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Oraisons. Adorations de la Croix.
Le célébrant récite ensuite un grand nombre d’oraisons ; comme anciennement on priait debout 3 d’ après Y admonition du prêtre , le diacre avertissait à haute voix de fléchir les genoux : ce que Ton ne pratique pas à L’oraison pour les juifs/ en horreur des injures* et des insultes sacrilèges*, qu’ ils firent au Rédempteur , qu’ils saluaient comme Roi* fléchissant par dérision le génou devant lui.
Vers la fin de ces 18 oraisons, deux tailles désignés par le maître de chapelle, sortent du choeur , et vont in cornu epistolae , pour répondre au célébrant, qui quittant la chasuble , et s’approchant du côté de l’épitre , reçoit du diacre la croix déjà couverte sur l’autel d’un voile noir, on la découvre peu-à-peu , parce que le Christ ne se manifesta pas tout d’un coup à tous. C’est pour quoi le célébrant tourné vers le peuple, découvre d’abord le haut, en disant: ecce lignum crucis; les deux choristes répondent: in quo salus ; ensuite tout le choeur, venite adoremus: tandisque tous les assistans , excepté le Pape, et le célébrant sc prosternent; celui-ci s’avaçce encore un peu du côté de l’épitre, vers le devant de l’autel : là il découvre le bras droit de la croix, et elevant un peu plus la
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voix que la première fois, il répété: ecce lignum çrucis , et le choeur répond, et l’on adore, comme auparavant. Il s’avance enfin au milieu de Faute!, il la découvre entièrement, et d’un ton plus haut, il répété pour la troisième fois: ecce lignum crucis ; on répond de même pour la dernière fois. Le Pape et les assistans restent prosternés; le célébrant porte la croix, #et se mettant à genoux, il la met sur un riche coussin, sur les fharches de^ l’autel. -
Le célébrant étant de retour, le Pape se lève, ainsi que les autres ; -il s’assied ; un aide de la chambre, accompagné de quatre accolytes votans de signature, se mettant à genoux au bas du trône., lui ôtent les souliers ; il se lève, quitte la chape, ne garde que l’aube, l’étole et la mitre ; descend du trône , et s’avance , ayant les mains jointes, jusq’à l’extrémité des bancs des Cardinaux: on lui ôte 1a mitre, il fait la première génuflexion et l’adoration. S’il est en chape, deux Cardinaux assistans diacres, la lui relèvent, deux évêques assistans l’accompagnent^ il fait la première prostration à l’extrémité de l’enceinte, la seconde au milieu de là chapele, la troisième au pied de la croix, qu’il adore profondément: Il fait mettre , dans un bassin d’argent doré un offrande de cent écus- d’or, par une chevalier député du mont de piété , qui les porte dans une bourse de damas rouge galonnée en or. *
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A’ la première génuflexion du Pape, le choeur commence à demi-voix le tendre improperium de la composition du Palestrine: ce sont des reproches paternels , et. effcctueux de Dieu aux juifs sur leur énorme ingratitude, ayant si mal répondu à tant de bienfaits , dont il n’avait cessé de les combler; ils nous conviennent aussi à nousmêmes, qui en renouvellent par nos prévarications l’ingratitude d’Israël, avons si mal répondu à la miséricorde divine.
A’ia fin de chaque improperium , on chante le trisagium : sanctus I)e u$, sanctus for U s, sanctus immortalisa miserere nobis par un choeur en grec, et en latin par un autre ; on raconte dans le ménologe des grecs, que sous Théodose, il y eut à Constantinople le 24 septembre un violent tremblement de terre, que rempereuivProcuius patriarche, et tout le peuple ayant en recours à Dieu, un enfant fut enlevé tout d’un coup en l’air, que tont le monde épouvanté, se mit à crier: Kyrie eleison ; l’enfant descendit à terre et cria au peuple de chanter le trisagium ; après ces paroles l’enfaut mourut, le peuple chanta cette priere et le tremblement de terre cessa. 11 est chanté en latin, qui est son idiome propre, et en grec, pour faire allusion à la voix céleste qui se fit entendre* à Constantinople par la voix de cet enfant. P. Fullone, pour introduire l’hérésie des Théopachisles qui prétendaient faussement, que la nature divine avait souffert sur la
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croix, ajouta au trisagium ces paroles: qui crucifiæus est pro nobisj mais elles ne furent point approuvées par les catholiques, ni j>ar Grégoire VII, qui les défendit aux Arméniens ; un décret de la propagande, leur enjoignait de chanter le trisaÿiurn , quoique la psalmodie, et la lithurgie leur fut permise dans leur propre langue. .
