‹ Description des antiquités et objets d'art composant le cabinet de M. Louis FouldChapitre 213 sur 380 · MANUSCRITS · texte numérisé non relu

MANUSCRITS

1723. — Feuillet d'un manuscrit qui paraît avoir été peint au xmr° siècle dans le midi de la France, et a été placé, à une époque évidemment fort ancienne, dans un cadre d'ivoire sculpté, qui paraît de travail oriental et-qui remonte au xiv° siècle, Les plaques d'ivoire qui forment ce cadre représentent des compositions d’une grande variété. On y voit des chasses à pied et à cheval, des combats d'animaux, des hommes chargés de fardeaux, d’autres buvant ou jouant de divers instruments. Tous ces sujets, traités avec une vérité surprenante, s’enlèvent en relief sur

des rosaces à jour. On peut en juger par le fragment

mise, sont figurés sur quatre autres médaillons. En bas de la composition, un écusson sur lequel sont peintes en champ d'or une crosse d'argent et une croix de gueules; c’est évidemment le symbole d’une confrérie à laquelle ses

mérites promettent le salut éternel.

1724. — Livre d'heures orné de douze belles minia—

tures, exécuté à la fin du xv° siècle ou au plus

ard au commencement du xvi siècle. On sait qu'à défaut d’indications précises on parvient souvent à connaître la patrie

des manuscrits par l'inspection attentive du calendrier et

gravé ici sur bois. La hauteur de ces plaques est de 6 cent. La miniature peinte sur le feuillet de parchemin a 16 cent. de haut sur 23 de large. Le sujet est le Jugement dernier ou plutôt un épisode du dernier jour. Jésus-Christ

est assis sur les nué

es, entouré des anges et des séraphins.

La face de Dieu le Père et la colombe

symbole du Saint-

prit, sont placées au-dessus de la tête du Christ auquel elles s'unissent pour représenter la sainte Trinité. A droite de Jésus-Christ, la sainte Vierge debout, en prières. À gauche, saint Joseph, barbu. Aux pieds du Sauveur, deux anges tenant chacun un coin d’un immense linceul dans lequel on voit une multitude de religieux en oraison. Une croix

à laquelle a été adaptée une bannière rouge sur laquelle

est peinte une crosse s'élève du milieu de cette foule. Les

re

gieux sont vêtus de robes à capuchon; tous portent sur la poitrine une croix rouge et sur l'épaule une crosse. Aux quatre coins de l'encadrement de ce tableau sont peints autant de médaillons représentant les quatre évangélistes ;

quatre prophètes, parmi lesquels on reconnait le roi Psal-

Ne 173.

de la mention plus ou moins honorable qui y est faite de tel

ou tels saints; or, ici, dans le calendrier qui selon l'usage précède les oraisons, le nom de saint Ursin est écrit en lettres d'or, son octave est indiquée, et de plus

dans les litanies on remarque son nom à une place d'hon-

neur, c'est-à-dire immédiatement après les saints apôtres et les évangélistes. IL faut donc supposer que ces heures ont été exécutées dans une contrée ou fout au moins pour une contrée qui révérait particulièrement saint Ursin; or, il y en a deux, ce sont les diocèses de Bourges et de Lisieux; on pourrait donc être embarrassé, si le manuscrit n'avait pas une physionomie toute normande qui tranche la question et nous décide, d'après l’avis de notre savant collègue, M. Léopold Delisle, à l’attribuer à la dernière de ces

deux villes. Ce manuscrit, dont la conservation ne laisse

rien à désirer, ne porte aucune trace de ses anciens possesseurs. Il commence par une craison à Ja sainte Vierge, dont les premiers mots sont : Obsecro te, domina sancta Maria, mater Dei, pietate plenissuna, ete, et finit par

une oraison à saint Sébastien. Les miniatures représentent les douze sujets suivants :

Page 1