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INTRODUCTION
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Les vases à figures rouges sur fond noir sont infiniment plus nombreux que les vases à figures noires sur fond clair. La couleur noire qui en fait le fond, a servi également aux lignes du dessin; le pourpre ou rouge violacé est la seule couleur qui rehausse la teinte plate de ce genre de peintures ; cette couleur est employée pour les bandelettes, les couronnes, les bracelets et d’autres détails délicats, ainsi que pour les inscriptions tracées près des figures. Quant aux inscriptions gravées [graffiti], elles sont plus rares.
Les vases à figures rouges sur fond noir, de style sévère ou de la belle époque de l’art, ont un aspect plus agréable et plus attrayant que ceux à figures noires.
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Il est difficile de connaître exactement l’époque à laquelle parurent les vases à figures claires se détachant sur un fond noir. On a pourtant des moyens pour remonter à l’origine de ces produits, puisqu’on a des vases où les deux manières, les figures noires sur fond rouge et les figures rouges sur fond noir, se trouvent rapprochées et juxtaposées; on a des vases qui montrent d’un côté des peintures noires à détails gravés sur fond clair, et de l’autre des peintures rouges sur fond noir. Ces exemples se rencontrent rarement. On peut citer une
INTRODUCTION
grande amphore du Musée du Louvre, où d’un côté sont représentés Dionysos et Ariadne, accompagnés de Satyres, et de l’autre Héraclès qui, avec l’aide d Athéné, se dispose à enchaîner Cerbère. La première composition est à figures noires, la seconde à figures rouges de style sévère *. Un second exemple est fourni par une autre amphore conservée à la Pinacothèque de Munich. D’un côté la composition à figures noires montre Héraclès à table, de l’autre le sujet à figures rouges représente Dionysos également à table1 2.
On a aussi des vases d’ancien style à figures noires et à dessins gravés, et d’autres de style archaïque à figures rouges qui, les uns comme les autres, portent la même signature d’artiste. Quelques coupes signées montrent, à l’extérieur, les deux manières opposées l’une à l’autre. Ces exemples suffisent pour démontrer qu’à une certaine époque, on a cherché à combiner et à réunir les deux procédés 3.
Un célèbre archéologue allemand, Ludwig Ross4, a constaté que dans les fouilles entreprises en 1835 et en 1836 à l’Acropole d’Athènes, au sud du Parthénon, on avait mis à découvert, parmi des débris de toute espèce, fragments de marbre, tuiles, etc., des vases et des fragments de vases peints. Ces débris se trouvaient à une grande profondeur et dans une couche de terre noirâtre où l’on remarquait des charbons. Il n’était guère possible de se méprendre sur la nature de ces débris ; évidemment on avait sous les yeux les restes des décombres des édifices détruits et brûlés par les Perses (olympiade 74, 484 ans av. J.-C.). Au nombre des vases à figures rouges retirés de ces fouilles, on remarque un petit cotyle, orné d’une chouette entre deux branches d’olivier, semblable à certains vases de même forme que l’on trouve fréquemment à Nola. Ce fait