Gerhard, Vasenbilder, pl. ccxxm
INTRODUCTION
et chryséléphantine. Du reste, la coloration en blanc des chairs était un moyen sûr pour distinguer les femmes des hommes, car l’art, du moins chez les céramographes, n’était pas encore arrivé à caractériser d’une manière précise 1 individualité et le sexe. Ainsi les Amazones armées à la grecque et les éphèbes n’auraient guère pu être reconnus, si l’on n’avait pas adopté un procédé particulier pour distinguer les deux sexes. Il arrive même, dans les vases à peintures rouges d un art avancé, qu’on a de la peine à reconnaître les éphèbes quand ils portent des vêtements qui leur couvrent tout le corps : alors il n’y a pas de marque distinctive entre les jeunes fdles et les éphèbes, à moins que la disposition des cheveux ne serve à les faire reconnaître. Les yeux des hommes sont oi dinairement indiqués d une autre façon que les yeux des femmes; ceux des hommes sont gravés au trait en forme d’étoile, tandis que les yeux des femmes sont allongés et taillés en amande avec le fond blanc et la pupille noire ou rouge.
Les contours, dans le corps des hommes, sont plus anguleux, plus prononcés que dans le corps des femmes , où l’on trouve des formes plus arrondies. Pline en parlant de l’origine de la peinture, dit que l’Athénien Eumarus réussit le premier à distinguer les deux sexes : Qui primus in pictura virum feminamque discreverit Eumarum Atheniensem figuras omnes imitari ausum.
Toutes les têtes, dans ces peintures anciennes, sont dessinées de profil et manquent de caractère et de vie ; ce n’est que par exception qu’on rencontre des têtes de face ; en général, 1 effet en est médiocre : on y reconnaît une grande maladresse et une inhabileté prononcée; on exagère la forme des épaules, des hanches, des cuisses, des mollets. Souvent les mouvements sont forcés et violents; ce qui manque surtout dans ces sortes de compositions, c’est la grâce et le naturel, mais on y trouve beaucoup de naïveté. Et cependant, malgré toutes les imperfections que nous venons de signaler dans ces