‹ Description des cérémonies de la semaine sainteChapitre 9 sur 26 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

le Jeudi Saint.

Cérémonies de la Messe.

Ce malin, le Cardinal doyen, ou le plus ancien à sa place, à coutume de célébrer. L’autel et la croix sont couverts de. voiles blancs, parce-que l’on n’y dit point les Heures, ni les Vêpres, pour les quelles il faudroit y en mettre de violets. Les cierges sont blancs. •

Le devant d’autel est une tapisserie tissuë en or, ornées des armes de Clément VII de la famille des Médicis, hautes 16 palmes sur 4 et demi de largeur, avec une frange en or, et licées en clinquant cL’argcnt. Au milieu est représenté J. C. expirant,

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soutenu par deux anges. Au dessus l’on voit le

calice de la passion. A corna Evangelii , la descente au Limbe d’où il delivre les âmes des Pères. A cornu epistolae J. G. ressuscité au milieu de deux anges, qui présente la main droite à la Magdeleine à genou, comme pour la faire relever.

Les deux coussins du prie-Dieu, dont se servait ce matin le Pape, étaient couverts d’une tapisserie tisuë en or, raprèsentanl des dragons, et des lions avec des glands en or, et en clinquant, tels que les devant d’autel.

Charles d’Anjou fit présent à Clément IV d’un fauteuil précieux en forme des antiques chaises curules, qui selon le Cardinal Garampi, dans les besoins urgens fut engagé pour deux mille onces d’or (dix mille sequins de notre monnoie). DansTacte qui fut dressé par Basso, notaire de la chambre, le 3 Sept, 1269, on le nomibe: facistorium magnum aureum cum lapidibus pretiosis , quod Rex Carolus feh rec. Clementi Papae IV donavit et dédit (protoc. Bas. not. p. 17. in Arch. Vat., Franc. Ant. Vitale, histoire des Sénateurs Romains T. I. 146). On se sert aujourd’hui du précieux et ma-r gnifique prie-Dieu d’un travail fini, avec les coussins de drap d’argent, dont son Alt. le prince de Saxe -Gotha, et madame la princesse Joséphine Schowalow de Diétrichstein , ont fait présent à Pie VIL

Le Pape vient avec la mitre en moire d’or* et

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la chape blanche; elle était fermée par un formule précieux, différent de celui bien plus riche dont nous avons parlé plus haut, que l’on gardait au château saint Ange avec les trois Régnes et les mitres. Saint Pie Y le reçut en dont de Cosme premier lorsqu’il fut déclaré Grand-Duc de Toscane. Comme on voit dans le Diaire de Cornelio Fermàno, produit par le p. Maffei dans la vie de ce st. Pontife (imprimée à Rome en 1811 p. 233) et dans l’original latin du Gigli, dans le Diaire de Sienne (T. L, 63) où parmi les présens offerts par le Gran-Duc, et portés sur des bassin on or, il parle d’un: pluviale cum formalio pretiosissimo cum ad amantibus magnae aestimationis . Il y avait Adam et Eve en or, qui étendaient les mains pour prendre la pomme , ayec le nom de J. C. en lettres gothiques, orné tout autour de diamans, de rubis et de pierres orientales. Le Pape s’en servait dans toutes les solemnités, excepté dans les chapelles indiquées dans la description du Dimanche des Rameaux (p. 2), maintenant il en employé un d’argent doré, avec un saint esprit, en relief au milieu, entouré de. pierres colorées.

Au commencement de la messe, les Cardinaux en chapes violettes, prêtent l’obéissance. L'introït se chante à contrepoint. Les Kyrie finissent, lorsque le Pape à lu Vmtroït : les hautes-contre entonnent le. grâduel , qui finit lorsque le diacre est arrivé au lieu de l’évangile.

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Dans le Cod. 4737 chez Gatlico (acta Caer. p. 89) on lit. in die Jovis sancti praedicatur ante mis sam .... in parasceve non praedicatur . Dans un Code de la Bibl. Fiorentini di Lucca , parmi les oraisons de Dominichi , evêque de ’Torcello , il y en a une: in die V parasceve de passione Domini coram Summo Pont. Eugenio IV et Romana Or?a (Hist., Florentiae 1441, Sent. litt. T. VII. 359).

