‹ Description des antiquités et objets d'art composant le cabinet de M. Louis FouldChapitre 206 sur 380 · ÉMAUX · texte numérisé non relu

ÉMAUX

1698. — Grande croix de bois revètue de plaques

émaillées, avec figures se détachant en relief sur les plaques

auxquelles elles sont fixées par des clous. La figure du Sauveur est en relief; il est nu, sauf la draperie habituelle qui est revêtue d'un émail bleu; les yeux sont en émail

ble

mi-corps ; sur le €

t la Vierge, vue à

; sur le croisillon, à sa droite, es

auche du Christ, saint Jean,

isillon, à la

aussi à mi-corp

; à l’extrémit

upérieure de la croix, une troisième figure en relief comme les deux précédentes, mais sans attributs distinctifs. Au-dessous des pieds du

Christ, Adam se soulevant de sa tombe pour recevoir le

sang du Sauveur. (Voyez, sur le sens mystique de cette

représentation, l’ouvr aussi savant que magnifiquement

exécuté des PP. Martin et Cahier, sur les vitraux de la thédrale de

>a- Bourges, p. 102 et 206.) Cette figure est gravée à la pointe. Tout à fait en bas de la croix, une plaque ovale, sur laquelle est représenté un ange gravé comme la figure d'Adam et se détachant de même sur un fond émaillé. Toutes les plaques, qui réunies couvrent entière

ment la croix, sont décorées de rosaces et d'étoiles

mais

au-dessus de la tête du Christ et de son nimbe crucigère,

on doit remarquer la dextre de Dieu donnant la bénédiction

98 GOLLECTION

ous le nom de Jésus-Christ

selon le rite latin; puis au-des en lettres d’or sur fond bleu :

IHS XPS.

H. 59 cent. Ouvrage du xur siècle, remarquable par sa

belle conservation. Les rosaces qui décorent cette croix lui

onnent l'apparence des croix gemmées de l'Église primi-

ive, comme on en peut voir dans les Catacombes de Rome, de M. Louis Perret, t. IN, pl. LVITet LIX.

où l’on ne voyait pas la figure du Sauveur qui u'y fut re-

Sur ces Croix,

représenté qu'au vi siècle, la piété des fidèles plaçait des

ierreries que représentent les rosaces émaillées de notre croix; il ne faut pas oublier que les objets en cuivre

émaillé étaient l'orfévrerie de ceux qui ne pouvaient em-

On

loyer l'or ni les autres métaux précieux. conser

encore dans quelques églises de ces vénérables croix pro-

Récemment le Bulletin de la Société archéo- >:

ait l’ornement principal de la petite

cessionnell

logique de l'Yonne, 18 86, en a fait connaître une

fort remarquable qui

église de Vaudeurs.Le musée de Cluny en possède plusieurs. Voyez, Cataloque, par M. Du Sommerard, n° 948 et suiv.

Édit. de 1855.

1699. — Plaque de cuivre provenant de la décoration de la partie supérieure d’une croix sur laquelle elle était fixée par des clous. Deux anges nimbés, à mi-corps, y sont vives des émaux se détachent

représentés; les couleurs as:

sur un fond de cuivre doré. H. 15 cent. L. 8 cent.

J'attribue cette plaque au xin° siècle.

1700. — Tableau de dévotion en bois, de trois pièces,

revêtu de plaques de cuivre émaillé

t ce que l’on

appelle communément un triptyque, expression condamnée,

peut-être un peu sévèrement, par M. de Laborde dans son

excellent Glossaire, mais qui ne disparaïtra sans doute pas du

langa antiquaires, car elle est comprise de tout le

monc

d'état, puisque je le trouve employé dè

commode par sa brièveté. Le mot trip-

que a d’ailleurs pour lui une assez longue possession

, p. 231 et suiv. de son savant

dans un

ouvrage de Paciaudi ; voy

ivre intitulé : De eulltu sancti Johannis Baplistæ antiquitates christiane.

Composé de trois pièces liées par des charnières et se

repliant sur elles-mêmes, notre triptyque est revêtu d'une euille de cuivre doré ornée de rosaces et de fleurs de lis

estampées qui occupent tout l’espace laissé libre par les

laques de cuivre émaillé. La pièce du milieu se divi

en deux parties bien distinctes, la supérieure de forme cir-

culaire, l'inférieure de forme carrée. En commençant par

a partie supérieure, nous trouvons une plaque de cuivre

émaillée ronde, représentant Jésus-Christ, barbu, la cou-

s, nimbé

ronne en tête, a tenant

revêtu d’une longue robe

un livre de la main gauche et de la droite donnant la béné-

diction selon le rite latin,

t-à-dire les trois premiers

LOUIS

FOULD

doigts ouverts, l'annulaire et le petit doigt restant ferm A droite et à gauche, l'A et l'O. La tête du Christ se détache en relief, Le cadre de ce cercle est orné de trois plaques de cuivre émaillées de dessins variés, et dans lequel au procédé de l'émail en taille d'épargne ou champlevé adopté

dans toute la décoration de ce monument se mêle l'emploi

du cloisonné. Les trois plaques sont séparées par quatre

pierres gravées antiques d'environ 20 mill. de diamètre,

montées en filigrane :

1° Une cornaline représentant Jules César, avec la cou-

ronne radiée, et une étoile dans le champ. (Voyez n°1069

2° Autre cornaline, de travail assez grossier, représ

une tête laurée qui pourrait être Maximien Hercule ;

3° Autre cornaline représentant l'empereur Numérien, où

peut-être Nigrinien. L'imperfection du {ravail ne permet pa

d'affirmer, mais l’efligie est certainement celle d’un des Césars de la descendance de Carus ; 4° Un lapis-lazuli sur lequel sont représentés deux athlètes

debout, dont l’un tient la palme, signe et r

compense de sa

victoire. Deux pierres sur semblable matière, avec sujets ana-

logues et de travail identique, se trouvent dans

à collection 03 et 3504 du etc., par M. Chabouillet.)

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