‹ Description des antiquités et objets d'art composant le cabinet de M. Louis FouldChapitre 248 sur 380 · ÉMAUX DES PEINTRES · texte numérisé non relu

ÉMAUX DES PEINTRES

1983 et 1984. — Une paire de salières avec peintures en grisaille teintée, et arabesques d’or. Ces salières font partie

d'un service décoré par Pierre Raymond et dont d’autres

rent dans cette collection. (V. n° 1985 et 1986.) lement un plat de ce

pièce La collection Pourtalès renferme é

service.

136 COLLECTION 1983. — Un buste de guerrier casqué, Mars, décore le fond de la salière; les bords sont ornés de cartouches

avec mufles de lions, fleurs et fruits. Autour du pied sont

peintes des chas D'une part, deux guerriers vêtus à

l'antique, dont l’un est armé d’un are et l’autre d’un épieu, poursuivent un cerf et une biche que les chiens vont

à la mode du

atteindre. D'autre part, un chasseur vêt règne de François [* menace de son épieu les mêmes ani-

à l'inad-

entent le front, On remarque

maux qui lui pré

vertance du peintre qui, ayant vêtu deux de ses figures à

l'antique, habille la troisième à la moderne, Un écusson

aux armes du possesseur du service est placé sur ce pied,

entre les deux groupes de personnages. Ce blason écartelé

aux

au premier quartier d'argent au croissant de.

deuxième et troisième d'or à deux lions passants de

gueules ; au quatrième, ondé coupé de.., à l'étoile de. au

chef de gueules. Ces armoiries, qu'on retrouvera avec variantes sur d'autres pièces du même service dans cette collection, n° 1985 et 1986, et sur le plat de la collection Pourtalès n° 194 du Catalogue rédigé par feu M. Dubois,

à une maison connue. On

ne me paraissent pas apparteni

les chercherait vainement dans les armoriaux fr. Peut-être sont-elles de fantaisie, ce que divers indices me le pied on lit en lettres d’or, P.R., de Pierre Raymond, de Limoges.

M. le comte

feraient supposer. Sur initiales bien connues (Voyez sur cet artiste l'escellente notice de

e Laborde dans son Cataloque des Émaux du Louvre,

p. 210 et suiv.) H. 11 cent. Diam. 8 cent. 1/2. Diamètre

u pied : 12 cent. Voir ci-dessus, n° 1983 et 1984, et l'ar-

icle qui suit.

1984. — (Voy. n° 1983.) La décoration est analogue à 198:

elle du n°

avec quelques variantes; ainsi, au lieu

e Mars, c'est un buste de femme, les seins nus, Vénus,

ui décore le fond de la coupe. Autour du pied, on voit

également des chasses; d’une part, deux cavaliers, presque

aus, arrivent pour la mort d’un cerf aux abois. D'autre part,

eux chasseurs à pied, vêtus à l'antique, poursuivent un ours qui a déjà terrassé un des chiens, mais que l'épieu va

atteindre. Le blason décrit au n° 1983 et les lettres P. R. se

retrouvent ici. Mème dimension qu'au n° 1983.

1985 et 1986. — Deu

sont décorés d’arabesques et de figures de fan-

assiettes peintes en grisaille tein-

tée. Les bords ta

pes de ra

res dansant, bacchants assis dans des char

ie, Sa > Bl'ap-

, te. Diam. 20 cent. Des numéros d'ordre qui

se suivent, 19 et 20, en émail noir sur blanc, annoncent

que ces deux assiettes faisaient partie d'un même service,

ce que l’on reconnaitrait d’ailleurs facilement; car les

deux assiettes sortent évidemment de la même main,

celle de P.

Les armoiries peintes au revers de ces assiettes nous don-

*aymond, et de plus les sujets se font suite.

nent aussi le droit de supposer que les salières n° 1983 et 1984, malgré des variantes singulières, ont fait partie d'un

même servic

, ainsi que le grand bassin d'aiguière de la

collection Pourtalè

cité plus haut. C’est done à Pierre Ray-

mond que l'on peut attribuer ces assiett bien qu'ell

ne soient pas sig

, puisque les salières le sont.

