Annales de l’Inst. arch., 1856, pl. xx
INTRODUCTION
donné le nom d’amphores de Nola, parce qu’on les trouve en grand nombre dans les tombeaux aux environs de cette ville. Une des plus remarquables, quoique des moins anciennes, comme l’indiquent les lettres longues H et Cl et l’emploi de la couleur blanche dans les inscriptions, est la célèbre amphore, actuellement dans la collection de Mgr le duc d’Aumale, qui en a fait l’acquisition en 1865, à la vente de la collection Pourtalès, et sur laquelle est représenté Thésée qui combat contre la reine des Amazones *. C’est surtout au Musée de Naples qu’on peut admirer un nombre considérable de ces amphores. Dans la collection Durand, il y en avait aussi quelques-unes, enrichies de peintures soignées et intéressantes. Celle sur laquelle on a peint Ploutos tenant une corne d’abondance et Hébé,est d’un style particulier qui rappelle les traditions de l’école archaïque1 2.
Tous les archéologues connaissent le fameux vase de la dernière nuit de Troie, conservé au Musée de Naples. C’est une grande hydrie à trois anses, autour de laquelle se déroule une admirable composition de dix-neuf figures, grandes et petites, dessinée avec une rare perfection. Les principaux groupes sont : Énée qui porte sur ses épaules son père Anchise, Ajax et Cassandre laquelle est prosternée aux pieds delà statue d’Athèné, Priam réfugié à l’autel de Zeus Hercæos, et qui se couvre la face de ses deux mains pour se garantir des coups de Néoptolème lequel, l’épée à la main, s’avance pour lui abattre la tête ; sur les genoux du malheureux vieillard est étendu un enfant mort, Astyanax,le fils d’Hector ; dans un autre groupe, on voit une jeune femme furieuse, prête à assommer avec un instrument dans lequel on a voulu reconnaître un joug, mais qui en réalité est un pilon3, un guerrier grec qui cherche à parer le coup en se couvrant de son bouclier4.
1. N03 2 1 4 du Catalogue de la vente Pourtalès. — Cf. le n° 54 du présent catalogue.