‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 125 sur 678 · GENRE XX · texte numérisé non relu

GENRE XX

MÉLANIE. Melania.

Caractères genériques. Coquille turriculée ; ouverture entière , ovale ou oblongue , évasée à sa base ; columelle lisse, arquée en dedans; un opercule corné.

Testa turrita ; aperiura integra , ovata vel oblonga, ad basim effusa ; columella lævis , incurva; operculum corneum.

Lister avait placé depuis fort long-temps les Mélanies avec les Lymnées dans les Buccins d'eau douce; mais il les avait séparés d’après leur analogie de forme, sans pourtant changer leur dénomination. On voit par les planches 108 à 124 de son grand ouvrage, qui ne présentent que des Mélanies et quelques Mélanopsides, qu’il avait fort bien saisi les caracteres d'ensemble de ces coquilles qu'il avait séparées des coquilles terrestres , avec lesquelles , plus tard, on les confondit. Muller fut exempt de cette faute dans laquelle tomba Linné qui placa les Mélanies , indistinctement, parmi les Hélices. Bruguière coinmit une erreur non moins grave que celle de Linné , et d'autant moins pardonnable au célèbre auteur de l'Encyclopédie, qu'il avait étudié ; à Madagascar , l'animal d'une grande espèce de Mélanie, ce qui ne lempécha pas de les confondre dans son genre Buline, toujours entrainé par des caractères artificiels et trop peu restreints. M. Lamarck enfin, dans ses premiers travaux , créa le genre Mélanie qu'il plaça d'abord, dans le Système, près des Lymnées et des Hélices, et qu'il en éloigna ensuite , à mesure que les genres environnans furent mieux connus, et qu'on put mieux conséquemment en élablir les rapports. Cependant ces rapports n'avaient point été assez justement appréciés par leur auteur, car nous voyons que les deux zoologistes qui ont le plus étudié l'anatomie des Mollusques , MM. Cuvier et Blainville, s'accordent parfaitement sur la place de ce genre ; le premier en le considérant comme sous-genre de ses Conchylies , dans lesquelles il ajoute les Ampullaires et les Phasianelles, et le second en les rangeant dans la famille des Ellipsostomes, avec les genres que nous venons de citer. M. Férussac, dans ses Tableaux systématiques, a montré une autre opinion en instituant les Mélanies comme sous-genre des Paludines ; fondée sur l’'analogie des opercules , elle a besoin d’être examinée avant d’être admise ou rejetée.

M. Férussac, dans son Mémoire géologique sur les terrains d’eau douce, à cité à Grignon l'analogue fossile de la Melania amarula. Nous avons fait d’inutiles recherches pour voir cette coquille que nous n'avons rencontrée dans aucune collection. M. Defrance qui, comme tout le monde sait, a fait d'immenses recherches dans cette localité célèbre et celles qui l’avoisinent , n’a jamais vu de fragmens qui aient rapport à cette Mélanie d’ailleurs si remarquable.

M. Lamarck avait confondu avec les Mélanies plusieurs espèces qui ont servi depuis à l'établissement d'un genre dédié à M. Risso , sous le nom de Rissoa. M. Férussac le considère comme un sous-genre des Paludines, et il le place prés des Mélanies. M. Blainville l'admet comme genre, et il le fait suivre les Mé-

lanies. Si l’on convient de conserver ce genre qui, de l’aveu de M. Blainville lui-même, est assez artificiel , il serait assez convenable aussi d'en établir un pour la Melania costellata , Lamk., qui n'est point une véritable Mélanie ni un Rissoa , et pour la Melania marginata qui se trouve dans la même circonstance. Nous nous contenterons donc de sous-diviser les Mélanies en quatre sections: la premiere renfermera les Mélanies proprement dites , qui présentent tous les caractères’ assignés au genre ; la seconde comprendra les coquilles qui ont l'angle supérieur de l'ouverture détaché, et qui ne sont que peu ou point évasées à la base ; la troisième contiendra les coquilles qui ont l'ouverture oblique à l'axe et largement bordée; la quatrième enfin renfermera les espèces dont la lèvre droite s'avance au-dessus du plan de l'ouverture , et est renflé sans être renversé audehors : cette dernière section répond au genre Rissoa des auteurs.

1°. Mélanies proprement dites.

Mécanie DE Cuvier. Melania Cuvieri. Nob.

PI. XII, fig. 4, 2.

M. testé pyramidato-turrité , transversim striaté ; anfractibus subconvexis , parte superiore subcarinatis , longitudinaliter costatis ; costis distantibus , penulimo et ultimo anfractu .cuspidatis ; apertur& ovato-oblongé ; columell& arcuatt, marginat®.

Localités: Chaumont, le Soissonnais.

Très-belle et très-rare coquille, l’une des plus grandes et des plus remarquables du genre, elle a beaucoup de rapports avec la Pyrena spinosa (Lamk., Anim. sans vert., tom. 6, pag. 170, n. 2 ) quant à sa forme générale et à la disposition des côtes; mais elle en diffère essentiellement , n'appartenant point au même genre.

Cette grande coquille turriculée, régulièrement pyramidale , est élégamment striée en travers ; ces stries sont plus distantes et plus profondes à la base ; elle est ornée de côtes longitudinales , saillantes , peu obliques, pointues à leur sommet, mais qui, sur l'avant-dernier et le dernier tour, s'élèvent et se prolongent en une forte épine saillante. Les tours sont peu convexes, subcarenés supérieu— rement ; ils portent chacun six à sept côtes, et sont séparés entre eux par une suture qui remonte et les embrasse assez haut ; elle est indiquée par une strie large et onduleuse sur le plat. Les stries qui sont sur la carène sont fines et trés-profondes. Longueur, quatre-vingt-dix millimètres.

Mon cabinet.

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