‹ Description des collections d'antiquités conservées à l'Hôtel LambertChapitre 11 sur 128 · Deux volumes in-folio, Rome · texte numérisé non relu

Deux volumes in-folio, Rome

2. Comment, in tab. heracl., un vol. in-folio, Naples, 1754, pp. 137 et 551.

INTRODUCTION

Écrire l'histoire des travaux faits par les modernes sur les vases peints, discuter et examiner les opinions diverses émises sur les questions d’origine, de provenance, de fabrique, d’âge, de style, ce serait dépasser les bornes de cette introduction ; l’examen détaillé de ces questions complexes et souvent embarrassantes demanderait un gros livre. Je dois me borner ici à quelques observations générales, observations qui donneront une idée de l’immense développement que les études archéologiques ont pris depuis le commencement du xixe siècle.

Le chevalier W. Hamilton, ambassadeur d’Angleterre à Naples, de 1764 à 1800, était un amateur ardent et passionné qui recherchait avec soin les monuments de 1 art ancien. Il forma successivement deux grandes collections de vases peints : la première, qui aujourd’hui fait partie du Musée Britannique, fut publiée en quatre volumes in-folio, en 1766, par H. d’Hancarville *. Ce livre, fait avec beaucoup de prétention et de luxe, mais sans goût, contient des recherches étendues sur l’art des anciens; toutes les planches sont gravées d une manière uniforme : on dirait qu’on n’a cherché qu’à faire des gravures à effet, sans se soucier aucunement ni de leur exactitude ni de leur fidélité. Le recueil de la première collection Hamilton fait comme une transition entre les informes gravures des premiers éditeurs qui se sont occupés des monuments céramographiques, et les ouvrages qui parurent peu de temps après, et où l'on passa d’une grande négligence à une exagération d’un autre genre.

1. Antiquités étrusques, çjrecques et romaines tirées du cabinet de M. Hamilton.

INTRODUCTION

Jusque-là on avait semblé avoir un profond dédain pour les potiers prétendus étrusques . L éditeur des quatre volumes de la collection Ilamilton, tout en parlant des arts du dessin chez les Grecs, de la grande habileté des artistes grecs, de la beauté sans pareille de leurs œuvres, tout en étalant un luxe de vignettes et de gravures rehaussées de couleurs, n’avait pas réussi à exciter l’admiration des artistes. Alors qu’il était à peu près généralement admis que les vases peints avaient été fabriqués par les Grecs, ou, du moins, sous l’influence directe de ce peuple, que 1 on considérait les produits de la céramographie comme se rattachant à la source la plus pure de 1 art, on s’exagéra le mérite de ces peintures et l’on voulut, à toute force, y trouver des modèles parfaits, sous le rapport du dessin. Avec ces préoccupations, on vit partout des chefs-d’œuvre, et l’on ne chercha, d’après les idées qu’on s’était faites sur le beau, qu’à embellir les dessins destinés à reproduire les compositions peintes sur ces sortes de poteries.

Tischbein, l’éditeur de la seconde collection Hamilton1 2, et son élève Clener, qui grava les planches du grand recueil de Millin ", poussèrent celte exagération à ses dernières limites. Le même reproche, quoique à un moindre degré, peut être adressé aux planches du recueil du comte Alexandre de Laborde, gravées par le même Clener 3.

Un ouvrage court, mais substantiel de Lanzi4parut en 1806 et fit époque

1. La première édition en anglais, publiée à Naples, quatre volumes in-folio, porte la date de 1791; la seconde a été imprimée à Florence en 1800; la troisième a été faite à Paris en 1803. L’auteur du texte explicatif des trois premiers volumes est Italinski; les explications des planches du quatrième volume ont été données par Fontani. Un cinquième volume avait été préparé, mais n’a jamais vu le jour. Les cuivres de ce cinquième volume se trouvent à la librairie Cotta à Stuttgard. La seconde collection de vases formée par Hamilton périt en partie dans un naufrage: ce qui en fut sauvé fut acquis par Thomas Hope dont la collection fut vendue aux enchères publiques à Londres en 1849. Voy. Arch. Zeitung, 1849, Auzeiger, p. 97.

2. Peintures des vases antiques, vulgairement appelés étrusques, tirées de différentes collections, deux vol. in-folio, Paris, 1808-1810.

3. Vases du comte de Lamberg, deux vol. in-folio, Paris, 1813-1824.

4. De’ vasiantichi dipinti volgarmente chiamati etruschi, in-8° Firenze, 1806.

INTRODUCTION

dans la suite de ces recherches. Quoique Toscan lui-même, l’auteur sut se garder des préjugés de ses compatriotes et déclara que s’il y avait des vases véritablement étrusques, d’autres en bien plus grand nombre étaient certainement et indubitablement grecs *.

Le système exclusivement étrusque était abandonné; mais, tout en cherchant des explications dans les mythes, dans les traditions religieuses, dans les faits héroïques chantés par les poètes, ainsi que dans les usages de la vie privée et familière des Grecs, on tomba dans une autre erreur. On crut que l’immense majorité des peintures qui décorent les vases se rapportaient aux mystères, et, moins on savait des mystères, moins les scènes représentées sur les vases se prêtaient à une explication facile, plus on s’attacha à cette idée, plus on donna un libre cours à des hypothèses sans fondement. Le génie des mystères joue un grand rôle dans ces interprétations : Millin et surtout Bœttiger1 2 furent les premiers qui se lancèrent dans cette voie périlleuse et inventèrent tout un système, toute une doctrine qui n’est, à vrai dire, qu’un tissu de rêveries.

Je ne m’arrêterai pas à examiner les autres systèmes qui ont été proposés pour expliquer les peintures des vases.

Il fallut le goût, le tact exquis de James Millingen pour donner au public une connaissance exacte des vases peints et faire apprécier comme il convient leur mérite, tant au point de vue archéologique qu’à celui de l’art. Les ouvrages publiés par le savant x4nglais furent les premiers où, à côté d’explications sobres et consciencieuses, on trouve des planches gravées avec soin et habileté, où le sentiment de l’antique est respecté, où le caractère vrai et réel des compositions est fidèlement conservé 3.

1. Ch. Lenonnant ( Introduction à l’élude des vases peints, p. ix, dans le premier volume de l’Élite des mon. céramograph.) adonné des éloges aux observations ingénieuses et solides de l’auteur.

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