‹ Description des antiquités et objets d'art composant le cabinet de M. Louis FouldChapitre 90 sur 380 · Venus Victrix. La dé · texte numérisé non relu

Venus Victrix. La dé

sse est représentée debout,

retenant de la main gauche la draperie qui l'enveloppe en laissant nue l'épaule droite et le corps jusqu'à la naissance des cuisses. Une cuirasse sert de support à la jambe gauche. Marbre blanc. H. 73 cent. Acquis de M. F. Duval, de Genève en 1856. Cette statuette d’excellent travail romain a souffert ; le bras droit manque ; le cou est de restauration. La tête est antique, mais le nez ainsi que les pieds sont refaits. Malgré ces restaurations, l’ensemble de la statue est satisfaisant : le tors t

une bonne époque. On lit sur la base :

qui n’a pas souffert, est

-beau ; les draperies sont d'un style

évère qui dénote

LIBERALITATE. PONTIFIC. PII. VI. IANVARIO. 1793. Le pape Pie VI avait en effet donné cette statue au comte Tschernicheff, ambassadeur de Russie à Rome.

— Euterpe, muse de la poésie ly

87 ique. Elle est debout et tient de la main droite un objet qui doit être la double flûte, son attribut habituel; de la main gauche, posée sur la hanche, elle retient un pli de la longue tunique sans manches qu’elle porte par-dessus le peplus. Les

cheveux sont réunis en nœud sur le haut de la tête ; c’est

ce qu'on nommait le crobylus. Sa longue tunique ne laisse voir que l'extrémité de ses pieds nus. H. 85 cent. Cette-statue, de marbre blanc et de l’époque romaine,

est d’un, excellent style. On y reconnaît le caractère des

res d’'Euterpe que l’on conserve dans les divers musées

de

l'Europe. Ou peut la comparer entre autres à l'Euterpe

du musée Chiaramonti à Rome et à celle du musée de Stockholm. (Voyez Clarac, pl. pv et pvr, n° 1008 et 1010.) Notre statue a pu être destinée à une niche ; le dos n’est pas terminé, Acquisition de Genève en 1856.

873. — Hercule jeune, étouffant le lion de Némée. Groupe de marbre blanc. H. 68 cent.

Ce groupe a été découvert brisé en plusieurs morceaux

dont on a trouvé tant de variétés, précisément dans les

st-à-dire dans la villa favorite de

ruines d’où il provient, €

lempereur Hadrien, l'équivoque ami d’Antinoüs.

on ne sait pas précisément à quelle époque, mais ce fut

sans doute en Italie, au xvi° siècle, alors que la ferveur de

ait

L'artiste inconnu chargé de réunir les débris de cet Her-

l'amour pour l'antiquité échauff toutes les âmes.

cule a non-seulement retrouvé le mouvement probable de

l'original, mais encore il a su joindre si habilement aux vestiges antiques les parties <

w’il était obligé de refaire

que lorsqu'un même vernis donnait à l'ensemble une même apparence de vétusté, il aurait fal tentif et

u un examen frès-at-

un œil très-exercé

our distinguer les parties

it-il

pour antique des pieds à la tête de temps immémorial.

refaites des fragments antiques. Aussi le groupe pas

Il y a plus de cinquante ans, M. Duval, de Gex ‘obtint Steding, ambassadeur de Suède à Saint-Pétersbourg. C'est de l'un des héritiers de M. Duval q

ve; en

fit l'acquisition sur ce pied. Il du comte de

ue le g

‘oupe est venu en la possession de M. Louis Fould, avec d’autres pré-

cieux morceaux. (V. n° 869.)

Aujourd’hui le groupe débarrassé de l’enduit qui avait

trompé tant de monde ne brille plus que de sa véritable

beauté. Les fragments antiques se distinguent aussi facilement

que

ils n'étaient pas de la même matière que les modernes.

Je signalerai cependant les principales restaurations. La

tête de l'Hercule est antique, le cou est refait; le torse est

antique. La tête, le corps et les jambes antérieures du

lion sont antiques, sauf les trois quarts de la jambe

gauche. On peut supposer que l’auteur de ces restau-

rations avait

sa disposition des vestiges du groupe

antique, et que de plus il a su s'inspirer d’un groupe repré-

sentant le même sujet que l'on admire au musée de Florence. (Voyez Gori, Museum Florentinum, pl.1xv, et Clarae,

pl. DGcExx

v, n° 1077.) On peut aussi voir dans ce dernier

ouvrage le dessin d’une répétition à peu près de la même

grandeur de ce sujet qui existe en Angleterre. (V. pl. pacxcu, n° 1077, A.) Je ne dois pas oublier de faire remarquer que

notre groupe diffère des deux que je viens de citer par l’âg

donné à Hercule. IL est barbu dans les groupes de Florence

et d'Oxford, et imberbe dans le nôtre.

874. — Octavie, sœur d’Octave (Auguste) et femme de Marc-Antoine. Buste de basalte vert foncé. Gravé, pl. VI. H. 34 cent.

Le comte de Clarac dans son consciencieux inventaire des statues des musées de l’Europe ne cite pas une seule statue de cette femme illustre dont les médailles sont d'ailleurs fort rares. Ces circonstances et la certitude de l’attribution donnent un intérêt tout particulier à ce monu-

ce re

ment. Quiconque a pu comparer l’aureus où Octavie parait au revers de Marc Antoine avec le buste de M. Louis Fould

n'hésitera pas à y reconnaitre la sœur d’Auguste. La dispo-

sition toute particulière de la coiffure vient encore corroborer

la certitude que la ressemblance des traits suffirait à établir.

On sait que rien n'est plus rare que les sculptures en

basalte ; la dureté de cette belle matière l’a toujours fait

réserver aux artistes les plus éminents et seulement pour

des représentations de personnages du plus haut rang, Notre buste réunit donc à ce premier mérite de la rareté de la matière celui non moins intéressant de représenter rechert

il est venu jusqu'à

un personnage dont les portraits sont rares et

chés, et ce qui en fait décidément un objet hors ligne,

qu'il a été exécuté admirablement, et qu

nous sans avoir souffert la moindre altération. Nous avons

sous les yeux le portrait de la sœur d'Auguste, aussi pur,

aussi entier qu'il y a près de deux mille ans.

J'ai dit que les monuments de basalte étaient fort rares ; en effet, en France on n’en pourrait citer que fort peu à joindre à celui que nous venons de décrire. Visconti, ou plutôt Mongez, a décrit dans le t. II de l'Zconographie romaine, pl. XVII, n° 1 et 2, p. 27, un buste de César en basalte qui était alors dans la bibliothèque du château de Saint-Cloud, et il en e l'Afri

médailles ; je n’en connais pas d’autres dans nos musées.

te un fort endommagé de Scipion

in à la Bibliothèque impériale dans le Cabinet des

Je ne parle pas de Rome où il existe un certain nombre

de statues et de bustes de basalte.

Le buste d'Octavie de M. Louis Fould a été acquis à la

le riche collectionneur l'avait

vente de M. Hope, à Par

lui-même acquis à la vente du baron Roger. On trouvera la mention de ce buste dans le catalogue de cette célèbre collection sous le n° 100, mais par une erreur du rédacteur, gnation de Julie, fille d’Au-

Lo)

il y est donné sous la dé

guste.

875.— Tète de nègre. Excellent travail. Serpentine dure. H. 10 cent.

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