SSOUS
du clocher et au-dessus de la coupole, une figure du roi
psalmiste jouant d'une sorte de rebec .ou de violon. Les niches des deux contre-forts principaux sont occupées,
celle de droite par une figure de saint couronné, et tenant
une flèche, peut-être saint Sébastien ; celle de gauche, par une figurine de saint évêque, tenant la crosse de la main droite, et de la gauche un cœur. Sur le pommeau qui sépare lo lettre; ces lettres réunies pa Notr
imitation des légendes
le fût en deux parties anges chargées chacune d’une
aissent former le
nom de
Seigneur IHECVC. Les C sont des S employés ici par
hybrides où le sigma lunaire des Grecs entre dans la composition du monogramme ou du nom de Jésus. Le pied de celte monstrance forme une
« lobe:
ou du commencement du xv° siècle,
rosace H. 64 cent. Travail de la fin du x1v
Les monstrances ou reliquaires à elochetons du type
qu'on vient de décrire ont servi de modèle aux ostensoirs proprement dits qui ne remontent nécessairement qu'à l’époque de l'institution de la fête du Saint-Sacrement,
c'est-à-dire à l’année
Que l'on compare ce re quaire avec le grand ostensoir, n° 1667, et l’on sera convaincu de la justesse de cette observation que j'emprunte
M. le comte de Laborde. (Voyez son Glossaire au mot
ostensoir.)
1667.— Ostensoir d'argent. Le cylindre de verre de:
tiné à contenir l’hostie a disparu, mais
sa place est
marquée sous la coupole soutenue par des contre-forts
portant des clochetons dans l’un desque st pratiquée
une niche où parait la sainte Vierge, debout, tenant d’une
main l'enfant Jésus et de l’autre une épée flambo
yante. Le
croissant, avec rainure destinée
à porter l’hostie, repose sur un fleuron. De chaque côté du cylindre, une figurine d'ange tenant une épée flamboyante. La tige qui supporte tout cet édifice repose sur un pied en forme de rosace ou quatre-feuilles. L'écusson émaillé des armes du donateur de cet ostensoir paraît sur le pied : d'argent à la fasce den-
telée de gueules au lambel de quatre pendants d'azur.
H. 59 cent. Travail du xtv°
cle. Voyez n° 1666.
1668.— Chef, ou reliquaire destiné à renfermer la tête
d'une sainte, probablement une reine, car elle est revêtue d'un manteau de pourpre et porte la couronne royale.
Le couvercle qui formait l’occiput manque. La sainte,
dont ce reliquaire représente la tête et le haut du buste, a de longs cheveux disposés en huit grosses tresses qui flottent sur ses épaules; la couronne qui ceint son front est ornée de sept pierres d'imitation en cabochon. Le banzravés en relief
deau de la couronne est chargé de trèfle:
doux; le manteau de pourpre est également bordé de trèfle
1 bordure a conservé des traces de dorure. La fibule ou
agrafe du manteau est décorée d'une pierre imitant le sa-
phir. Le chef est en cuivr.
; il a été exécuté au repouss
et revêtu de
vernis de diverses couleurs, Le verr pourpre du manteau s'est remarquablement eonservé. III. H. 28 cent.
On rencontre rarement des monuments de ce genre hors
Gravé pl. X)
des églises; les collections du Louvre et de l'hôtel de Cluny ne possèdent pas un seul chef; M. Louis Fould en avait réuni trois; voyez n° 1669 et 1670; mais celui-ci, qui remonte au x siècle, est le plus remarquable par son
ancienneté et la sévérité de son style. Sa provenance est
inconnue.
1669,— Chef ou reliquaire exécuté au repoussé comme
le précédent (n° 1668), mais auquel on a laissé la couleur
jaune du cuivre
C’est le buste d’une sainte; à l’occiput, est pratiquée une petite ouverture qni permettait de voir
les reliques. Les cheveux d
la sainte séparés sur le front
en larges bandeaux, flottent sur les épaules en deux lon- | gues tresses. Les yeux sont en argent avec prunelles en
émail imitant la nature, Une couronne de fleurs, symbole
de la pureté de la sainte, ceint son front; c’est un étroit
| bandeau cloué sur le chef et sur lequel étaient disposées régulièrement huit quintefeuilles et huit quatre-feuilles découpés et ornés de petites pierres d'imitation. Il ne reste que onze de ces fleurs et il manque aussi beaucoup des pierres qui les décoraient, Un charmant collier d'argent revêtu d’émaux incrustés est adapté sur le cou, au moyen de clous disposés quatre par quatre sur des losanges. Le croix se
motif des émaux est la détachant en noir sur
blanc da
un encadrement de couleur rouge. Au milieu du collier, un petit écusson armorié qui peut être blasonné
ainsi : d’ar
ent tiercé de gueules à l'étoile d’or en chef. Ce chef, qui paraît de travail allemand, est du x1v° siècle.
On croit qu'il provient du trésor de l'église de Bâle.
