues de trépied; mais lorsqu'il écrivait ce mémoire, qui date déjà de plus de vingt années, le trépied de du fait
engagerait sans doute aujourd'hui le savant académicien à
vidence
M. Louis Fould n'était pas connu, et T
modifier cette phrase qui se trouve au milieu d’une intéres-
sante discussion sur un passage de Pausanias sur les tré-
pieds du temple d’Apollon Amycléen commenté par Siebelis dans son édition du voyageur grec, voyez Adnotationes
ad lib. LIT, cap. XVIIL, S 5, t. IL, p. 54.
1247. — Pied d'un trépied. Le motif est le même que celui du grand trépied, décrit plus haut sous le n° 1246. C'est le lion de convention, dont la tête et la patte sont réunies ici par un fleuron orné de lames d'argent; les yeux sont également en argent. H. 8 cent. Très-bon travail.
Époque romaine.
1248. — Trépied destiné à supporter une lampe. Les
trois pieds sont façonnés en grifles de lion. H. 16 cent.
1249. — Vase de bronze tout uni, sorte d’ænochoé, sans
autres ornements que son anse décorée de rinceaux 6l6gamment découpés. Diam. de l'orifice, 11 cent. Cire. 81 e.
La forme de ce vase est d'un dessin très-pur. Il a été trouv
à Lyon.
patine verte et par sa forme qui est d’un dessin très-pur.