— (Voyez n° 1985 et 1986 ci-dessus.) Le sujet adopté pour les assiettes dont nous possédons les n° 19 et 20 est l'histoire de Médée, non pas comme la rap-

vortent 1

textes de l'antiquité, mais comme l'imagina-

tion de la Rene

ssance se la représentait. Le fond de

’assiette marquée n° 19 représente la cour infernale."

’luton et Proserpine sont assis sur leur trône ; le dieu des

enfers, entièrement nu, tient un bident à la main; à ses

ieds, on voit Cerbère. Proserpine est presque entièrement

nue; elle porte seulement une coiffe plate et une légère

draperie sur la cuisse. À la droite de Pluton, sur un pié

destal, la statue d'Hécate tenant un pot à feu à la main; à

a gauche de Proserpine, la statue d'une déesse infernale, nue, mais portant la même coiffure que Proserpine, et | tenant de la main droite une palme. Devant Pluton, une femme nue, les cheveux épars, immolant un taureau qu'elle tient terrassé. C’est sans doute Médée dont on voit le char

dans les nuages. Sur le sol, on voit une pelle et un vase

renversé d'où s'échappe un flot de sang. Le revers de

décoré avec la même richesse

cette assiette e que le

dessus. Les bords sont décorés d’arabesques en grisaille

sur fond noi

puis, une guirlande d'or courant égale-

ment sur fond noir; enfin, le milieu est oc

upé par l'écusson

é au milieu d’un cartouche. L'A-

armorié du possesseur pla

mour avec son carquois sur le dos fi

sure un des supports

Vénus, qui tient une des flèches de son fils, figure l’autre; | au-dessus de l’écusson, un pot à feu semblable à celui que

l’on vient de voir dans les mains d'Hécate; en bas, un ca

que ailé orné d’une guirlande de lauriers placé sur deux flûtes en sautoir. Sur cette assiette l'écusson est presque semblable à celui de la salière n° 1984, mais aux yeux d'un héraldiste il en diffère assez notablement pour me confir-

| mer dans la croyance où je suis que ces armoiries sont de

fantaisie ; car si c'était le service d’une famille noble, chaque pièce porterait le mème blason, et à moins de supposer

une négligence inconcevable de la part de l’émailleur, on

n'y verrait pas des différences capitales au point de vue héraldique, bien qu'insignifiantes aux yeux des personnes qui n'ont point étudié ce vénérable grimoire. On retrouve les quatre quartiers disposés de même, mais les émaux 198%, le croissant de

sont changés; ainsi, sur la salière n

sable est sur le champ d'argent; ici, il est bien aussi de

sable, mais sur champ d’or. Au deuxième quartier, sur la

salière, les deux lions de gueules sont sur champ d’or, au lieu qu'ici ils sont sur champ d'argent; au troisième quartier, on a ajouté un chef de gueules; au quatrième, l'étoile est sur champ d’or, tandis que sur la salière elle est en

champ d'argent.

1983 et 1986.) As-

ijet est

ci-dessus aux n°

1986. — (Voyez

siette avec le n° 20. Dans le fond de l'assiette, le s

MONUMENTS DE

ée ressuscitant Éson. La célèbre magicienne debout, les cheveux épars, nue, sauf une légère draperie nouée sur les cuisses, fait bouillir dans un trépied les herbes desti-

nées à remplacer le sang du vi

illard; auprès de cette chaudière, le vieil Éson couché entièrement nu.

