‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 178 sur 678 · TOME l · texte numérisé non relu

TOME l

les premieres sont généralement plus globuleuses, plus minces, presque toujours lisses, épidermées pour le plus grand nombre, et ayant toujours un bord droit, mince, tranchant, simple, sans plis ni crénelures; le bord gauche est aplati, tres-tranchant, et presque toujours armé de fines dentelures.

La distinction des deux genres Néritine et Nérite a plus d'importance pour la géologie que pour la zoologie : leurs gissemens sont en effet fort différens ; les Néritines indiquent des terrains d’eau douce, les Nérites des terrains marins. Quoique cette raison ne soit pas sans valeur, surtout dans une science qui fournit tant d’utiles matériaux à la géologie, elle ne doit pas cependant entrainer à la conservation de genres inutiles, comme celui-ci, lorsque surtout on peut suppléer à leur suppression en établissant de bonnes sections genériques.

Parmi les coquilles qui dépendent du genre qui nous occupe, il en est une que la plupart des auteurs rangent dans les Nérites : elle est assez généralement connue sous le nom de Merita perversa, que lui a donne Chemaitz dans le Conchylien-Cabinet. D'après cette dénomination, il semblerait que cette coquille n'a pas la spire enroulée à droite, comme les autres Néritines; ce serait cependant une erreur que de le croire : elle est dextre; mais ce qui la rend singulière, c’est sa forme extérieure, semblable à celle d'un cabochon, et le relèvement de la spire courte et obtuse au sommet. Cette forme a paru suflisante à Montfort pour faire avec cette coquille un genre particulier, auquel il donne le nom de Félate ; il n’a point été adopté, parce qu’en effet la coquille présente tous les caractères des Nérilines : elle est d’un grand intérêt pour l'étude des rapports, en ce qu’elle sert de passage entre les Piléoles et les Néritines, et lie ces deux genres d'une manière évidente, comme les Piléoles se joignent aux Navicelles par les rapports les plus incontestables. Il suit de la la nécessité d’entrainer tous ces genres dans une même famille. C’est pour cette raison que nous p’adopterions pas l'opinion que M. Cuvier a émise dans la seconde édition du Règne animal, opinion sur laquelle nous reviendrons bientôt en traitant du genre Nérite. Lamarck n’a connu qu'une seule espèce de Néritine fossile du bassin de Paris. M. de Férussac en a ajouté trois, et nous en décrirons cinq de plus; ce qui porte à neuf le nombre des espèces découvertes actuellement.

Le gissement des Néritines présente quelques circonstances particulières. Dans le bassin de Paris, on les trouve pour le plus grand nombre dans les terrains de mélange qui contiennent à la fois des productions fluviatiles

ce

et marines. La prédominance des coquilles marines dans les lieux où lon trouve certaines espèces de Néritines, et surtout la plus grande d’entre elles, a fait supposer à quelques observateurs que cette coquille était marine; mais on pourrait tirer la même conclusion pour les Mélanopsides, les Paludines et d’autres Néritines, qui se rencontrent dans des circonstances analogues. Un grand cours d’eau douce, ayant son embouchure dans le Ron de Paris par le Soissonnais, et y apportant ses produits, pendant que se déposaient les calcaires grossiers, explique fort bien le mélange de corps organisés de nature différente. Ce fait, que l’on observe sur plusieurs points du bassin parisien, démontre la répétition des mêmes phénomènes. Ce qui est remarquable, c’est que les espèces fluviatiles pour la plupart diffèrent selon qu’elles ont été apportées par les cours d’eau dans des directions différentes ; et pour n’en donner qu'un exemple, il suffit de comparer les espèces du bassin de la Marne avec celles du Soissonnais, pour s'assurer qu'elles différent presque toutes.

Page 1