L’offertoire se chante en contrepoint, le motet: Fratres ego cnim , à une seule partie, est du Palestine.

Avant l’élévation, 12 ccuyers en habit rouge viennent de la sacristie avec des flambeaux allumés, et se mettent à genou, six de chaque coté de l’autel.

Le Cardinal doyen célébrant se lave les mains: un gentilhomme debout lui verse l’eau; si le Pape assiste il est a genou ; s’il n’assiste pas , la première fois au fauteuil après l’offertoire, et l’autre étant debout sur l’autel après l’encensement des oblations et de l’autel ; la troisième fois il se retire h- Cornu Epistolae d’un côté de l’autel, devant la première marché, tourné vers le peuple, avant la post-communion, son maître de chambre se présente pour lui laver les mains, il est debout, quoique le Pape y assiste.

On consacre aujourd’hui deux hosties , le célébrant en consume une , 1’ autre est réservée pour le jour suivant dans un calice consacré à

cet usage, que le diacre couvre avec le pale, et la patène. On l’appelait le Calice du sépulchre. 11 était d’argent doré, ayant le pied, le noeud, et la soucoupe de fil d’argent, doré aussi, la piété gravée sur la patène, et un croissant pour l’hostie. Aujourd’hui il est en cristal de Roche, monté en argent doré entouré d’émail , avec les 12 apôtres en argent doré et ciselé. Il est enrichi de deux tours, de perles, l’un sur le ceintre, l’aulre autour de la coupe d’argent doré, qui est soutenue par une soucoupe d’argent doré, et émaillé. Au milieu de la patène est représentée la piété ou la figure du Sauveur, sur la partie supérieure, avec des rayons autour de l’inférieure. En 1798 lors de l’invasion française , qui établit à Rome une République, ce calice fut sauvé par monsignor Thomas Boschi , oeconome de la fabrique de S. Pierre et chanoine ; il le garda en dépôt dans la sacristie, et le restitua ensuite à S. Sainteté.

Après l’élévation deux maîtres des cérémonies distribuent les cierges portés par deux clercs de la chapelle aux Cardinaux et à tous ceux qui doivent assister à la procession. L’Àgnus Dei , finit par: Dona riobis pacem , sans le diviser. Lorsque le Célébrant à arrangé le S. Sacraiiient, on chante, en plain-chant, la post Communion, ainsi que Deo grattas.

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Procession à la chapelle pauline, ou l’on fait le Sépulcre.

La messe étant finie , le Pape ayant donné la bénédiction , le célébrant retourne à la sacristie pour quitter les ornemens; il ne rentre plus dans la chapelle pour la procession. Les Cardinaux quittent la chape entre les mains de leurs gentils-hommes, et mettent les ornemens sacrés et la mitre, donnant le bonnet carré au maître de la Chambre . Cependant les Patriarches, les Archevêques, les Evêques, les Abbés Mitres, prennent les chapes blanches.

Maintenant, lorsque le célébrant entonne le Pater noster , les auditeurs de Rote , les clercs de la chambre, les votans la Signature, les abbréviateurs ec., partent immédiatement de la chapelle par la partie supérieure vers la sacristie, et se rangent le long de l’escalier, qui conduit à la chapelle du S. Sacrement, dans la basilique du Vatican où un domestique doit les attendre pour leur ôter la chape , et leur mettre le surplis sur le ro~ chet, avec le quel ils retournent de suite dans la chapelle. Le dernier auditeur de Rote va prendre la dalmatique. Lorsque le Pape à la fin de la messe a donné la bénédiction, les deux der-

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niers Cardinaux diacres, accompagnés d’un maître des cérémonies montent sur le trône 5 par les cotés, et les deux premiers assistans sont accompagnés par le même maître des cérémonies pour les revêtir des ornemens et les reconduire au trône.

Lorsque le célébrant part de l’autel, le plus ancien des Cardinaux, après avoir fait la génuflexion, va prendre les ornemens dans une salle annexée à la sacristie, les autres successivement font de même, ainsi que les évêques assistans, les abbés mitrés, ec.

