‹ Description des collections d'antiquités conservées à l'Hôtel LambertChapitre 10 sur 128 · Muséum etruscum, trois vol. in-folio, Florence · texte numérisé non relu

Muséum etruscum, trois vol. in-folio, Florence

3. Picturæ Etruscorum invasculis, trois vol. in-folio, Rome, 1767.

INTRODUCTION

in-4° contient un assez grand nombre de planches de vases. Avant Caylus, dom Bernard de Montfaucon, dans son Antiquité expliquée, avait signalé ces précieux monuments au public. Du reste, en France, on ne faisait que suivre l’exemple des antiquaires italiens; le système qui avait pris naissance au delà des monts n’était pas même examiné ni discuté, et il n’en pouvait guère être autrement ; Y étruscomanie dominait partout et sans conteste; on l’acceptait comme un fait qui n’avait pas besoin d’être démontré.

Les gravures des premiers recueils de vases ont été exécutées d’une façon pitoyable et ne donnent aucune idée ni du style ni du caractère des peintures antiques; ce sont d’informes dessins faits sans intelligence et sans le moindre goût.

Winckelmann écrivant son Histoire de l’art chez les anciens, étudiait les monuments originaux sans idées préconçues, et, joignant à une vaste érudition des connaissances sur les arts du dessin, posait les fondements de la saine critique, sans s’arrêter aux systèmes de ses devanciers; répudiant les explications erronées en vogue à cette époque, il restitua aux monuments antiques leur véritable signification. On avait cherché jusque-là, dans l’histoire de la Grèce et de Rome, des faits pour expliquer toutes les compositions traitées par les artistes anciens, sans tenir compte de la nature des monuments. Winckelmann comprit combien ces idées sur l’antiquité figurée étaient fausses et manquaient de base. Les faits historiques, les personnages qui ont joué un rôle dans l’histoire ne sont que rarement et exceptionnellement représentés dans les monuments. La plupart du temps c’est aux

INTRODUCTION

traditions religieuses et mythologiques qu’il faut recourir pour interpréter et comprendre les scènes traitées et constamment reproduites de siècle en siècle par les sculpteurs et par les peintres. L’illustre archéologue porta le flambeau de la critique dans ces difficiles questions; ses Monuments inédits 1 sont un témoignage de la pénétration de son jugement et donnent une idée des luttes qu’il eut à soutenir pour faire triompher un système qui ne tendait à rien moins qu’à renverser l’édifice laborieusement élevé par les érudits italiens.

Il reconnut aussi à quel art appartenaient les vases peints et, rejetant les prétentions patriotiques des antiquaires imbus de préjugés, il démontra que c’était aux Grecs que revenaient de droit la suprématie et la priorité, quand il s’agit des arts du dessin, et que l’hellénisme avait laissé une empreinte incontestable de son génie et de son caractère sur les produits de la céram o graphie.

Tout en restituant aux vases peints leur véritable origine, les gravures publiées par Winckelmann ne valent guère mieux que celles qui avaient paru avant lui. L 'Histoire de l’Art de Winckelmann porte la date de 1763. Quelques années auparavant, Mazochi 2 avait trouvé et lu des inscriptions en langue grecque sur des vases découverts en Sicile et dans la Grande-Grèce, et la vue seule de ces inscriptions avait été, pour ce savant, une véritable révélation; aussi n’hésita-t-il pas un instant pour affirmer que ces vases avaient été évidemment fabriqués par les Grecs et non par les Étrusques.

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