‹ Description des collections d'antiquités conservées à l'Hôtel LambertChapitre 31 sur 128 · Hist. nat., XXX, 36 : Artis fores apertas intraverunt · texte numérisé non relu

Hist. nat., XXX, 36 : Artis fores apertas intraverunt

INTRODUCTION

exemple quelques belles coupes sur lesquelles on a représenté le retour d’Héphæstos à l’Olympe1 2, et aussi quelques sujets de la Gigantomachie*.

Une composition charmante est celle qui est tracée sur une amphore de Vulci, à figures rouges. C’est le retour du printemps. Deux jeunes gens et un homme d’un âge mûr s’entretiennent ensemble. L’un des jeunes gens, assis sur un ocladias, lève la tête et montre du doigt une hirondelle, en disant : I AO XEUAON, regarde , une hirondelle! L’homme barbu, également assis en face du jeune homme, retourne la tête et dit : NE TON HPAKUEA, en effet, par Hercule! Le petit garçon debout, à droite, montre de la main l'oiseau, et dit : HAYTEI, la voici. Et la conclusion est : EAP EAE, déjà le printemps. Ces derniers mots sont prononcés par l’homme barbu qui occupe le centre de la composition3. On le voit, c’est toute une idylle exprimée avec une grâce et une naïveté que seuls les artistes grecs ont le don de rendre.

Une autre composition ravissante est celle du jugement de Pâris, sur une cylix conservée au Musée de Berlin et qui porte la signature du fabricant Hiéron. Au revers, on voit Pâris qui emmène Hélène du palais de Ménélas. Ces deux compositions sont accompagnées d’inscriptions qui indiquent les noms des personnages4.

Dans les sujets que nous venons de signaler domine encore le caractère de l’école archaïque. Les femmes, la plupart du temps, portent de longues tuniques doriennes. On se rappellera que Socrate, sculpteur dans sa jeunesse, avait représenté les Grâces entièrement vêtues. C’était l’usage du temps.

1. Duc de Luynes, Description de quelques vases peints étrusques, italiotes, siciliens et grecs, pl. xxxm. — Monuments inédits de l’Inst. arch., vol. V, pl.xxxv. — Élite des mon.céram.,t. I,pl. xi.iv et xlv.

2. Gerhard, Trinkschalen, pl. x et xi. — Duc de Luynes, l. cit., pl. xix.

3. Monuments inédits de l’Inst. arch., vol. II, pl. xxiv. — Voy. Panofka, Annales, vol. VII, 1833, p. 238 et suiv.

4. Gerhard, Trinkschalen und Gefdsse des K. Muséums zu Berlin, pl. xi et xu. — Cf. notre Catalogue de vases peints tirés des fouilles de l’Étrurie ( Canino ), n° 130.

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Zeuxis et Parrhasios peignaient des figures isolées, des sujets de petite proportion; ce n’étaient pas de vastes compositions comme celles de Polygnote et de son école. L’exécution des tableaux peints par Zeuxis et par Parrhasios était plus recherchée, plus finie; ces deux artistes, qui florissaient au commencement du iv° siècle (395 ans av. J.-C.), savaient donner à la forme et au visage de leurs figures une expression particulière et individuelle. Nous retrouvons ces qualités sur les vases de beau style, postérieurs au siècle de Périclès. On choisissait les formes juvéniles, de préférence aux formes mâles et vigoureuses; les éphèbes n’ont souvent pour tout vêtement que la chlamyde; de même les femmes et les jeunes filles sont représentées ou complètement nues, ou couvertes seulement de vêtements légers et souvent transparents. En général, les vêtements ne servent qu à faire valoir les formes du corps et non à les cacher; les plis raides et de pure convention ont disparu et les draperies suivent tous les mouvements du corps. La chevelure est traitée d’une manière conforme à la nature et on ne voit plus ces boucles, ces cheveux frisés dont les premiers exemples se retrouvent sur les monuments assyriens. Le caractère gracieux et quelquefois un peu efféminé ne paraît pas seulement dans la forme du visage et dans celle du corps, mais aussi dans l’ensemble de la pose et dans les mouvements. C’est le génie attique qui pénètre de plus en plus dans les œuvres d’art. Un grand nombre de sujets ou mythologiques ou familiers montrent des éphèbes à leur départ ou à leur arrivée, reçus par des jeunes filles qui leur versent à boire, ou bien des réunions de femmes et de jeunes filles. Dans ces sortes de scènes, la

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pudeur, la modestie, l’honnêteté sont exprimées d’une manière charmante et naïve. En regardant ces compositions pleines de noblesse, d’élégance et de simplicité, on songe involontairement aux has-reliefs de la frise du Parthénon, bien entendu en faisant la part de la différence qui existe entre ces

admirables sculptures et des œuvres dues aux mains d’artistes d’un mérite très inférieur.

A mesure que 1 art se développe et se perfectionne, la peinture n’occupe plus qu un espace restreint et mesuré. Sur des vases de grandes dimensions, c est le col seul qui se trouve décoré de sujets peints avec un soin remarquable. On se contente de décorer l’intérieur des coupes de peintures délicates et élégantes ; l’extérieur est négligé et souvent laissé complètement en noir. Les petites assiettes plates enrichies de peintures, exécutées par Épictète, fournissent un exemple de ces compositions pleines de charme, réduites à un nombre limité de figures1.

Comme exemple du beau style on peut citer les peintures d’une délicieuse cylix, conservée au Musée du Louvre, où l’on voit à l’intérieur le jeune Musée, MO$AIO$, qui prend une leçon de grammaire ou de chant de Linos, UINO$. A 1 extérieur sont représentés des exercices gymnastiques*.

C’est au siècle de Périclès ou à la première moitié du iv° siècle avant notre ère qu’appartiennent la plupart de ces belles amphores auxquelles on a

l- Y°yez notre Catalogue de vases peints tirés des fouilles de VÉtruriê (Canino), n°* 53, 117, 174, 175, 177, 178, 189. — Cf. H. Brunn, Geschichte der griechischen Kunstle, t. II, pp. 671 et suiv.

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