Au revers, écusson où paraissent deux des quartiers que nous avons vus sur l'assiette marquée n° 19, mais à la

place des troisième et quatrième quartiers, un autre blason

zur au dau-

qui héraldiquement doit être ainsi décrit : de

phin d'argent, au chef d'or. Autour de cet écusson, trois

cartouches; celui d'en haut représente trois vaisseaux

chargés de guerriers voguant, celui de gauche, une femme nue, debout, qui semble avoir laissé échapper un vase dont

la liqueur se répand. A droite, un vieillard barbu, à longue

robe, ailé, marchant avec des béquilles. Serait-ce le Temps que Médée force à prendre des béquilles ? Ces deux derniers cartouches sont portés chacun par un enfant : celui de droite tient de chaque main un javelot; celui

de gauche, un trident.

1987. — Salière, avec peintures en grisaille. Dans le

ur les bords, cartouches

fond, buste de femme de profil

et enfants. Autour du pied, sujets de fantaisie. Un homme

nu, assis au pied d'un arbre, retient sur ses genoux une

femme également nue qui tient une pomme. Est-ce Adam

et Éve? Plus loin, au pied d’un rocher sur lequel est posté un griffon, un homme armé d'une massue et un genou en

terre se défend contre un lion; trois hommes nus, armés

de massues et protégé des boucliers, combattent

par

un autre lion. Un Satyre s'enfuit d'un bois épais; enfin,

un enfant joue avec une espèce de singe. Le bord du

pied est décoré d’ornements peints eu or. On lit au reve initiales P. R. en lettres d’or (Pierre Ray-

7 cent. 1/2. Diam. du haut, 9 cent.; du pied,

au fond, les mond), H.

13 cent.

orne-

ments en or.

lière peinte en grisaille teintée, avec Dans le fond, buste de femme de profil; autour, sur les bords, fruits, fleurs et masques. Sur le pied, e n° 1987. Des

combats dans le genre de ceux de la salièr

guerriers nus forment divers groupes. Dans l’un, un guer-

rier est tombé sur les genoux; il est blessé, son sang coule,

mais il brandit son épée d’un air menaçant et tient de la main

gauche la tête de son ennemi qu'il vient de trancher. Entre

ire, on voit un troi-

le cadavre du vaineu et son adver:

sième guerrier debout, le bouclier au bras gauche et une

massue à la main, qui parait atterré. Plus loin, un guer-

ennemi d

rier, posant le pied sur le cadavre d’un capité tient tête à deux assaillants armés chacun d'une massue ; il va les écraser de la sienne qu'il brandit des deux mains d'une manière formidable. Un autre guerrier, qui parait

l'allié de celui-ci, est placé derrière Jui et brandit aussi

une massue. Le dernier groupe est formé par deux lut-

88 mill. Diam. du

teurs. H. Diam. du haut : 9 cent.

pied, 12 cent.

LA

1989. — Médaillon rond convexe. Le sujet, peint en

grisaille avec de rares rehauts d’or, est un combat de ca-

valiers vêtus à l'antique. En bas, la marque de Pierre Raymond, P. R. Gravé, pl. XXXIIL. Diam. 13 cent.

Le comte de Laborde distingue deux hommes dans Pierre

Raymond, l'un de ces hommes est un habile artiste, l'autre est un fabricant. Je ne crains pas d'être démenti par ce

juge aussi éclairé que sévère, en attribuant ce médaillon

au premier de ces deux hommes. N'oublions pas de noter

que la composition est imitée d'un des épisodes de la bataille

de Constantin contre Maxence par Raphaël. On trouvera

ce médaillon gravé sur notre planche XXXII avec la

plaque n° 2037.

1990. — Coupe avec pied fort élevé et couvercle. Dans l'intérieur de la coupe est représenté un banquet de divinités de la mer; la table est dressée au pied d'un arbre sur un ilot; trois Néréides nues prennent des poissons et des coquillages des mains d’un Centaure marin; une qua-

trième serre un Triton dans ses bras. Peintures en £

teintée encadrées dans une bordure d’arabesques en or.

t décoré d’arabesques en grisaille au milieu

Le pied

desquelles paraissent des poissons, circonstance qui pourrait faire supposer que ce vase était plutôt destiné à contenir quelque sauce à poisson qu'à servir de coupe. Sur le

bustes de personnages mythologiques avec leurs noms en

couvercle, quatre m‘“laillons représentant ; des

lettres d’or. Ce sont : Parras, Paris, VÉNUS ET HERGULE. Entre les médaillons, arabesques, casques, bouclier, arc et carquois. An revers du couvercle, arabesques se détachant en gris avee quelques rehauts d’or sur un émail brun foncé.

