‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 179 sur 678 · PI. XVIII · texte numérisé non relu

PI. XVIII

N. testä ovato-conicd, basi latissimd , callosd; spir& minimd, apice contortd; aperturd minimd, semi-lunari; columelld rectd, transverst, octoplicatä.

Nerita Schmideliana , Chemn., Conch. Cab., tom. 9, pag. 130, pl. 114, fig. 975 , 976.

Schmidel, Fortg. Vorst. einig. merk. Verst., pag. 41, tab. 23, fig. 1-3.

Nerita perversa, Linn., Gmel., pag. 3686, n. 73.

Ncrita conoidea, Lamk., Ann. du Mus., tom. 5, pag. 93, n. 1.

Ibid., de Roissy, Hist. nat. des Molil., tom. 5, pag. 373, n. 0.

Velates conoideus, Montf., Conch. Syst., tom. 2, pag. 354.

Neritina perversa, Lamk., Anim. sans vert., tom. 6, pag. 183, n. 1.

Nerita perversa, de Blainv., Dict. des scienc. nat , tom. 34, pag. 477.

Ibid., Malac., pl. 36 bis, fig. 3.

Neritina perversa, Def., Dict. des sciences nat., tom. 34, pag. 481.

Nerita conoidea, Brongn., Mém. sur les terr. du Vicentin, pag. 60, pl. 2, Ho 29,10:)D;c;

Parkinson, Organ. rem., tom. 3, pl. 6, fig. 4, 6.

Localités : Retheuil, Guise-la-Mothe, le Soissonnais.

Nous avons cherché autant que possible à compléter la synonymie de cette espèce; elle donne la preuve des variations qu'elle a éprouvées chez les divers auteurs : on voit en effet que la plupart ont mis cette coquille avec les Nérites, et quelques autres parmi les Néritines. Un fait curieux, c'est que Lamarck, après avoir blâmé les auteurs qui ont nommé cette coquille Merita perversa, après avoir démontré, dans les Annales du Muséum, que celte coquille n'est réellement pas sénestre, ce qui est tresvrai, revient dans son dernier ouvrage à l’opinion qu'il a d’abord combattue, et il donne comme caractère que cette coquille est sénestre. M. de Roissy, dans le Buffon de Sonnini, a très-bien fait de changer le nom que Gmelin avait imposé à cette coquille. Lamarck l’adopta d'abord, et le changea en dernier lieu, lorsqu'il introduisit cette coquille au nombre des Néritines. Nous partageons l'opinion de Lamarck à l'égard du genre de cette espèce ; mais nous pensons qu'il est nécessaire de lui conserver le nom le plus convenable, celui qui peut produire le moins d'équivoque.

A considérer les caractères extérieurs de la Néritine conoïde, on ne peut douter qu'elle n'appartienne véritablement au genre Néritine. Sa columelle seule est dentée : son bord droit est simple; et ce sont ces deux caractères qui distinguent les Néritines des Nérites. L’opercule que nous avons pu observer rèssemble à celui des Néritines et diffère de celui des Nérites. Cette coquille est fort singulière par sa forme ; elle est ovalaire à sa circonférence, plate en dessous et conique en dessus, comme un cabochon : sa spire est trés-courte, tournée dans le même sens que dans toutes les autres espèces; elle est formée de trois tours apparens, inclinés postérieurement à droite, et relevés au sommet du cône que présente la forme extérieure. Ce sommet est placé vers le tiers postérieur de la longueur totale. La surface extérieure est revêtue d’une couche corticale luisante et comme vernissée, qui présente dans la plupart des individus des traces non équivoques de coloration : elle consiste en linéoles brunes, tantôt articulées et interrompues, quelquefois fortement en zigzag, et d'autres fois se disposant en deux zones longitudinales de taches plus ou moins grandes. Ces taches ou ces linéoles sont d’un brun assez foncé, sur un fond d’un fauve brunâtre, ou corné. En dessous, la coquille est divisée en deux parties inégales : l'une, postérieure, est occupée par une très-large callosité arrondie, sur laquelle se creuse presque toujours un sillon rameux, qui part de l'angle gauche de l'ouverture, et qui semble avoir été produit par un vaisseau; on peut supposer, en effet, que cette surface calleuse est le résultat du développement d'un lobe du

manteau sur toute son étendue : l’autre partie de la surface inférieure est occupée par l'ouverture ; elle est petite, semi-lunaire, plus large que longue. Le bord columellaire est droit; il est assez mince, en forme de cloison, et découpé en huit grosses dents inégales. À l'extrémité gauche de cette columelle se trouve en dessus une dépression assez considérable et au-dessous une échancrure assez large, dans laquelle s'appuie la partie spirale de l’opercule. Le bord droit est mince et tranchant, étalé, simple dans toute son étendue. L'opercule a la plus grande analogie avec celui des autres Néritines; il est ovalaire, transverse, lisse des deux côtés, subrayonné en dessous : son bord antérieur est obtus et régulièrement courbé en arc de cercle; le bord postérieur présente vers ral mité gauche une longue ne conique, semblable à celle des autres Néritines. Immédiatement au-dessous de cette apophyse, on distingue à l'extrémité de l’opercule le commencement d’une spire, dont le reste est caché par les accroissemens. Lorsque cette coquille est tres-jeune, on la prendrait facilement pour une autre espèce, et on la placerait sans hésiter parmi les Néritines. Dans cet état elle est presque globuleuse, et la spire est lout-àa-fait latérale. À mesure que la coquille vieillit, on voit successivement cette partie remonter vers le sommet; ce qui tient évidemment au mode de développement du dernier tour. Lorsque cette espèce est arrivée à l’état adulte, la spire intérieure est complétement obsiruée, et l'animal, à en juger d’après les moules intérieurs que l’on rencontre quelquefois, devait avoir la forme singulière d’un crochet.

Cette coquille, fort commune dans le Soissonnais et les autres localités cilées, se trouve aussi au val de Ronca, dans le Vicentin. Longueur, onze centimetres et demi. Quelques personnes assurent qu'il en existe des individus de plus de six pouces de diametre.

Mon cabinet.

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