Élite des mon. céram., t. III, pl. xxxi-xxxiv
3. Pausan., V, 19, I. — Voyez Arch. Zeitung, 1854, pl . J,XI, LXIJ, LX1V.
INTRODUCTION
sion moindre, l’œnochoé, l’olpé, sont décorés de zones superposées et composées de longues files d’animaux, lions, panthères, boucs, béliers, cerfs, sphinx, griffons, soit marchant à la suite les uns des autres, soit affrontés, entremêlés de cygnes, de coqs, de poules ou d autres oiseaux.
On donnait autrefois a ces vases le nom de vases égyptiens . cependant il n’y a pas le moindre rapport entre ces vases et les monuments dus à l’art de l’Égypte, tandis qu’il existe la plus grande analogie entre les animaux et les ornements de ces vases et ce que 1 on voit dans les monuments de Ninive et de Babylone h Mais, quoique les vases décorés d’animaux et de rosaces ou d’autres ornements puissent tous être considérés comme ayant été fabriqués d après les mêmes données et sous une inspiration commune, on reconnaît plusieurs classes dans ces sortes de poteries. Ainsi, pour un œil exercé, il y y a au moins trois espèces de vases décorés d’animaux, et qui appartiennent à trois époques différentes. Mais il est difficile de dire comment on peut les distinguer, car les nuances sont peu appréciables , surtout quand la transition d’une manière à une autre se fait pressentir. Il y a aussi les vases archaïques imités qu’il ne faut pas confondre avec ceux qui appartiennent aux âges primitifs. Dans les vases d’imitation, les artistes se sont appliqués à reproduire toutes les imperfections de dessin, de couleur, de cuisson même, qu’on trouve dans les vases les plus anciens. Souvent les savants les plus habiles ont de la peine à distinguer et à reconnaître ces sortes de vases fabriqués à l’époque la plus belle et la plus* florissante de la céramographie ; et pourquoi? Parce qu’il n’est pas possible d’établir des règles quand il s’agit de choses qui dépendent du goût, de l’expérience et du sentiment intellectuel.
Quand l’art prend un plus grand développement, des sujets mythologiques viennent s’encadrer entre les zones d’animaux; ce genre de décoration a duré longtemps, on peut même dire pendant plusieurs siècles. Ces sortes de pein-
1. Voyez Gerhard, Annales de l’Inst. arch.,\o\. XIX, 1847, p. 409, et Arch. Zeitung, 1854, p. 181.
INTRODUCTION
tares à plusieurs zones paraissent avoir été copiées sur des tissus de diverses couleurs ou des tapisseries. Aristote 1 fait allusion à ces étoffes en parlant du péplos fabriqué pour Alcisthènes de Sybaris, où Ton avait représenté les principaux dieux de la Grèce, entre deux bordures décorées de figures orientales.
« Dans le haut, dit le philosophe, sont représentés les animaux sacrés des Susiens; dans le bas, ceux des Perses. »
Le rapport de ce passage avec les vases peints à plusieurs zones où des sujets mythologiques sont encadrés dans des bordures d’animaux, n’échappera à personne.
C’est à Adrien de Longpérier 2 qu’on doit la connaissance du précieux passage d’Aristote que je viens de rappeler et qui a fourni les rapprochements que les progrès ultérieurs de la science n’ont fait que confirmer.
Le fameux vase connu sous le nom de vase François, du nom de l'habile explorateur des tombes étrusques à qui l’on en doit la découverte, offre l’exemple le plus remarquable de ces zones superposées d’animaux servant d’encadrement à des sujets mythologiques 3.
Les inscriptions ne paraissent sur les vases peints que vers le viC siècle avant l’ère chrétienne. Ces inscriptions sont écrites en lettres grecques de la plus ancienne forme. Le caractère oriental des compositions peintes sur les