Après que tous les Cardinaux sont habillés , ils retournent à la chapelle; en y entrant, leurs caudataires reçoivent les cierges allumés des clercs de la chapelle. Les choristes passent dans la salle royale, illuminée par 1 2 candélabres garnis de torches en cire, pour la procession, qui est ordonnée comme celle de la Chandeleur et du dimanche des rameaux.

Aussitôt que la Croix couverte d’un voile, différent de celui de l’autel, sort de la balustrade, les choristes entonnent l’hymne: Pange lingua. Saint François de Sales dans le Vexillum Crucis, le croit de Thêodose évêques d’Orléans , qui vivait 1’ an 838. Natalis Alexander , de saint Thomas d’Aquin. Les Cardinaux s’avancent deux à deux, ayant à la main leur cierge et la mitre dans la quelle ils metteut la calotte rouge, par respect pour le Sa-

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crament qui est porté par le Souverain Pontife à pied, la télé découverte, à la chapelle Pauline sous le dais, appellé anciennement, Conopeum, lin teum , mappula; porté par huit évéques assistans, ou en leur absence par les protonotaires.

Lorsque le Pape entre dans la chapelle éclairée de 567 torches, on chante la strophe: Verbum caro. Lorsqu’il est arrivé devant l’autel, le premier Cardinal diacre faisant la génuflection, prend le calice des mains du Pape qui est debout; et étant accompagné de deux écuyers portant deux cierges, il le replace au haut de la machine qui est faite sur les desseins du Bernin, pour l’exposition, couverte d’un corporal; le Sacrista découvre le calice, prend la sainte hostie dans le croissant d’or, la met dans une boîte, dans l’urne appelée communément Sépulcre, sans fermer la petite porte.

Le Cardinal diacre retourne vers le Pape, qui se lève après que le premier Cardinal prêtre lui a présenté la navette pour mettre l’encens dans l’encensoir; il vient se mettre à genoux, et encense le saint Sacrement: le sacristain ferme le sépulcre , et consigne la clef au Cardinal pénitencier qui doit officier le lendemain.

Dans mon ouvrage de Secretariis , j’ai démontré i que chez les latins on consacrait dans la férié V trois hosties : l’une était consumée par le célébrant , l’autre était conservée dans le Se cretarium , ou sous l’autel, et la troisième servait

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pour la communion du prêtre la férié VI. Dans d’autres -églises le sépulcre, construit dans le Secretarium, se fermait à clefs; et chez les Mozarabes, on y joignait deux sceaux en cire: ad similitudinem Sepulchri Domini, quod Pilatus signa ri jussit cum custodibus , A’Lyon l’on déposait la sainte hostie entre deux patènes , et l’on y joignait les SS. Evangiles entre deux ecuelles d’argent.

A’ peine le Cardinal diacre est retourné devant l’autel, on entonne le Tantum ergo , après lequel tout le monde se lève.

Avant que Paul III fabriquât cette chapelle, on portait le saint Sacrement dans une autre plus ancienne qui était peut-être celle qu’avait érigé Nicolas V. Giacomo Volaterano en décrit ainsi l’usage: Anno 14S1 divina re absoluta , sacra hostia Domimci Corporis > Pontificis manibus capite detecto, ab ara majori , in qua sacrata fuerat , in par vum Pontificis sacellum religiose admodum portata est , argentea arcula super Sacelli ararn condita , pro communione diei sequentis , in quo ob vigiliae passionis memoriam sacrum Dominicum non conficitur . C’est sans doute dans cette même chapelle qu’arriva ce que raconte Jacques Bonaparte, gentilhomme de saint Miniate. L’an 527 la sainte Hostie renfermée le Jeudi vSaint , selon la coutume, dans le tabernacle de la chapelle du Pape, fut trouvée le matin suivant par terre, sans qu’on

sût ni par qui, ni comment (Voyez deux autres exemples dans mon ouvrage des Pontifimli 70).

Cette cérémonie semble contraire à l’ordre et à la série des Mystères que l’on célébré et l’église a voulu représenter par anticipation le sépulcre du Seigneur, plutôt que le jour suivant où elle est en deuil pour sa mort.