H. 18 cent.,

page. Diam. 19 cent.

ns le bouton de cuivre qui représente un

rele. Dans l'intérieur lle

rares rehauts d'or et entouré d’une bordure de rinceaux

1991. — Coupe à pied avec couv

teintée avec de

de la coupe, un sujet peint en gri

ée.

en or. J'y reconnais le festin donné par Didon à É (Enéide,

Didon, la couronne en tête, est as

vers 657, 699, 717). Sous un dais magnifique,

auprès d'Énée devant

une table servie; le jeune Ascagne, ou plutôt l'Amour qui a pris les traits du fils d'Énée, vient se cacher sur le sein

e la reine de Carthage qui le presse dans ses bras; e/

dont l’un porte un

interdum gremio fovet. Cinq esclave bonnet phrygien, apportent les vins et les mets; un sixième

oue de la lyre. Sur la tige, Neptune dans son char attelé

e quatre chevaux, suivi d'une Sirène montée sur un bouc

narin. Sur le pied, l'enlèvement d’une femme. Trois soldats

êtus à antique entraînent une femme sur un rivage où elle est attendue par un guerrier debout dans une barque

ée par deux rameurs. Un homme armé de pierres va

lancer sur les ravisseurs qui s'empressent de se dérober

à ses coups. Sur le couvercle, marche triomphale de

Bacchus. Le dieu du vin est représenté enfant, couronné

dans son char que trainent un

e lierre; il est nu, a

boue et une panthère de fantaisie, et tient d’une main une

grande ænochoé et de l’autre un cep de vigne; sur le char,

eux petits Génies bacchants et un Satyre enfant. Silène, ivre, monté sur son âne et soutenu par deux Satyres accompagne Bacchus, suivi et précédé de Satyres des deux

exes. Le dessous du couvercle est décoré d'arabesques

’or qui entourent quatre cartouches dans chacun desquels

est peint en grisaille teintée un enfant nu jouant du violon.

Le dessous de la coupe est décoré d'arabesques d'or et de

iton de bronze doré sert

mascarons en grisaille. Un petit T

e bouton ‘pour saisir le couvercle. H. 15 cent. Diam.

6 1/2 cent. Bois dans le texte.

Cette belle coupe, du genre de celles qu'on nomme cou-

es d’accouchée, est tout à fait dans le style de Pierre Raymond; mais, comme elle n’est pas signée, ce peut être ‘œuvre d'un de ces artistes, dont parle M. le comte de La-

>orde, qui ne peignaient sur émail que par occasion et qui

otice,

n'ont pas cru devoir signer leurs produits. (Voy

>. 242). On peut l’attribuer aussi à l'un des élèves de

Pierre Raymond qui, « venant à le quitter, cherchaient

à débiter leurs productions comme provenant de l'atelier qu'ils avaient déserté. » (Comte de Laborde, Notice,

conservation, est un véritable joyau; la décoration en est

) Quoi qu'il en soit, celte coupe, d’une admirable

riche sans profusion et les figures y sont traitées avec une rare élégance. Que l'on examine les quatre petits joueurs de violon qui décorent le dessous du couvercle, et l'on conviendra qu'il est difficile de varier plus heureusement

les poses et les expressions dans quatre sujets identiques.

1992. — Coupe décorée de peintures et d’arabesques

jugement de Päris

avec quelques ornements en or. L oceupe le fond de la coupe. Les trois déesses sont debout

devant le fils de Priam, qui remet la pomme à Vénus, aux

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