Le Pape étant retourné à son trône , reprend le camail , le mitre , et la chape (s’il »e l’avait pas): on lui remet les souliers, il commence à lire les improperia dans un missel soutenu par un évèque assistant, à genoux.
Cependant les camériers des Cardinaux, entrant dans l’enceinte, viennent ôter les souliers à leurs maîtres, qui anciennement portaient des pantoufles, à cause de l’adoration; ils vont deux-à-deux par rang d’ancienneté , avec la chape traînante , sans caudataires, à l’adoration, assistés seulement des maîtres des cérémonies: le célébrant, sans chasuble, et sans souliers, commence le premier. À’ sa gauche est le Cardinal doyen, ou l’évêque le plus ancien, ayant la chape traînante: ils font la première prostration à deux genoux , et laissent dans le bassin un écu d’or ( 16 paoli et demi chacun), cet argent se partage ensuite entre monsignor Sacrista , et les deux premiers maîtres des cérémonies aux quels apparlinent, alternativement, la bourse de l’offrande de S. Sainteté.
Ces offrandes, pour l’adoration de la croix, sont
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très-antiques dans l’église romaine: nous savons que d’après l’ord. XII 182, elles étaient destinées aux écoles de la croix : secundum antiquam consuetudinem , quidquid super crucem o'ffertur , scholae crucis debet esse. Dans 1’ ordonancc XIV 369 il est dit, qu’elles appartiennent à monsignor Sa crista ; on faisait aussi de semblables offrandes dans d’autres lieux, sur tout 'dans l’église de Paris. Ducange in oblationes crucis , raporte un écrit , où il est dit: Donavit derieis matutmalibus partem ïllam, quant percipiebat in solutionibus cru cis, quae proveniebant feria VI in passione Domini .
A’ mensure que les Cardinaux arrivent à leur place, les camériers, qui les y attendent à genoux, leur remettent les souliers, et se retirent l’un après l’autre. Lorsqu’ils ont tous fait l’adoration, on finit le chant des improperia.
Ensuite les prélats vont deux-à-deux, de la même manière à l’adoration ; chacun fait son offrande; d'abord les patriarches, les évêques assistons, et non assistans, sans souliers, tous les autres avec les souliers, (excepté les généraux des ordres religeux , qui n’en portent pas); savoir le Gouverneur de Rome, le prince assistant au trône, les prélats des fiocchctti, les protonotaires et tous ceux qui ont place, dans la chapelle, selon l'ordre avec le quel ils reçoivent le cierge et la palme.
Lorsque les deux premiers font la génuflexion, les deux plus anciens choristes entonnent l’anlienue:
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crucern tuarn , que le choeur continue: l’on entonne après: Dens misereatur nostri. Ce pseaume étant fini, on répété l’antienne; on dit le verset: crux fidelis , èt l’on commence l’hymne: pange lin gua gloriosi] à chaque strophe, l’on répété le verset; lorsque les avocats consistoriaux vont à l’adoration ? on dit la dernière strophe : sempiterna sit beatae.
Vers la fin de l’adoration, on allume les cierges de l’autel et les torches de la balustrade: le diacre prend le corporal dans la bourse, l’étend selon l’usage, et met le purificatoire à côté. L’adoration étant terminée , il prend , avec respect la croix, la porte sur l’autel, et la place au milieu de deux chandeliers.
Description de cette croix .
Cette croix mérite d’être admirée. Son piédestal d’argent émaillé et doré, représente le mont calvaire, ayant au bas uri crâne, et des ossemens. Six prophètes de la même matière, assis, la supportent ; sur le devant on voit l’ècusson du Cardinal P. Barbo. Il fit faire cette croix précieuse, lorsqu’il était évêque de Vicence, avant d’être élevé sur la chaire de saint Piere , sous le nom
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de Paul II: tout-au-tour on lit cette inscription en lettres presque toutes liées ensemble:
Patries herus meus et venetis gencrosus alumnus ,
Barbus Car do sacer , tuus et Vicentm praesuï.
Le piédestal est entouré de petits roses en émail, de 22 pierres précieuses brutes , parmi des saphirs, des rubis , des granats. La croix était en or, ornée tout-au-tour d’une moulure eh or, et sur le derrière, garnie de petites fleurs burinées très-délicatement, elle contenait une parcelle du bois de la sainte croix. Le Christ était en or émaillé avec trois pointes de diamant pour les clous; les figures de la Vierge à droite et celle de saint Jean à gauche, étaient aussi d’or émaillé; elle etait toute enrichie de 40 perles orientales très-grosses et très-belles, et de 36 pierres précieuses.
Aujourd’hui la croix est d’ébène ornée tout-au tour et aux extrémités de métal doré; le Christ et les armoiries du s. Pontife, sur le pied sont du meme métal.
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