L’usage de faire le sépulcre dans la pauline fut introduit par Paul III, qui l’avoit faite construire , comme le rapporte Oldoin dans Ciacconius: Quitus maxime feriis acerbissimam Christi Domini ne cem recolit christiana respublica , Sepulchrum in va ticanas aedes invexit. II fut suivi par ses successeurs, comme on le voit dans le diario de Paolo Mucanzio, et par un Bref de Leon XL

Bénédiction solemnelle donnée par le Pape de la loge de la façade de la basilique vaticane .

Dans le même ordre on passe par la porte contiguë à la même chapelle pauline , dans la loge de la bénédiction , tapissée en damas , et coverte d’une tente, où le Pape est porté dans une chaise avec la mitre, et les flabeaux, sous un dais soutenu par huit prélats référendaires. Arrivé à la grande tribune du milieu , il donne à un peuple nombreux, rassemblé sur la place, la triple béné-

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diction, à la quelle le choeur répond 4 fois Amen, tandis que le château Saint Ange tire plusieurs coups de canons, que les cloches de Saint Pierre sonnent, que la musique militaire retentit de tout les côtés de la place, où sont rangée la cavalerie et l’infanterie.

Voici la formule de la Bénédiction: Sancti Apopostoli Petrus et Paulus de quorum potestate, et au ctoritate confidimus , ipsi intercédant pro nobis ad Dominum . Amen.

Precibus et meritis B. Mariae semper Virginis , B. Michaelis Archangeli, B. Joannis Baptistae , et SS. Apostolorum Pétri et Pauli et omnium Sanctorum misereatur vestri omnipotens Deus , et dimissis omnibus peccatis vestris , perducat vos Jésus Christus ad vitam aeternam . Amen.

Indulgentiam , absolutionem , et remissionem omnium peccatorum vestrorum , spatium verae et fru ctuosae poenitentiae, cor semper poenitens et emen dationem vitae , gratiam, et consolationem Sancti Spiritus, et finalem perseverantiam in bonis operibus tri buat vobis omnipotens et misericors Dominas. Amen.

Et benenedictio Dei omnipotentis Patris et Fi lii et Spiritus sancti descendat super vos, et maneat semper. Amen.

Le Pape étant assis lit cette bénédiction dans un livre, soutenu par un evêque assistant; un autre tient le cierge allumé. Lorsqu’il prononce: et benedictio ec. il se lève en faisant trois croix sur

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le peuple , selon la coutume , Lorsqu’il dit: De scendat ec . il éléve les mains vers le ciel, et les repliant sur la poitrine, il s’assied: ensuite un Cardinal diacre lit en latin, et un autre Cardinal diacre lit en italien, l’indulgence plénière accordée aux fidèles assistans, et ils jettent l’écrit dans la place.

Autrefois les cardinaux venaient prêter l’ obéissance au Pape dans celle loge, au lieu de le faire dans la chapelle, comme on le fait aujourd’hui.

Dans l’avant loge doivent se trouver les gens des Cardinaux pour recevoir les ornemens , et les revêtir de la mantelletta et mozzetta rouges, leur donner le chapeau, s’ils veulent se retirer, et leur mettre la chape , s’ils veulent assister pendant qu'on lave des pieds.

Après la bénédiction , le dernier auditeur de Rote, quitte la dalmalique , et prend le surplis.

Les évêques assistans et non assistans quittent la chape, et reprennent le chaperon. Tous attendent que le Pape passe, et ils le suivent dans les salles de son appartament : les Cardinaux et les Prélats se retirent dans la salle des ornemens.

Jusqu’au Pontificat de Clément XIY ce fut dans cette grande tribune que fut publiée la bulle in Coena Domini , en latin par un auditeur de Rote sous-diacre, et en italien par un Cardinal diacre, avec la formalité de jetter un cierge jaune allumé dans la place (Voyez sur l’introduction de cette

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coutume Benoit XIV De festis pag. 147 , et le Tom. IV. De Secretariis in processiones sententiae pag. 1926).

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