1670. — Chef en cuivre jaune, exécuté au repoussé comme les deux précédents; c’est encore le buste d’une
sainte; celle-ci a la tête couverte d’un voile dont les
plis laissant la face visible descendent jusque sur le sein et se
| mêlent sur les
épaules à de longues tresses de cheveux. On ne distingue que la partie supérieure de la tunique plissée de la sainte; l’occiput qui fermait le chef manque. Les yeux sont sans prunelles. Ce chef qui a été exécuté au xv° siècle
est enrichi d’ornements d’orfévrerie et de plaques émaillées
MONUMENTS
du xm'° siècle. Ces ornements, peut-être trop multipliés et qui ne sont pas de la même époque que le chef, lui donnent un caractère un peu étrange, mais, après examen attentif, il est facile de se convaincre que ces enjolive-
ments, dont notre goût un peu pédantesque peut blâmer la
convenance, sont loin d'être modernes et qu’ils ont été
demment ordonnés
il y a plusieurs siècles par une ab-
baye où une églis d'in-
On sait en effet par des pa
sage ventaires qu'on conservait dans les trésors des plaques émaillées, et que l’on employait ces réserves selon les circonstances. Décrivons maintenant ces ornements : sur le sommet de la tête parait une sorte d'olive en cristal de roche montée en cabochon; sur le front, une sorte de diadème formé par une étroite bande de cuivre, ornée de
seize petites pierre
en cabochon vraies et d'imitation, dis-
osées par gradation de volume, grenat, améthyste de E IE L î 3
diverses nuane
; turquoise, calcédoine, ete. Vient ensuite
une sorte de collier orné de sept pierres, trois grosses et
quatre petites, au milieu de fleurons en filigrane; ce collier
parait terminer la tunique. Plus bas, sur le voile, un autre
collier plus étroit, orné de douze pierre
placées également
au milieu de douze pierres en cabochon. Plus bas, une
grosse boule de cristal de roche fixée par des tenons
je dessus d’une sorte de fermail composé d’une bande de cuivre revêtue d'émaux incrustés et terminée aux extré-
mités par deux appendices de forme ronde qui consistent
en fleurons de filigrane relevés par quatre pierres en cabochon. Sur chacune des épaules, une bande de cuivre, ornée
d'émaux incrustés semblables à ceux qui viennent d'être
nommés, entre deux appendices en longueur, d'inégt
grandeur, mais formés comme ceux de la fibule de fleurons
en filigrane et de pierres en cabochon. Ces bandes et le fermail figurent une sorte d’orfroi ou de bordure au voile de la sainte. H. 36 cent.
D'après une tradition dont je ne puis garantir l'exactitude, ce chef proviendrait de Cologne et aurait renfermé des reliques de sainte Marguerite. Quoi qu'il en soit, la
riches
e de son ornementation le rend digne de figurer à
côté des deux qui précèdent.
1671.— Reliquaire qui a dû renfermer le bras de saint Pantaléon, évêque et martyr, c’est-à-dire, main et avant bras en argent, contenant des reliques du bras du saint évêque. La main est figurée dans le geste consacré de la bénédiction. L’anneau épiscopal est passé au doigt medius; une pierre, verte selon l'usage, forme le cha-
tou qui est entouré d’un encadrement de filigrane. La
pierre est herborisée; c’est ce qu’on nomme une queue de
paon. Au poignet, qui laisse voir la manche plissée de la
tunique, est une bordure de filigrane, dans laquelle sont
e petites pierres,
enchàssées quator: turquoises, gr
nais, émeraudes, saphirs, agates. Le bras est revêtu d’une manche ornée également d'un orfroi de filigrane et de rosaces
aussi en filigrane enrichies de petites pierres. L'intérieur
de ce bras est creux et renfermait les os du saint; une
petite porte avec charnières et encadrement ouvre au moy
en
d'une clavette de cui
e. Sur celte porte, deux écussons sur lesquels sont représentées en émail les mêmes armoiries: deux flèches en sautoir. Le fermoir de la manche est un cristal de roche taillé en cabochon avec encadrement de filigrane. On litles deux mots suivants émaillés sur la bande d'argent qui ferme le reliquaire : PANTALEONIS + AVE.
Avant et après ces mots des fleurons. S
il ne manque rien
à l'inscription, il faut sous-entendre le mot reliquia, et par
conséquent lire Le tre
à étudier; tout est fait au marteau; ce sont des feuilles de
Salut, reliques de Pantaléon ! H. 48 cent.
ail de ce précieux reliquaire est très-intéressant
métal arrondie
et réunies au moyen de clous. La forme des lettres de l’inscription, ainsi que le style des ornements
nous fait attribuer le dextrochère de saint Pantaléon au
x siècle. On conservait des bras analogues dans les trésor:
aujourd'hui dispersés, de nos anciennes abbayes. Voyez, entre autres, les planches de l'Histoire de l'abbaye royale par dom Bouillart, pl. XXI,
lettres BetC, p.316. Voyez aussi dans l'Histoire de l'abbaye
de Saint-Germain-des-Prés,
royale de Saint-Denys en Franc pl. IL lettres Get, p. 538.
; par dom Félibien,